Y a jamais d'agent

(lunedi)

 

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Merci à Kozlika pour avoir en quelque sorte synthétisé pas mal de pensées.

S'il n'y avait pas des vies en jeu, un tel dilettantisme ferait rire. Mais en l'occurrence, c'est glaçant. Un ministre en plein moment de crise extrême avec risque de mort des gens, se prélasse à Ibiza et prépare la rentrée scolaire dont il est responsable, de là-bas.


Courir et dormir

(domenica)

L'inconvénient des semaines de six jours de boulot c'est que je ne tiens plus debout au 7ème jour. Alors juste un peu de course à pied au Parc des Chanteraines, une séance longue courte, d'une heure seulement, sous le soleil mais dans le froid (moins de 2°c) et puis l'après-midi à dormir, ou plutôt somnoler en regardant les compétitions de cyclo-cross qui avaient lieu à Flamanville.

Le champion de tennis qui pensait pouvoir s'affranchir des règles sanitaires du pays où il allait jouer s'est donc fait expulser. Mais la France envisage de l'accueillir à bras ouverts pour une compétition au printemps, et l'annonce. Alors même que l'usage du Pass Vaccinal en lieu du Pass Sanitaire vient d'être voté pour l'ensemble de la population, c'est peu dire que ça fait mauvais effet.
Quant au joueur lui même, il semble dépassé par l'ampleur de la crise déchaînée.

Dédélajoie m'a fait rigoler

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La pandémie continue à battre son plein.
Les malades que je connais vont mieux, leur vaccin ou précédente infection les aura protégés.

Comme souvent La ligne du jour m'émeut. Cette fois ci au sujet des albums que l'on ne connaît que par morceaux.

Je note ici le mot centons, redécouvert grâce à Alice, afin de ne pas le r(é)oublier.

Grâce au TG de la Rai, je découvre un #MPP que je n'aurais jamais soupçonné : le prince Harry et sa petite famille sont obligés de solliciter un accord exceptionnel pour obtenir la sécurité de la famille royale durant un séjour qu'ils envisagent en Angleterre. En effet la société privée à laquelle ils font normalement appel n'est pas habilité à exercer au Royaume Uni. 
(ça me fait rire, ces soucis inouïs (pour le commun des mortels))

Parfois des infos ne sont pas marrantes, du moins pour les personnes concernées (1), mais on ne peut s'empêcher d'imaginer le film que ça ferait, et on ne parvient plus à s'en inquiéter.

Je n'ai plus le courage ni la force de regarder les chiffres de la pandémie, Omicron change la donne il faut dire, pouvant être très grave pour certains et vraiment un rhume avec une méchante toux pour la plupart des personnes vaccinées. C'est comme s'il existait deux maladies différentes, l'une grave et l'autre courante, à laquelle on ne prête plus la même attention (2), et puis d'abord on y passe tous (y compris mon kiné).

 

(1) Les diplomates américains atteints du "mal de La Havane"
(2) D'ailleurs je crois que les arrêts maladie ne sont plus que de 5 jours.


Grâce à Fanny

(mercoledi)

Grâce à Fanny Chiarello j'ai appris (ou réappris ?) un mot nouveau : 

apophénie 
Percevoir des structures ou des relations dans des données purement aléatoires ou sans signification. Le terme a été formé en 1958 par Klaus Conrad, qui l'a défini comme " voir des rapports non motivés " ainsi qu'une " perception anormale de significations ". (source : unicef)

Ma journée, pourtant engloutie par le travail, à écouter des gens tousser (1), n'aura donc pas été totalement perdue pour ma propre vie.

 

(1) Celles et ceux qui du fond de leur lit, covidé·e·s s'efforçaient malgré tout d'aider leurs collègues présents en librairie.


Des téléphones et des (plus ou moins) vivants

(martedi)

Journée harassante au travail, pourtant des malades reviennent. Seulement la charge de travail ne s'allège pas.

Avant que j'oublie, lien vers un article du Corriere della Sera en hommage à David Sassoli dont la mort fut annoncée aujourd'hui. 

Et un reportage de Quotidien qu'on pourrait croire un sketch, sauf que ces gens mettent en péril les autres.

 

Sinon ces étrangetés des téléphones, les morts s'y attardent un peu - le contact avec l'un des morts récents parmi mes proches ou anciens proches est toujours là avec une image venant de son côté (via gmail ?), où alors ses descendants maintiennent-ils l'abonnement ? Je n'ai pas le cœur de l'effacer -, les vivants ne répondent pas toujours et je vois en recevant des SMS de confirmation commande du Bon Coin que la personne dont le numéro m'a été trop rapidement réattribué (comme j'utilise mon numéro pour le boulot et que j'ai dû changer de téléfonino, j'ai pris pour l'ancien un numéro de secours) va sans doute bien (1) ... et a oublié de saisir son nouveau numéro sur son compte. 

 

(1) Comme bien des gens qui la connaissaient ne semblaient pas avertis de son changement de numéro, je commençais à me demander si je n'avais pas hérité d'un numéro libéré par le Covid_19. Ces questions qu'en 2021 / 2022 on se pose ...


Difficile de trouver le temps et l'énergie d'écrire ici

(domenica)

 

La pandémie entre suite du variant Delta et contagiosité forte du Omicron bat son plein et des collègues soudain filent et ne réapparaissent qu'une dizaine de jours plus tard. Nous nous efforçons de respecter les consignes de télétravail. Nous voilà donc éparpillés façons puzzle et ça n'est pas évident dans notre métier d'aider au téléphone des clients.

Je travaille et me cramponne à suivre un plan d'entraînement spécifique pour le trail, c'est ma façon de ne pas me laisser complètement engloutir. 

J'ai repris davantage de vélotaf, histoire d'éviter les transports si contaminants, même en FFP2 (je ne les ai jamais abandonnés)

Souvent je songe à cette partie des mémoires de Laura Ingalls Wilder dans lesquelles elle décrit un hiver de blizzards. Au début ils s'organisent, se répartissent les rôles, trouvent des astuces - le père tire des cordes pour aller à l'étable sans se perdre, ils tressent du foin pour faire du feu -, cuisinent. Puis comme la contrainte s'éternise et les vivres diminuent ainsi que les moyens de chauffage, ils perdent peu à peu leur énergie et se mettent à mener une existence extrêmement réduite, simple survie. Les devoirs ne sont plus faits ni les leçons apprises, la reprise d'une vie normale devient incertaine. J'ai l'impression que collectivement, nous en sommes là. Du moins les gens de bonne volonté qui tentent par leur civisme de ne pas empirer les choses. 

La gestion de la pandémie pour le milieu scolaire est une catastrophe. La volonté farouche du ministre de l'éducation nationale de ne pas prendre la décision de fermer quelques temps les établissements scolaires va conduire tout droit tel que c'est parti, à ce qu'ils soient ouverts ... mais vides. 

J'espère que ce blizzard de cas ne durera pas, ou pas tant que ça. 


La pandémie nous transforme en musiciens du Titanic

(mercoledi)

Ce fut un jour stupéfiant, cet article du Monde en donne une bonne illustration, plus de 200 000 nouveaux cas en vingt-quatre heures en France et pour autant du travail comme si de rien n'était et même pour moi un rendez-vous bancaire sur mon heure de déjeuner. 
Triple vaccinée et tellement amarinée à la grande fatigue, je ne suis pas tant que ça inquiète pour mon propre sort. Mais globalement pour nous toutes et tous. On se rapproche de Station Eleven, l'air de rien.

Je reçois à point nommé un carton d'une commande antérieure (oui, je vois assez bien venir les trucs, parfois) : masques FFP2, gants et lingettes désinfectantes. Le gars sympa de la société du rez-de-chaussé le prend en charge.

Certains membres de ma famille se rendent, sans que je sois parvenue à les en dissuader, à une fête de famille qui avait été dans un premier temps reportée ... pour cause de pandémie. 
Sauf qu'à présent, c'est pire.

Il fait terriblement doux (15°c en soirée), et le retour vélotaf fut un moment de bonheur dans la débacle.

Grâce à Alice un éléphant blagueur me met du baume au cœur. On pourra désormais dire : une faim de loup et un humour d'éléphant.

 


New phone day

(lunedi)

 

Ça ne m'arrive pas souvent : il faut qu'ils se cassent ou que je me les fasse voler pour que j'en change. Mon téléfonino, un solide Galaxy de juin 2017, saturait depuis des mois, plus une seule appli ne passait et c'était la croix et la bannière lorsque WhatsApp ordonnait une mise à jour. 

Or pour le télétravail ce sont nos téléphones personnels que nous utilisons pour joindre les clients.

J'avais tenté en vain de m'en faire offrir un neuf à mon anniversaire et à Noël (j'avais proposé que ça fasse cadeau groupé) alors ce lundi midi, alors que la voix de la sagesse financière me poussait à attendre le début de janvier, my inner voice arguant qu'en plus pour une fois au taf c'était calme, m'a ordonné d'y aller. 
J'ai donc filé sur le temps de ma pause déjeuner chez mon opérateur. Un peu débordé sur le temps imparti, avec ce gag que puisqu'ils étaient précisément en train de me transférer les données d'un appareil l'autre, pas moyen de passer le moindre appel ni d'envoyer un SMS.

Trois heures plus tard l'annonce était faite que le gouvernement ordonnait à nouveau que le pays se mette à télétravailler, sauf pour le côté scolaire qui devait rester à tout crin le gros foyer de contamination qu'il est (1).

What a narrow escape !

Bien équipée, je peux envisager avec sérénité toute décision d'organisation que prendra mon employeur pour s'adapter aux ordonnances gouvernementales.

Les cas et les cas contacts continuent de se multiplier alentours. Omicron a vraiment une force de diffusion que les variants précédents nous avaient épargnée.

 

 

(1) Je suis défavorablement impressionnée de la façon avec laquelle en France on fait peu de cas de la santé des enfants et adolescents au prétexte qu'iels ont assez peu de chances de faire des formes graves. Mais quand même quoi ! Le contraste avec l'Allemagne et l'Italie est saisissant.


Pensées

(domenica)

 

Il y a des nouvelles si tristes parfois qu'on refuse de les admettre. Ça a été le cas pour moi à l'annonce du décès de Delphine Bretesché, qui m'est parvenue dans la nuit de vendredi à samedi, car plusieurs de mes ami·e·s lui étaient proches. Mon cerveau a refusé d'enregistrer la nouvelle.
Luxe que je pouvais m'accorder car je n'étais pour elle qu'une lointaine vague connaissance - nous nous étions croisées quelques fois auprès de ces amies communes et en des rassemblements littéraires pour autant je l'admirais et son travail comptait -, je pouvais donc parfaitement faire semblant d'avoir mal compris, pas su. 

Elle faisait partie des personnes dont après l'avoir rencontrée j'ai pensé que nous aurions pu être amies si ma vie n'avait pas été remplie déjà à ras bord, par le boulot, tout ce que j'avais à faire et mon grand besoin d'heures de récupération.

Aujourd'hui mon cerveau n'a pu poursuivre son déni, Ouest France s'est chargé de l'officialisation incontournable.

Et dans son semainier, Anne Savelli a rendu à Delphine un hommage qui touche au cœur, "la vie même" ; il me semble que l'on ne pouvait qualifier mieux celle qui a disparu.

Pensées pour elles, ses proches et toutes celles et tous ceux qu'elle aimait et qui l'aimaient. Moi qui n'étais que loin, j'éprouve déjà un tel vide, qu'est-ce que ça doit être pour elleux.


PS : Au passage j'ai conçu un bon réconfort à voir ou revoir cette vidéo d'une intervention conjointe effectuée il y a quatre ans en compagnie d'Anne Savelli

 


Les bonnes décisions


    Chez monsieur Samovar, source importante de réflexions, je lis ce soir 
"Ce qui compte, ce n'est pas de prendre les bonnes décisions, c'est de réussir à les aimer, en fin de compte."

Il ajoute "On met du temps, mais on y arrive".

Plus j'avance en âge, plus j'ai le sentiment qu'à moins d'être né·e·s dans un milieu social artiste ou aisé, on prend au fil d'une vie très peu de décisions réelles. On fait au mieux des choix face à des situations qui s'imposent. Dès qu'on tente de décider, les réalités de notre conditions sociales nous rappellent à l'ordre.
On parvient parfois splendidement à limiter les dégâts, on peut avoir des coups de chances, et un légitime sentiment de réussite.

Mais combien d'entre nous ont pu prendre des décisions absolues : ça me tente alors je veux faire ça.
Très peu, je crois.

Je n'en ai pris que quatre en bientôt soixante ans, des choix vraiment libres, des décisions qui ne dépendaient que de moi. Les autres étaient des choix à des intersections, des réactions face à des situations. Et la plupart du temps je n'ai fait que saisir les options possibles de limiter les dégâts face à différents coups durs qui s'imposaient à ma famille et moi. Il me semble que c'est assez général des classes moyennes. Que je suis sans doute représentative de ça. 

Je ne me plains pas, je m'en sors plutôt pas mal, en bossant dur, en ayant bossé dur sans arrêt. J'ai aussi eu des cadeaux et des chances. Tout tenté. fait de mon mieux, et n'ai pas de regrets.

Seulement j'en ai assez qu'on tente de nous inculquer que nous devenons ce que nous décidons, que nous sommes responsables de notre position. Oui dans le sens où l'on peut facilement tout faire foirer en faisant n'importe quoi. Mais on peut se donner un mal fou et ne pas s'en sortir. Car tout est fait pour que l'on reste en soute, à souquer.



Vrac covidé (happy Christmas anyway)

(venerdi)

 

(voix et moments divers et variés)    - Non mais si c'est Omicron, c'est 17 jours, l'isolement. 

- Mais non, seulement si tu habites sous le même toit. 
- Hé mais j'étais en télétravail, je ne savais pas. 
- Ben là tu le sais, et même ça serait bien d'aller te faire tester.
- Non, mais il n'y a que xxxx qui est vrai cas contact.
- Il faudrait que l'on avertisse yyyyy.
- Mais comment le joindre, il est parti mercredi soir à l'autre bout du monde. 
- Il avait fait un test PCR.
- Bon, alors finalement, que fait-on ?
- J'ai fait un test hier. J'en refais un aujourd'hui ?
- Mais zzzzz, il est malade ? Pas seulement cas contact ?
- Oui, tu ne savais pas ? En fait ça s'est déclaré le jour où il allait faire sa troisième dose.


* lectures collectives des documents sur le site gouvernemental officiel. séance de gloses, on n'interprète pas tout tous de la même façon *
* appels téléphoniques avec celles et ceux en télétravail, la malade qui demande qui elle doit déclarer *
* une collègue reçoit des appels de personnes de sa famille, il y a d'un autre côté des gens touchés, elle-même est cas contact officiel, même si négative pour l'instant, j'assiste en direct à l'annulation d'un repas de Noël, ou tout du moins son report.*

Toutes les questions que l'on se pose.
Finalement tout le monde ira sur son temps de déjeuner, se faire tester. 
Une personne a un autotest, comme elle comptait aller voir ses parents ou grands-parents elle avait de toutes façons prévu (au moins) une vérification.
Ça ressemble à un test de grossesse. Nous tentons d'en rire.
À la pharmacie, ce sont les mêmes tests, en fait.
Galère avec le téléfonino qui ne peut aller plus loin que la page qui s'ouvre du QR code de la pharmacie scanné. Plus tard j'arrive sur une partie de site à laquelle je n'aurais pas dû avoir accès. Je ressors puis attends un nouveau mot de passe. Mais d'autres n'auront sans doute pas mon attitude respectueuse. Tout le monde veut tripoter mon téléfonino, alors que je sais parfaitement le faire fonctionner. Et ne souhaite pas qu'il soit covidé.

Ouf, négative.
Merci à Covidliste qui m'a probablement permis d'effectuer ma troisième dose right on time.

Le Fiston et son Amoureuse de leur côté s'étaient fait tester par précaution pour tous leurs parents. J'éprouve une bouffée de reconnaissance.

Il fait doux et pluvieux. Je reviens à Vélib par moment électrique par moment pas trop, via le Bois de Boulogne, sans trace de prostitution, ce qui surprend (mais tant mieux).


Moment doux, un client dont la voix ressemble à celle qu'avait FDK, ainsi que l'accent. Me parle délicatement de la brume de mer à Saint Germain sur Ay à laquelle un jour lors de festivités du débarquement il avait assisté. Quelques minutes de trêve au sein du chaos. Je lui en sais gré.

Plus personne ne sait ce qu'il convient de faire : trop de cas contacts et de longueurs d'isolement, et tout coince, pas assez et trop de personnes risquent ensuite d'être contaminées et tout coincera encore davantage.

By the way, c'est Noël. Pour un peu, j'oubliais.