Si triste si prévisible (un accident mortel porte de Clichy)

 

    Depuis environ cinq ans, la porte de Clichy est en travaux (Tribunal de Paris, prolongement ligne 14, réaménagement passage sous périph). Ça change tout le temps, les passages et les feux, pour les véhicules avec et sans moteurs jusqu'aux piétons. À vélo, ou j'imagine sur une trottinette, c'est le pire des cas : à certaines périodes on ne sait où passer, on ne sait où l'on est censé·e·s passer. Plus d'une fois à vélo ou vélib, il m'est arrivé de descendre et marcher vélo à la main parce que je ne voyais pas comment faire sans me mettre en danger.

Ce matin alors que je sortais de chez moi, un peu tendue par une nouvelle crevaison constatée et le fait d'être sans marge pour arriver au travail en plus que d'avoir du coup le vélo qui normalement sert à l'homme de la maison (et n'est pas exactement à ma taille, même si c'est jouable, et a un tracas de roulements usés roue arrière), je me suis aussitôt rendue compte que quelque chose n'était pas comme à l'ordinaire. 

J'avais entendu de ma cuisine, encore plus de coups de klaxon que les autres jours [comme la porte est perpétuellement saturée et qu'en ce moment : davantage de circulation avec les grèves + travaux vraiment lourds sous le périph., c'est chaque jours un blocage presque complet aux heures de transhumances domiciles / travails et retours]. 

Et là, jusque dans ma rue, c'était une longue file de véhicules quand même globalement plus silencieux que d'ordinaire les longues files de véhicules ; et au bout de l'avenue des policiers qui prenaient le temps de parler aux conducteurs. Lesquels alors tentaient de reculer calmement.

Je me suis alors dit qu'il devait se passer quelque chose de particulier au tribunal, entre procès particulier, manifestation y afférente ou alerte de sécurité (1).

Puis j'ai eu ma journée de travail, sans réelle pause déjeuner car l'heure fut consacrée à mes ennuis mécaniques, et deux trajets plus fatigants car avec le vélo second et une vague appréhension que les pneus se dégonflent l'un ou l'autre à chaque instant. Tomber deux fois à plat en moins d'une semaine et retrouver un pneu à plat un des matins suivants, ça finit par rendre nerveuse. J'avais donc totalement oublié l'étrange situation de circulation du matin, à l'heure tardive où après m'être débrouillée pour avoir de quoi dîner, puis être redescendue tenter de voir ce que je pouvais faire pour le pneu dégonflé, j'ai ouvert mon ordi et ma TL Twitter. 

C'est alors que j'y ai lu cet article du Parisien, et compris. L'endroit si dangereux où ont lieu les travaux a été lieu d'un accident mortel, un cycliste écrasé par un poids lourds dont le conducteur n'avait sans doute rien vu à cause de l'angle mort cabine combiné avec le fait qu'il devait être concentré à éviter les plots pour travaux. On peut imaginer que le cycliste ignorait qu'il n'était pas visible et a cru qu'il avait le temps de passer. 

Cette nouvelle m'a rendu triste ; triste pour eux tous et leurs proches. Sans doute parce qu'elle était si prévisible. Sans doute parce qu'en tant que cycliste je sais qu'on n'est jamais à l'abri. Sans doute aussi parce que c'était un cran plus rude d'avoir assisté directement aux conséquences des heures d'après, sans avoir su et de piger seulement après coup. Ça ne change rien à l'accident lui-même ; au sort malheureux de ses protagonistes. C'est simplement qu'il prend ainsi davantage de poids de réalité. Ou que je peux encore moins m'empêcher d'imaginer ce qui s'est produit.

Pensées pour les personnes directement concernées. Peut-être que des mesures auraient dû être prises en amont d'interdire la circulation pendant cette phase particulièrement envahissante des travaux. 

 

(1) C'est déjà arrivé.


L'émancipation confisquée

 

    Très beau texte ce soir sur un des blogs de Médiapart. Il est signé d'Élise Thiébaut, et témoigne, ô combien, de l'ambiance d'une époque. C'est difficile à faire comprendre, cette libération en fait confisquée.

Je ne vivais pas dans le même milieu social. Les hommes se contentaient vers là où j'habitais, de trop boire et frapper, de commettre de minables infidélités avec de jeunes collègues leur faisant miroiter de l'avancement ou au contraire des ennuis si elles se montraient trop farouches. Les séparations étaient encore rares. Les vies comme leurs excès étaient délimitées par le travail qui alors ne manquait pas.
Nous devions pour autant très jeunes nous méfier d'éventuels débordements, et par ailleurs supporter jusqu'à trouver normal - les pauvres ils ont besoin de ça - les posters de pin-up dénudées et autres calendriers de femmes aux poses vulgaires, supporter leurs plaisanteries salaces et leurs rires gras, supporter de voir nos bons copains y céder à leur tour en abordant l'adolescence, eux que l'on croyait plus sensibles, moins grossiers, plus évolués que leurs grands-frères et leur père. Les adultes fumaient et à table buvaient du vin et les hommes adultes parlaient de cul, ça les délassait. J'ai tellement grandi dans un monde où l'on n'y pouvait rien changer qu'au fond j'en ai conçu très jeune un sentiment de supériorité : les hommes étaient dans l'ensemble plus costauds et plus rapides à la course à pied, mais globalement très gouvernés par leur corps et leurs pulsions bagarreuses. Comme j'ai eu la chance d'en rencontrer quelques-uns dont de vrais amis qui avaient un bon fond et faisaient un effort pour rester classe quoi qu'ils aient pu éprouver comme pulsions, je ne suis pas devenue misandre, mais j'ai été équipée très tôt d'une sorte de tendresse condescendante. Ce n'est qu'avec les récents développements, et #MeToo et la découverte que c'était si général les situations d'abus, et non le fait de rares types qui maîtrisaient encore moins que les autres leurs envies, que j'en ai pris conscience.
Et conscience aussi que ça n'était pas normal, cet univers sans arrêt sexualisé qu'ils nous imposaient. 

Je crois aussi que nous étions surtout concentrée sur notre émancipation, avoir enfin le droit de faire ce que nous voulions (sorties, travail, voyages ...) pour en plus tenter de les changer. L'idée (informulée, du moins chez les très jeunes dont j'étais) était : faites ce que vous voulez avec vos calendriers, vos vieux fantasmes de mal configurés, mais laissez-nous faire ce qu'on veut. Et c'était si peu évident, un peu de liberté, si nouveau, qu'au fond on se sentait déjà chanceuses. L'accès à la contraception était si récent, on ressentait comme un miracle d'avoir enfin le choix. Et il y eut quelques années, entre cette libération et le début des ravages du SIDA, où tout semblait léger, rien ne pouvait avoir de conséquences graves. Ceux qui avaient des tendances prédatrices se sont glissés dans cette insouciance, doublée de la méconnaissance des conséquences pour les jeunes victimes, alors fort peu perçues comme telles. 

Je suis contente que les choses évoluent. Et me rends compte que bien des choses que nous acceptions n'étaient pas respectueuses ni normales, et que beaucoup aimeraient pourtant qu'elles perdurent.  

 


Aaron Swartz (ce que l'on doit à)

 

    Un fil info de France Culture m'a rappelé que je n'oublie pas (mais ça va mieux en le partageant) : 

Aaron Swartz un héros contemporain

Ce que l'on doit à Aaron Swartz 

Quand notre civilisation s'effondrera, il sera temps de se souvenir que l'on aura poussé au suicide ou à la prison ou traité mal d'autres façons, celles et ceux qui nous montraient un chemin possible pour éviter ça.


Abba et la vie qui file et qui va

 

    Tel Adrian Mole dans son Secret diary, j'écoute Abba dans les moments où j'ai besoin de me remonter le moral (ou simplement envie de danser). Abba c'est un peu mon Harry Potter à moi. Chaque génération a la chance de grandir pile au moment d'un phénomène massif de succès qui aide ensuite à s'appuyer pour avancer (1). Youtube et ses algo le savent qui aujourd'hui, ça tombait bien, c'était mon jour de congé, m'a proposé ce documentaire sur Arte (2). Je n'y ai rien appris, si ce n'est qu'au fil des ans j'admire de plus en plus le travail des compositeurs et techniciens, tout en étant de plus en plus consciente de la part de calcul et cynisme (non totalement dissocié d'une certaine sincérité) et j'admire de plus en plus les deux femmes dont je pense désormais, car je suis moins naïve que par le passé, qu'elles ont dû, certes s'enrichir et vivre des moments inoubliables, mais aussi pas mal endurer.

Ça fait néanmoins toujours plaisir de revisiter les étapes d'un succès et de réentendre les morceaux et je ne me lasse pas de voir les musiciens et les arrangeurs au travail (3).

Ce qui m'a frappé, cette fois, et c'est quelque chose qui me travaille beaucoup ces temps dernier, c'est l'éloignement qui me semble soudain alors qu'il ne l'est pas, du passé. Dans ce documentaire apparaissent :

- des images d'archives des temps du groupe actif, années 70 et début des années 80 ; OK c'était "il y a longtemps" et ça fait un moment que c'était "il y a longtemps" ça me paraît normal ; 
- des interviews, images et témoignages de documentaires réalisés dans les années 90 et le début des années 2000 et qui déjà revenaient en arrière sur le passé du groupe ; et qui déjà sont de l'ordre du "il y a longtemps" ;
- des interviews et images plus récentes, des années 2014 à 2016 (l'air de rien, il y a déjà quatre ans) et qui du coup balancent les précédentes dans un passé lui-même lointain.


Dans ma tête quelque chose peine à se mettre à jour, j'en suis restée à l'époque 2, je ne parviens qu'au prix d'un effort intellectuel à mesurer que les années 90 étaient elles-mêmes "il y a longtemps" et que des analyses faites sur les analyses faites alors, elles-mêmes datent déjà un peu. Mon cerveau semble se refuser de concevoir que ce que je me remémorais comme "du temps de ma jeunesse" alors que j'avais 40 ans, s'est à nouveau pris 20 ans d'âge. Il n'y entre pas plus que ça de nostalgie, ni de chagrin : ma vie est beaucoup plus intéressante depuis une quinzaine d'années, quelque rude que ce soit, mais une stupéfaction. Celle-ci me rappelle mes brèves années de footballeuse : j'étais toujours surprise quand l'arbitre sifflait la fin du match ou la mi-temps, j'avais toujours envie de dire même si je l'avais jouée intégralement Hé mais attendez, on vient tout juste de commencer ! Tellement j'avais été concentrée sur ce que je faisais et solidement inconsciente du temps qui filait. 

Peut-être est-ce un des éléments que j'aime lorsque je fais de la radio : l'heure d'émission est consistante, elle va vite, souvent trop, mais chaque minute, chaque seconde se veille et possède son poids. 

 

(1) Ça peut être pour le dénigrer et protester de n'en faire pas partie ; il n'empêche que ça fait office de point d'ancrage, de référence. J'avais onze ans à l'apparition d'Abba sur la scène internationale et j'en reste marquée.

(2) Abba forever (au doublage insupportable) 

(3) De même que les monteurs au cinéma. Et j'ai adoré le jour où à la radio pour une émission j'ai tenu la régie. Il y a un côté sculpteur qui me plaît dans ces activités-là. 


Un trajet dans Paris (par temps de grève des transports)

 

    Dans mon emploi actuel et comme souvent en librairie, les lundi sont mes dimanche, le samedi étant travaillé. Seulement comme il s'agit d'un lundi, inévitablement on en profite pour faire différentes choses nécessaires.

Je devais donc me rendre de Clichy vers Denfert. En milieu de matinée.

Quelque chose (des infos vaguement captées via le radio-réveil ? une réflexion du fiston qui consultait l'appli SNCF ? le fait que la CFDT comme prévu ait fait semblant de croire qu'elle avait remporté un point important avec l'abandon du concept d'"âge pivot" alors qu'il n'y a eu qu'un twiste de vocabulaire assorti d'un "provisoirement" ?) m'avait fait croire que la grève du moins dans les transports, s'était adoucie et qu'en prenant un peu de temps, ça pouvait passer. 

Il y avait aussi que je tenais à terminer une lecture en vue de l'émission "Côté papier" de ce mercredi. 

Et que mon parcours comportait un morceau de ligne 14 dont l'absence de conducteurs ne fait pas grève.

Au bout du compte : 

 

  • Je suis parvenue sans encombre par le train de Clichy Levallois à Satin Lazare. Il y en avait certes moins, l'attente était de 10 à 15 minutes, mais rien d'insurmontable lorsqu'on a prévu de partir un peu plus tôt parce qu'on se doute qu'on mettra un peu plus longtemps. Du monde, mais pas d'entassement insupportable. J'ai pu ouvrir mon livre.
  • La ligne 14 fonctionnait parfaitement mais surprise (et c'est là que j'ai su que j'arriverai en retard), son accès principal, via la bulle sur le parvis de la gare était fermé. Des personnes avaient été dûment dépêchées sur les lieux, un peu comme les gardiens de portes (1) de la ligne 13 pour indiquer de passer ailleurs. J'ai donc fait une belle boucle en entrant par l'accès vers la rue du Havre, puis en empruntant les souterrains presque déserts (c'était l'heure de fermeture des lignes qui avaient été ouvertes pour faire face aux heures de pointes). Une fois dans la rame c'était tranquille comme aux débuts de la ligne 14 quand peu de gens encore l'empruntaient.
  • À Châtelet, changement étrange : si peu de monde dans un lieu ordinairement si fréquenté. On avait un peu l'impression d'être les survivants d'une grave épidémie. La surprise pour moi qui n'avais pas fréquenté les transports dans Paris depuis un mois et demi fut les couloirs de canalisations des flux de passagers qui avaient été créés. Au moment où je suis passée ils étaient un peu superflus. Ils laissaient cependant imaginer l'enfer possible d'autres heures plus chargées.
  • Lignes de métro qui se fermaient. En revanche, les RER B existaient. Pas tous. Un monde fou sur le quai. J'ai eu la chance que l'un passe rapidement, malgré son retard pour cause de "malaises voyageurs" annoncé. J'ai aussi le savoir faire pour pouvoir entrer dans un wagon bondé sans écraser personne davantage qu'il ne l'est déjà, vingt ans de ligne 13 à ces pires années, ça laisse des compétences.
  • À Denfert une sortie lente, ça bouchonnait de piétons qui sortaient. J'ai mis trois à quatre minutes de plus qu'à l'ordinaire pour simplement sortir de la gare. 

Bilan du trajet aller : 15 minutes de retard sur l'heure prévue d'arrivée. 1h20 à 1h25 de trajet au lieu des 1h05 à 1h10 que j'aurais pu mettre avec les mêmes lignes un jour normal sans incidents techniques. 

 

Pour le retour j'ai commencé en mode marche à pied, après avoir brièvement caressé l'espoir de rentrer à vélib mais constaté que ceux que je voyais ici ou là étaient disponibles seulement de par leur mauvais état. J'avais par ailleurs besoin de réfléchir à quelques possibilités de mon avenir de non-retraitée et pour la réflexion rien ne vaut la marche à pied. Je supputais qu'à Montparnasse je trouverais des possibilités pour remonter vers le nord de Paris.

  • La ligne 13 comme bien d'autres était fermée, accès clos par de la rubalise. Il en était de même pour tous les accès à l'intérieur de Montparnasse, et pour toutes les lignes. 
  • Des bus passaient, j'en avais vu au départ de Satin Lazare plus tôt le matin, et depuis que je marchais à partir de Denfert. Leur inconvénient était d'être bondés. J'ai donc cherché une ligne qui partait de Montparnasse afin d'être assurée de pouvoir monter. Facile, la 28, avec un bus sur le point de partir. C'était du trajet debout mais supportablement tassés. Pas la peine d'espérer lire. À hauteur de Champs Élysées et comme j'étais allée tout au fond puisque je comptais descendre au terminus, j'ai pu avoir une place assise. Trajet lent mais qui m'aura permis de rallier la gare sans (trop de) fatigue (2).
  • Les trains SNCF n'avaient pas leur fréquence habituelle mais ça ressemblait à un jour normal avec quelques tracas techniques comme c'est souvent le cas. Et puis j'ai pu m'asseoir et lire en attendant son démarrage, ça n'était pas pur temps perdu.
  • Pas de vélibs pour le petit trajet de la gare jusqu'à chez moi : ils semblaient pour ceux qui restaient, là encore dans un sale état.

Il devait être aux environs de 13h lorsque je suis rentrée chez moi. Contre probablement 12h20 ou 12h30 si ça n'avait pas été jour de grève.

J'écris ce billet non pour protester, car je suis des personnes qui ne voient que trop bien quel hold-up est en cours sur ce qui restait de solidarité intergénérationnelle nationale et qu'en l'occurrence même en l'état actuel des choses, j'ai un réel problème d'avenir professionnel et financier qui se pose : je suis à quatre ans de ce qui était l'âge de départ en retraite lorsque j'ai entamé ma vie professionnelle, seulement compte tenu de mes études et de deux périodes qui semblent n'avoir pas comptées (un congé maternité longue durée à l'époque couvert par la convention collective des banques, remise en cause peu après, et qui entre-temps est devenu considéré comme une période non-travaillée ; par ailleurs mes débuts en librairie à temps partiel si faiblement rémunérés que j'en ai des trimestres "blancs" (3)), il faudrait que je parvienne à travailler jusqu'à 65 ans pour prétendre à une retraite à taux plein, laquelle serait de toutes façons assez maigre même calculée sur les 25 meilleures années de mes revenus. Elle me permettrait simplement de continuer à vivre chez moi. Si j'évoque mon cas c'est que pas mal de femmes qui ont pris qui un congé parental qui un temps partiel pour s'occuper de leurs enfants petits se retrouvent sans doute dans le même cas. Et pas mal de libraires, heureux et heureuses de pratiquer un métier qui a du sens et qu'ils apprécient vont tôt ou tard avoir ce genre de soucis : une retraite sur à peine plus que le SMIC c'est à peine plus que que pouic. Bref, j'écris ce billet non pour protester mais pour simplement témoigner d'un jour J sur le terrain à ce moment donné d'une période troublée. Si faire grève avait un sens dans mon cas, si par exemple je travaillais encore pour une grande entreprise tout en étant en CDI, je ferais grève contre cette réforme des retraites (4).
Je l'écris comme souvent ici pour documenter la vie quotidienne à Paris et en Île de France au début du XXIème siècle comptage chrétien, les premières décennies des années 200 du calendrier républicain, vu d'une personne lambda qui tente de vivre sa petite vie et boucler ses fins de mois.

Je l'écris aussi par compassion pour les personnes qui ont des ennuis dans leurs boulots respectifs en arrivant en retard alors qu'elles n'y sont pour rien. Ou qui s'épuisent dans de trop longs trajets parce qu'elles habitent loin pour cause de loyers locaux astronomiques et que leurs vies vont bien tant que tout va bien mais qui sont à la merci des moindres complications. Beaucoup ne se rendent sans doute pas compte qu'elles pourraient s'en sortir en s'habituant au vélo. Que jusqu'à des trajets de 15 km sans difficulté technique particulière (la côte de Meudon par exemple, ou dans le Val d'Oise celles de Saint-Prix, ou la montée de Montmorency), c'est très faisable et qu'on en sort plus en forme, une fois habitués. Je n'ose pas trop insister car pour l'instant encore, compte tenu des infrastructures en progrès mais incomplètes, et de la violence de certains comportements motorisés, l'usage du vélo augmente pour le cycliste le danger du trajet. Quoi qu'il en soit, franciliennes et franciliens qui en bavez actuellement, tenez bon, c'est de votre futur ou de celui de vos enfants qu'il s'agit. 

 

 

(1) J'ignore le nom officiel de leur emploi. Aux heures d'affluence ils sont depuis quelques années à chaque porte palière à dire "Laissez descendre avant de monter" 

(2) J'avais quand même un trail d'entraînement de 17 km dans les gambettes. 

(3) Alors que mes bulletins de salaires mentionnaient des cotisations. Mais c'était sous un certain seuil donc ça comptait pour du beurre. Charmant.

(4) @monsieurkaplan a parfaitement écrit ce que moi aussi je constate et ressens. Au passage je découvre son blog qui s'annonce intéressant. 

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Une belle reco, très agréable

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Le fait d'appartenir à un club de triathlon dynamique aura bien contribué à me faire découvrir le trail, que je préfère de loin à la course à pied en ville. 

Je suis vraiment très lente à cette discipline, généralement dans les tout derniers à arriver. 

Mais je suis heureuse pendant que je le fais. J'ai même une photo, prise au trail de La Chouffe l'été dernier, qui en atteste. 66664965_10216557428901263_1071607981168132096_o

 

J'aime courir en forêt tant qu'il en reste et que j'ai la santé qui le permet.

Ce matin c'était donc la reco du trail de 26 km prévu en février à partir de Bouffémont. C'est l'un de mes trails préférés : bien organisé, avec des passages techniques mais d'autres où l'on peut courir en admirant le paysage (1).

Comme je suis encore en pleine période de travail et que mon métier est physique, et que j'avais la veille terminé tard + trajet de vélotaf, et que même en grande forme je suis extra-lente, je ne comptais pas faire les 26 km. 

Je m'étais fixée de tenter de suivre le groupe "reconnaissance en 4h" jusqu'à si possible le lieu du ravito de la course, puis continuer jusqu'à une douzaine de kilomètres en tentant de courir puis selon où je serais couper ensuite assez directement vers Bouffémont.

Je connais la côte du cimetière, première difficulté dès les premiers kilomètres et remarquablement casse-pattes et emballeuse des cœurs. Alors je suis partie à l'avance ce qui m'a permis d'intercaler une brève pause pipi en attendant le groupe, le froid ayant toujours sur moi une sorte d'effet diurétique. 

Au demeurant il ne faisait pas si froid, sans doute 5 à 7°c et une belle grisaille mais sans pluie, juste un moment de petit crachin. Ma tenue, mais je l'avais déjà testée dans des conditions similaires, s'est révélée parfaite : collant 2XU long, petit short Levallois Triathlon pour le chic, haut 2XU long porté avec un soutien-gorge - le jour de la course je m'en passerai sans doute, seulement je me méfiais d'avoir à me changer au cul du coffre de la voiture avant de repartir -, par dessus, une veste thermique légère du club, conçue pour le vélo mais que je trouve parfaite pour la C.A.P. l'hiver, en plus que les poches arrières c'est top pour mettre des mouchoirs et des gels ou du petit ravito.

Note pour les "vrais" coureur, celles et ceux qui font des temps et maintiennent bonne allure : ce type de veste pour vous est trop chaud. C'est bien pour les coureurs lents qui restent de fait longtemps au froid et n'ont pas un rythme qui les réchauffe tant.

Pour compléter l'équipement deux tours de cou, un bonnet technique (même matériau un peu que la veste thermique légère) et des mitaines de VTT, utiles en cas de chutes et pour les éventuels passages cordés. 

Pour le ravito : quelques barres et gels. Comme souvent je n'en ai mangée qu'une et absorbé qu'un. Et de l'eau citronnée (mais 250 ml me suffisent, du moins l'hiver).

La forêt me paraît toujours aussi dévastée sous couvert de lutte contre des maladies des arbres et de reboisement. Le parcours cependant couvre certaines belles parcelles. Finalement je suis parvenue à suivre le groupe et sans souffrance jusqu'après Montlignon et le lieu du ravito. Puis après la zone urbaine on repiquait vers la forêt après une montée. J'ai vu JF me faire signe de loin, On remonte vers la gauche et le temps d'arriver à ce croisement, plus personne en vue à part quelqu'un qui promenait son chien. Je l'ai déjà constaté mais c'est stupéfiant à chaque fois : à quelle vitesse on peut perdre de vue un groupe dans lequel on était et qui nous semblait aller si peu plus vite que notre propre allure. On peut se retrouver entièrement seul·e·s d'un seul coup. Ça me rappelle la rapidité sidérante à laquelle des toddlers peuvent échapper à la vigilance de leurs parents. 

On était presque à 11 km. Alors j'ai couru sauf les montées jusqu'à la hauteur de la vierge noire, croisant au passage les gars d'un des groupes plus rapide qui sympa, m'a indiquée que j'étais tout près, mais je le savais et ne souhaitais pas nécessairement faire la montée : il était temps pour moi de repiquer vers le Château de la Chasse puis Bouffémont. J'ai envoyé un SMS pour prévenir que je coupais directement et puis ai continué à présent en mode récupération (active : quand ça pouvait je courais, mais en vitesse marathon lent, easy run).

Vers le Château de la Chasse j'ai entrevu le groupe que j'avais quitté, seulement je ne souhaitais pas faire un plus grand crochet. Ça m'a permis de supposer que j'avais un peu de temps et de tenter après avoir rejoint la route des crêtes un peu de sortie des sentiers battus (au sens littéral). Ce petit moment de pure liberté m'a fait un bien fou. 

Et je suis arrivée pile un tout petit peu avant le groupe. Nous avons même eu le temps de nous changer puis retrouver les camarades de mon club qui avaient fait avec un groupe rapide la reco intégrale. J'aurais mis 3h23 pour faire 17 km avec trois temps d'arrêt (ravito et pauses pipi) et vers la fin des passages montés intégralement marchés.

C'était la première fois que je parvenais à suivre un groupe aussi longtemps et où nous rentrions avec d'autres personnes (et non pas alors que tout le monde était déjà reparti). 

Après-midi consacrée à récupérer de la nuit trop courte (2) et de l'effort fourni. C'est ce qui change le plus en vieillissant : si on a la chance de la bonne santé on peut toujours faire les choses et à niveau de plus jeunes (ça vaut pour presque n'importe quel travail ou activité) seulement il nous faut davantage de temps pour récupérer. 

 

(1) Oui, je ne suis pas une grande compétitrice, de celles et ceux qui sont seulement concentré·e·s sur leur performance. 
(2) Comme je vélotafe et qu'à la librairie j'avais accompagné la fermeture, j'étais rentrée la veille au soir vers 21h30. 

 


Je suis certes navrée

 

    J'ai donc appris ces jours derniers, au cours de plusieurs conversations dans différents endroits que l'emploi de termes français aux yeux de personnes de mon âge simplement précis, tels que dire Certes pour évidemment, parlé d'être navrés pour être désolés, avec quelques nuances, est perçu par les plus jeunes (moins de 30 ans ? de 25 ans ?) comme une marque d'ironie et donc possiblement vexant par l'interlocuteur qui peut croire que l'on se moque de lui.

Ça m'a rappelé une conversation des années 80 concernant le terme "brave". Si je qualifiais quelqu'un de brave, c'était pour admirer son courage ; quand des collègues du sud du pays, traitaient de "brave" un benêt. 

En attendant, ça fait peut-être cinq à dix ans que je me mets à dos des gens par le simple fait de parler un français nuancé.

Ça m'a d'ailleurs rappelé un malentendu avec un jeune auteur dont j'avais cité les paroles lors d'une présentation, trouvant une formule percutante, et qu'il avait pris pour une moquerie. Je comprends désormais mieux le quiproquo.

Avis aux conversants de différentes générations : méfiez-vous que le sens des mots et leur connotation n'est pas le même selon les âges (et les régions). 


Un pschitt comac et une journée où des manifs ont eu lieu

 

    Malgré que je circule en VTT (parce que c'est le vélo que j'ai en dehors de celui du triathlon), je me suis mangée un pschitt comac heureusement presque en arrivant au travail. Un vrai de vrai pschitt avec le pneu à plat d'un seul coup et qui fait freiner. Une crevaison de dessin animé. 

Le réparateur (de chez Culture Vélo où ils me l'ont pris immédiatement pendant ma pause déjeuner) m'a fait voir le morceau de verre effilé qui avait créé le problème. Le coup de l'opération aura été de 16 €, autant dire que j'ai bossé 2h rien que pour payer la réparation de la crevaison issue de mon trajet pour aller travailler. 

(je ne dis pas ça pour dire que le tarif était trop cher, le travail a été fait vite et bien et en plus mon problème de roue qui semblait voilée a été résolu dans la foulée ; je disais ça pour témoigner que le coût du boulot est parfois élevé par rapport à ce qu'on peut y gagner)

 

Sur le chemin entre le travail et une soirée où je me rendais, j'ai croisé une foule de véhicules de police et CRS, certains garés (lorsqu'on se rapprochait des quartiers centraux), d'autres qui quittaient Paris en passant par Passy. Concentrée sur mon travail en librairie, j'avais complètement oublié les mouvements de protestation actuels pour défendre (tenter de) notre système actuel de retraites (par répartition plutôt que par capitalisation). Ça m'a fait bizarre de me trouver confrontée sortie de travail à cette atmosphère de guerre civile menaçant.

La veille, vers la même heure, j'avais croisé un bus noir d'apparence luxueuse, dûment escorté et qui semblait filer vers Versailles. Je m'étais in petto tout en rigolant dit que c'était peut-être un remake de la fuite à Varennes. Mais j'avais beau en rire, ce bus et cette escorte (avec gyrophares, sirène et haut parleur pour dire en substance Dégagez plus vite que ça !) c'était flippant.

La belle soirée (amicale et littéraire) m'aura fait de nouveau oublier tout ça avant que ça ne me revienne en lisant quelques fils Twitter.  

 

 


Cauchemar cycliste (avec heureusement de bonnes pistes par endroit, pour souffler)

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Ce soir je me rendais de la librairie où je travaille en ce mois de janvier (Les mots et les choses) à Boulogne Billancourt, jusqu'à l'orée de la place Constantin Pecqueur à Montmartre.

J'avais choisi de profiter des bidirs peu fréquentées qui longent le Bois de Boulogne et malgré deux gros nœuds de circulation pour les atteindre (1), c'était assez agréable.

Ça se gâtait après vers l'avenue Foch puis celle qui mène aux Ternes : des voitures dans tous les sens et certains qui se mettaient en double voire triple file avec d'aucuns qui se mettent en warning puis redémarrent sans les enlever et d'autres qui n'indiquent même pas qu'ils sont pour un moment à l'arrêt. Compte tenu du trafic, chaque dépassement était une mise en danger. Et heureusement j'ai eu affaire à des gens plutôt civilisés qui voyant une cycliste au milieu de cette pagaille, s'efforçait de lui laisser de quoi se faufiler. Y compris des scooters, eux-mêmes pas franchement à la fête. 

Ensuite splendide piste le long du parc Monceau, de quoi reprendre des forces ; puis la piste centrale vers Rome, hélas mal indiquée aux carrefours. Et puis la folie, certes peu surprenante, mais finalement à ce demander pourquoi ceux qui aiment faire des sports extrêmes vont dans des spots lointains, de la place Clichy. On se retrouve au milieu de flux croisés à se demander Mais où étais-je censée passer ?
Et la galère n'est pas terminée, il convient ensuite de survivre au franchissement du cimetière de Montmartre par la rue Caulaincourt : barrières métalliques d'un côté et les voitures qui serrent de l'autre parce que ce n'est pas si large, qu'il y a un monde fou en face et qu'elles n'ont pas vraiment le choix. Et en plus en montée lorsque l'on vient de la place Clichy.

Je crois que la circulation était particulièrement foutraque ce soir, grèves, pluie plus tôt, peut-être conséquences indirectes et ultérieures de manifs dont je n'ai découvert l'existence via Twitter qu'en rentrant. Il n'empêche, je déconseille cet itinéraire aux cyclistes urbains débutants. Et, à part des mal garés, j'ai eu la chance de ne croiser aucun comportement de bagnolard : les conductrices et conducteurs faisaient ce qu'ils pouvaient et faisaient plutôt gaffe. Rien à leur reprocher, si ce n'est leur trop grand nombre.

Paris est en plein mutation cyclable. On a de belles pistes dans certains endroits désormais, un réel effort a été fait. Le hic c'est qu'il manque cruellement la continuité aux points névralgiques, certains carrefours semblent sans solutions alors que précisément ce sont dans de tels endroits qu'on aurait le plus besoin d'un parcours spécifique (mais pas trop absurde si possible) et protégé.

À part ça j'ai passé une super soirée. Mais c'est une autre histoire.

 

(1) Je ne sais par exemple toujours pas passer la Porte de Saint Cloud autrement qu'en passant en mode Super-piéton, le vélo à la main.

PS : Il faudrait vraiment que je m'équipe pour filmer mes trajets et apprenne à le faire.

PS' : La vitesse indiquée inclu les arrêts à de longs feux et des moments piétons pour des carrefours inextricables ou trop dangereux. 


Une année (presque) oubliée

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Ma nièce me fait fort gentiment parvenir une photo de la famille qu'elle avait. Nous l'avions vue grâce au fiston quelques jours auparavant et nous étions interrogés sur l'année de la prise de vue. Elle m'indique ce soir qu'il s'agit de 2008.

PS : la photo initiale est d'excellente qualité, je l'ai volontairement floutée car les uns et les autres n'ont pas forcément envie de voir leur portrait traîner.

Ah oui, 2008 ... Euh 2008. Tiens, qu'est-ce qu'on faisait en cette année ? 

J'ai immédiatement et sans recherche en mémoire les éléments concernant nos santés respectives et nos études ou emplois, que c'était pour moi trois ans après le Comité de soutien à Florence Aubenas et Hussein Hanoun, et quatre après la mort de mon père. Deux ans après une rupture subie d'une amitié que je croyais de toute solidité, le chagrin quoique moins fuligineux demeurait. Je n'en étais pas tout à fait sortie ni, au moment de l'image, n'avais encore fait une des rencontres majeures de ma vie (ou plutôt : seulement par écrit). Je me souviens aussi spontanément qu'à l'été 2008 j'ouvrais mon compte Twitter, alors lieu de gazouillis entre amis - et qu'on s'en servait surtout pour échanger et se marrer, ce qui a fort changé -. Je travaillais encore "à l'Usine" mais heureusement à mi-temps, car j'y étais comme une âme en peine, et tentais d'écrire avec acharnement sur mon restant de temps. Quelques souvenirs aussi de l'environnement politique.

Et puis c'est tout.

Le trou de mémoire. Une année de presque rien. 

C'est là qu'on peut savourer d'être blogueuse depuis un bail. Il m'a suffit de regarder mes archives pour retrouver traces et que me reviennent à l'esprit : 

  • que j'avais gagné 800 € au loto soit le montant d'une prime que notre hiérarchique de l'époque avait jugé bon de nous supprimer ; comme s'il y avait une sorte de rééquilibrage au mérite de la vie.
  • que je m'étais régalée à la lecture de "Voyager léger" de Julien Bouissoux
  • qu'à trop être cryptique, longtemps plus tard je ne sais même plus moi-même à qui je faisais allusion (et ça me fait rire)
  • j'effectuais plein de trajets à Vélibs (les premiers, les vrais, qui après quelques déboires de mise en place en 2007, commençaient à être nombreux et au point)
  • je lisais en ligne le journal d'Henri Beyle
  • J'écrivais quelque billet farfelu de fiction basé sur un élément vrai (la rencontre avec une jeune femme anglaise qui me semblait pleine de futurs talents)
  • "Vous avez voulu les capitalistes, vous les avez" (qu'a pu bien devenir la dame, bientôt douze ans après ?)
  • mon amie Gilda Piersanti avait remporté un prix 
  • Sarkozy était presque aussi impopulaire que Président Macron - mais au moins il n'avait pas trompé ceux qui avaient voté pour lui, n'avait pas fait le contraire de ce qu'il avait promis -.
  • Nous faisions toujours des jeux d'un blog à l'autre (je n'avais pas oublié, mais n'aurais su dire qu'en 2008 c'était le cas)
  • Ce fut l'année de poisson d'avril d'une fausse dédicace à l'Astrée (ah ce souvenir d'Honoré expliquant à une dame qu'il convenait de lire une page blanche chaque soir avant de s'endormir)
  • Et l'année aussi de l'inoubliable expo "Prenez soin de vous" de Sophie Calle à l'ancienne Bibliothèque Nationale (Richelieu)
  • C'était l'année où ligne 13 vers Brochant des travaux avaient brièvement permis que l'on revoie de très belles anciennes affiches.
  • Chantal Sébire, qui avait tenté en vain d'obtenir le droit officiel de mourir dans la dignité, alors que son cas était atrocement simple, avait fini par quitter ce monde de souffrance, tandis qu'en Belgique, Hugo Claus avait pu choisir en paix le moment qui lui épargnait de crever sans plus être lui-même 
  • Le salon du livre de Paris avait été évacué suite à une alerte et Anna Gavalda, impavide, avait poursuivi ses dédicaces sur le parking.
  • Certains billets me font bien rire, par exemple celui-ci ou celui-là d'antilope et de spaghetti
  • Je croisai Patrice Chéreau dans un petit théâtre de banlieue et nous échangeâmes un grand sourire (il portait un projecteur, heureux)
  • C'était l'époque des lectures à voix hautes dans un café une fois par mois avec quelques amis qui m'avaient embarquée dans leur aventure.
  • C'est l'année où mourut Frédéric Fajardie. Je me souvenais de ma tristesse et de ma surprise (j'ignorais qu'il fût malade) pas du tout de l'année.
  • J'étais allée au festival de La Rochelle en la super compagnie du fiston et qu'est-ce qu'on s'était bien marrés.
  • J'avais commis un pire jeux de mots avec des noms propres, curieux que je ne m'en sois pas souvenue.
  • C'est là que je suis un soir à Bruxelles montée par pur esprit d'hommage à Jacques Brel, dans un Tram 33 sans savoir où il allait.
  • C'était l'année du décès de Matthieu Charter. Bien sûr je n'avais pas oublié, il était le fils d'une de mes amies ; mais je n'aurais pas su retrouver l'année.
  • Mon amie Véronique avait pris une émouvante photo.
  • J'en avais moi-même pris d'une rue qui n'est plus du tout comme ça (sans savoir que 12 ans plus tard ça serait le cas)
  • Je redécouvre un enregistrement de moi lisant un extrait de "l'Île aux musées" de Cécile Wajbrot à un lectomaton (?) bruxellois. Je ne sais même plus ce dont il s'agit. Ni où vraiment c'était. En revanche je me souviens du livre.
  • Barack Obama est élu - ça je n'ai pas besoin de mon blog pour me le rappeler -, il n'empêche que j'ai réellement et très naïvement cru que l'on allait vers un mieux général et que cela marquait la fin d'un vieux fond de racisme. T'as qu'à croire ! J'avais oublié mon enthousiasme.
  • Ma fille s'est fait cambrioler sa chambre de service et voler son violon. Peu après notre cuisine est inondée (par les eaux usées remontant via l'évier). Bad kharma de fin d'année. 
  • Nos week-ends de ciné-club avaient encore lieu à La Brosse-Montceaux 

Pour une année qui me laissait sans beaucoup de souvenirs, elle fut plutôt mouvementée. Et malgré les points durs, je suis contente d'avoir pu me la remémorer. 

Moralité : écrivez, écrivez au moins le quotidien, au moins pour plus tard vous sentir fières et fiers des épreuves surmontées ou pour les bons moments et les anecdotes marrantes, vous refaire rigoler.