Un semi en demi-teintes

(domenica)

 

J'en avais fait un objectif majeur de ma saison 2022 /2023, je visais un sub 2h30 en me disant que si j'y parvenais je prendrais le risque de tenter le marathon de Bruxelles à l'automne prochain.

 

Je m'étais entraînée le plus sérieusement possible compte tenu de mes contraintes de gagne-pain et des aléas de la vie (un décès dans ma famille, avec rapide séjour en Italie ; une opération pour quelqu'un de la famille).

OK, j'avais mis 2h56 pour faire les 20 km de Paris à Turin mais j'étais en deuil et devais composer avec la traversée de la ville jusqu'à un parc qui se prêtait à la course dans interruptions.

Je souhaitais partir à l'avance, déposer calmement mon sac à la consigne, passer aux toilettes et faire un échauffement en bonne et due forme. Pour cause de réveil relativement tardif et peu d'entrain du partenaire (lui préfère en tous lieux, tous temps et toutes occasions arriver en dernière minute en se stressant en se hâtant (ou en faisant attendre les gens s'il s'agit de choses amicales)), ce ne fut pas le cas. Mais nous avons bien eu le temps de poser mon sac posément. Puis d'attendre dans notre sas > 1h50

J'ai plutôt bien démarré, ne me faisant dépasser par les meneurs et meneuses d'allures pour 2h15 qu'entre le 3ème et le 4ème km et parvenant à les garder non loin jusque vers 5 ou 6 km.
Aux ravitos j'ai pris le temps d'un gobelet d'eau et d'un ou deux quartiers d'orange. J'ai eu aussi une pause pipi et un peu plus, de 2'30'' d'arrêt. Il a plu par deux fois, une fois en mode petit crachin l'autre en belle averse mais j'étais parfaitement équipée (1).
Discuté par deux fois avec deux vieux messieurs, je veux dire messieurs de mon âge, l'un lors du croisement avec les champions (carrément une autre planète que nous autres les lents) et l'autre lors de la drache alors que nous "ramassions les morts" (mais lui à un rythme supérieur au mien, je n'ai pas tenté de le suivre).
Nickel sauf le manque patent d'énergie et le cardio qui indique clairement, n'accélère pas (2), à partir du 15 ème kilomètre j'y suis allée au mental. Le dos vaguement douloureux mais pas pire en courant qu'en ne courant pas, c'est ainsi depuis plus ou moins notre retour d'Arras, les jambes en bon état, zéro crampes, tout bien. J'aurais pu, en ralentissant, faire 5 km de plus sans tracas.

 

 

 

Après la ligne d'arrivée, j'ai craqué, car j'avais raté mon sub 2h30 de peu et que je n'en peux plus dans les différents domaines de la vie de me cogner sans fin contre mes limites d'énergie et d'oxygénation, alors que ma carcasse et mon cerveau sont costauds.
Le Joueur de Pétanque était là qui lui a fait un excellent 2h02 par rapport à lui-même, et qui tentait de me consoler mais une femme à l'air un peu espagnol (?) et qui m'a offert des raisins dans un gobelet a joué pour moi les anges de Wim et trouvé les mots justes. Je lui ai dit merci mais j'aimerai le lui redire.

Bu un bouillon fort bienvenu, récupéré le sac qui n'était pas le dernier du camion (on a les victoires que l'on peut) et puis nous sommes allés au gymnase Paul Bert, moi enfiler des vêtements sec, Jean-François se faire masser (il s'en est sorti tout ragaillardi). On nous a offert à nouveau de l'eau Veolia.

Retour en métro mais ça n'était pas la moindre épreuve. Jean-François qui était allé "en tenue" : deux épaisseurs de tee-shirt et un simple coupe vent, était transi et malgré mon rechange je commençais à avoir des fourmis dans les doigts.

Après-midi de récupération, collation légère après la douche, regardé des résumés de cyclo-cross (aaaah MVDP ! Et Tom Pidcock pliant une roue), un vieux Maigret (et le fou de Bergerac) avec un endormissement instantané de ma part vers les 2/3. 

L'Homme s'est gentiment occupé du dîner, toujours sur l'élan du massage miraculeux et puis soirée tranquille.

Les amis du triathlon m'ont encouragée / consolée sur FB et ça n'est pas rien.
Une journée de récupération (du samedi 19 novembre, travaillé) m'attend en ce lundi et ÇA NE SERA PAS UN LUXE

 

(1) Il faisait environ 7°c  avec un vent d'environ 10 km/h SSE ; et j'avais :
un collant long 2XU avec un short léger Décathlon
un des dessous thermique à mailles de chez Verjari, le tee-shirt de la course, et le coupe vent sans manches imperméable de mon club de triathlon.
chaussures Saucony avec voute plantaire bien renforcées : perfect shoes.
ceinture pour glisser le téléphone, des gels (n'ont pas servi), les mouchoirs
petites mitaines Castelli

 

(2) pas d'emballement mais une sorte d'incontournable plafonnement. Et une connaissance de mes ressources qui fait que mon cerveau obtempère, car il sait que ne pas obéir à cette limite ressentie pourrait donner des résultats risqués.

 


Journée de veille de course

(sabato)

Dans la nuit nous avons été réveillés au même moment par chacun un mauvais rêve (le sien dû à des événements qui obligeaient à prendre des trains très loin en galérant pour tenter de donner des nouvelles à ses proches, le mien dû à des tempêtes créant des dégâts qui faisaient des victimes). Au moins nous avons pu nous réconforter.

C'est veille de course alors j'ai appliqué à la lettre la pratique sage du footing d'activation. J'aime bien parce que c'est le moment où l'on peut faire semblant de croire que l'on est bons. 
La bizarrerie du moment fut que nous comptions faire nos 30 minutes dans le parc moyen en face de chez nous et qu'il a ouvert avec 1 heure de retard. Alors on a fait des tours du pâté de maisons qui entourent le parc et quand même un tour de parc pour le plaisir pour finir.

Je voulais aller rejoindre une amie invitée par une libraire de ma ville, mais voilà que, rançon du succès, il était impossible d'entrer sans pousser du monde. J'étais heureuse pour elles, mais suis repartie - d'autant plus que juste avant moi entrait un jeune père avec un bébé dans les bras, je n'allais quand même pas le tasser pour m'infiltrer -.
Entre heure qui filait et bricoles de type "choses à faire" à caser le samedi par nécessité, je n'ai finalement pas pu repasser.

À défaut de nous voir en vrai nous nous sommes échangées des nouvelles par courriel. 
La combinaison (pandémie,travail à temps plein) est redoutable pour nous éloigner des personnes que l'on apprécie et avec lesquelles on aime partager du temps. Il y a tant d'ami·e·s que je n'ai pas revu·e·s depuis début 2020, voire fin 2019 car l'emploi que j'avais tenu en maison de la presse m'avait littéralement engloutie pendant deux mois. Ça me peine, ces éloignements.

Je suis enfin parvenue à voir en entier le documentaire d'Arte sur ce crash d'un avion venant de Berlin le 20 avril 1945. Il y a un travail sur l'esthétique du document qui m'impressionne. Quelque chose m'a gênée dans leur façon de ne pas laisser comprendre où ils voulaient en venir, peut-être à trop vouloir rester neutres en juxtaposant sans les relier des témoignages parfois absolument contradictoires ; le début donne l'impression d'une sorte d'enquête prête à être menée (qui étaient les personnes dans l'avion) puis on suit le fils d'un (du ?) survivant mais on passe à autre chose au moment précis où l'on pense que ça va déboucher sur une découverte, une explication. Ensuite on part vers ce qui s'était passé au village en ces jours décisifs de la guerre finissante et l'avion et son histoire passent au second plan. Je serais curieuse d'en savoir davantage sur la genèse de ce projet et un éventuel arrière-fond discutable (ou alors peut-être que plusieurs personnes n'étaient pas d'accord sur ce qu'elles souhaitaient produire, ou l'intention première a été détournée, ou à un moment trop vite il a fallu boucler ; bref, quelque chose m'a semblé ne pas tout à fait coller). Il n'en demeure pas moins que c'est intéressant et mystérieux à souhait, que la bande son est formidablement en phase avec son sujet.

J'ai profondément dormi, ce qui est souhaitable en veille de course importante.

Le Joueur de Pétanque était à la pétanque, mais il est rentré tôt et a fait les courses. Le Fiston nous a envoyé des photos.
En raison du premier qui a tenu à regarder la fin du match de l'équipe de France je n'ai pas pu échapper au but de Mbappé face au Danemark. 
Comme le Joueur de Pétanque a dit, Mbappé il est parti pour faire comme Maradona, nous avons eu une conversation pas inintéressante. J'étais en effet à partir de cette seule phrase dite d'un ton plutôt neutre, incapable de comprendre le sens de son propos. Comme Maradona pour ce qui était de son génie du jeu ? Comme Maradona pour ce qui était de son destin tragique ? De sa déchéance prématurée ? De ses addictions ?
Il s'est avéré qu'il voulait dire Comme Maradona devenir une légende. J'espère qu'au jeune français sera épargné le chaos.

À l'heure où j'écris je suis entrée dans la phase, je peux faire différentes bricoles, et lire des trucs et regarder des documentaires (je suis en cours d'une Beatlesserie), au fond de moi, je pense à ma course et je rassemble d'ores et déjà mes forces pour bien faire. En cela les compétitions sportives (ou donner des concerts quand on est musicien·nes) sont une bonne, une excellente façon de se reposer des tracas de la vie.


Comment on apprend (les mauvaises nouvelles)


    Il y aurait quelque chose à écrire (mais je ne vais pas en avoir le temps) sur la façon dont les mauvaises nouvelles nous parviennent. 
Elles disent beaucoup des façons de vivre et de l'air du temps.

Je me souviens d'avoir appris la mort de George Harrison par une Une du Monde affichée en début d'après-midi en chevalet devant un marchand de journaux, alors qu'à La Défense où je travaillais alors, je retournais bosser après la pause déjeuner. Je m'étais précisément dit : C'est sans doute une des dernières fois où j'apprendrais de cette façon là le décès de quelqu'un de connu dont la disparition m'émeut.

L'an passé j'ai appris la mort par un blog ami de quelqu'un qui avait beaucoup compté pour moi et c'était particulièrement triste - mais un peu moins que de l'avoir appris par des médias généraux -. 

Pendant un paquet d'années, concernant les personnes que je connaissais mais dont je n'étais pas suffisamment proche pour être avertie par personnellement, Twitter aura été la source d'information principale.
À présent, Instagram a pris le relais.

C'est donc sur Instagram que j'ai appris la mort de Christian Bobin, d'abord par des citations inhabituellement nombreuses puis par un hommage et la confirmation est venue par France Culture
Son travail était délicat et ténu, à une époque j'aimais beaucoup puis j'avais décroché car j'avais besoin pour ma vie de lire des choses qui donnaient de l'énergie. J'éprouve à cette annonce une tristesse qui l'est aussi, pas violente mais qui, je le sais, persistera. Une petite musique qui désormais ne sera plus là, ou du moins ne se renouvellera pas.


Test qui confirme ce que je craignais (les colis)


D'ordinaire en tant qu'ancienne libraire d'encore il n'y a pas si longtemps, je fuis l'usage du géant de la commande en ligne devenu quasi-monopolistique pour certaines choses (mais pas les livres, pas en France, pas pour l'instant).
Je connais le circuit de distribution professionnel en ce pays et sais attendre mes commandes de livres patiemment.

Seulement voilà, Le Fiston, ô miracle, se met à la lecture. Comme il voyage un peu, du moins ces temps derniers, le voilà avec des requêtes d'ouvrages jointes à des délais - il a cherché lundi un livre précis pour ce vendredi qu'il souhaitait emporter lors d'un trajet -. Comme l'ouvrage me disait bien pour découvrir moi aussi, qu'il existait en poche et qu'il était de ceux semi classiques dans leur genre qui ne sont ni introuvables ni disponibles partout, j'ai décidé d'en profiter pour faire un test.

J'ai écarté (pardon les amies) l'achat en librairie : si je le leur commandais lundi soir, la commande aurait lieu mardi matin, l'ouvrage arriverait jeudi ou vendredi et ça aurait pu être jouable sauf qu'en raison de mon emploi je n'allais pas disposer du temps matériel de passer à la boutique lors de leurs heures d'ouverture. Je n'ai pas un job où l'on peut se dire, je pars plus tôt un jour, je rattraperai après, ou bien j'arrive plus tard un matin. On peut bien sûr en obtenir l'autorisation, nos responsables sont compréhensifs mais il faut quémander, justifier, et que le motif soit jugé digne de faveur accordée.

Alors j'ai passé trois commandes : une chez le grand machin honnis, une chez un moyen gros machin mais parisien avec ses entrepôts en banlieue et la dernière d'occasion.
Force est de constater que le grand machin en terme de délais l'a emporté haut la main malgré ma non disponibilité à la réception et ensuite la non disponibilité du voisin au même moment que moi (lequel voisin avait gentiment récupéré le petit colis). J + 2 en pratique (qui aurait fait du J + 1 si j'avais été en télétravail par exemple). Le moyen gros machin m'a servie en J + 4 (via un Colissimo, expédié à J + 2) et à l'heure où j'écris je n'ai pas reçu l'exemplaire d'occasion.

C'est un peu triste, j'ai ce sentiment qu'on ne peut pas lutter et que plus nos emplois sont lourds et nos contraintes précises, plus on participe qu'on le veuille ou non, au quasi-monopole déjà présent.
Il est clair que le fait que la poste ne soit plus un service public dont on pouvait vanter l'excellence (avant que les restrictions de budget et les obligations de profitabilité de s'en mêlent, ainsi que la fin de métiers avec une tradition de conscience professionnelle) y contribue.
Il est à noter que les systèmes de relais colis, s'ils sont économiques, ne sont pas nécessairement les plus efficaces et à moins de pick-up stations accessibles à larges horaires, présentent les mêmes contraintes qu'aller commander en boutique. Ça manque un peu de relais colis où l'on aurait plaisir à aller, il y a peut-être un créneau à prendre, le relais colis chic avec accueil aux petits oignons et colis qui donnent l'impression d'avoir été choyés et non balancés, entassés, jetés.

 


Il arrive parfois dans la vie des choses comme ça


    Certes on a appris la veille au soir le décès d'un oncle que l'on aimait bien, on se dit qu'on ira aux obsèques, qu'il faudra avertir le travail et en mettre un coup le lendemain et le jour d'après afin que notre absence ne pèse pas sur les collègues, et puis un message arrive, funerale giovedi alle 11. Ce jeudi ? Domani ? Mais on est mercredi ?

J'étais habillée pour partir au boulot, mon sac tout prêt. J'ai appelé le boss qui étant un humain humain n'a pas barguigné pour m'accorder trois jours, et trente minutes, quelques clics et un appel téléphonique plus tard, j'avais train, hôtel pour la première nuit et airbnb pour les suivantes. 

En début d'après-midi j'étais dans le train.

Il était bon de revoir la famille. Sans ces circonstances particulières, je n'en aurais pas eu la liberté.

La pandémie a joué probablement un rôle dans le très court délai. Mon oncle n'était pas la Reine d'Angleterre.
Il y a une forme de soulagement désolant à être tellement pris par des chagrins intimes et des urgences associées que les nouvelles effarantes du monde (un missile, une guerre qui s'apprête, dirait-on à dégénérer, un pays où la révolte légitime du peuple est violemment réprimée ...) en sont atténuées. 


Traducteur Morse


    À cause d'un touite d'@dareljedid je suis tombée sur un site de traducteur Morse .
Si je ne tombais pas déjà de sommeil je serai capable d'en jouer toute la nuit.
En plus qu'il y a de quoi faire

En plus que le #JukeBoxFou de dedans ma tête en a derechef profité pour s'imposer :

Message in a bottle

 

PS : Rien à voir, mais j'apprends grâce à Alice que Le Guilvinec serait le Godric's hollow des blogueurs, et j'en rigole encore.

 


Rangements en cours ou prévus


    Force est de constater que je n'ai pas accompli en recherches d'objets égarés et rangements ce week-end tout ce que j'espérais.
Il n'en demeure pas moins que j'ai retrouver un nombre certain de casques pour le vélo. Ils sont différents et pour différents usage donc ils serviront mais il n'empêche que tombés derrière l'un des piles de bouquins ou masqués par un empilage de vêtement, avaient les uns puis les autres par leur disparition suscité l'achat de remplaçants.

Il est grand temps que je passe à la vitesse supérieure.


Tri des photos de mars 2019


    En mars 2019 il y avait un week-end de ciné-club à Ménilles. 

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À l'époque les cours d'eau étaient bien alimentés.
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Je retrouve une image d'un match de foot dont je ne sais plus rien. Sans doute étions-nous simplement passés par le stade pour rentrer d'une balade.
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Le 3 mars 2019 Le Joueur de Pétanque s'entraînait donc à la pétanque, entre deux films vus, dans un cadre plutôt beau.

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Le 6 mars 2019, je recevais sur Cause Commune les camarades du Gang du Roman Poétique, sans doute à un instant de pause ou juste avant le début j'ai pris cette photo côté technique où l'on entrevoit Quentin qui s'occupait de la régie et m'a appris l'essentiel.

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La radio est ce qui me manque, avec la danse, de ma vie d'avant. Il ne serait pas possible de concilier ces activités avec mon emploi actuel, en quelque sorte issu de la pandémie ou plutôt de ses conséquences. En tant que libraire et qu'animatrice d'émission, je me sentais utile et à ma place d'interviewer les personnes. 

Une photo du 12 mars 2019 me montre que c'est à ce moment-là que Porte de Clichy le panneau publicitaire mais néanmoins utile qui affichait l'heure et la température a été remplacer par un "Demander justice" aussi menaçant qu'inutile aux passants. 

Je retrouve des notes sur un cahier, pour le travail en librairie.

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Le 16 mars 2019, je prends une étrange photo dont je ne sais plus ce qu'elle représente (quelque chose d'un chantier ?).

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Il y a toujours ce bâtiment près de la BNF qui me rappelle immanquablement la RDA. Je ne sais pas précisément dire pourquoi. 

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Sur les murs de notre ville, en mars 2019

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Le 24 mars 2019 c'était les 10 km des Foulées de Clichy.

Il n'y en a pas eu depuis (ou alors, pour cause de pandémie, en très décalé et nous n'avons pu y participer) 

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Street art pris en photo le 25 mars, vers Montreuil :

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Je retrouve aussi, prise dans les environs du Guilvinec le 28 mars 2019, une photo qu'il me fait chaud au cœur de retrouver aujourd'hui : 

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Je retrouve également une photo que l'un d'entre nous avait transformée en pseudo couverture d'album d'un groupe rock fictif. 

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Une fois de plus je suis frappée par la faille temporelle ou tout du moins la discontinuité induite par la pandémie. Le phénomène a été accentué chez moi par une reconversion professionnelle assez conséquente survenue juste après le premier confinement. 
Quand je regarde ces images issues de ma vie d'avant elles me semblent beaucoup plus lointaines qu'un simple "Il y a trois ans". Le fait que nous ayons repris une vie depuis ce printemps qui fait semblant d'être normale, et que par exemple aujourd'hui même j'ai revu la plupart des personnes qui figuraient sur les clichés de fin mars 2019, n'y change remarquablement rien. Je me dis simplement que mes ami·e·s de ma vie antérieure (un peu comme s'il s'agissait d'amis d'une enfance tardive) n'ont pas beaucoup changé malgré tout ce temps.


Tri des photos de février 2019


    C'est reparti pour une session de tri : je m'en occupe le week-end lorsque je suis physiquement trop fatiguée pour ranger des objets (je recherche deux livres que j'ai "trop bien" rangés avant le premier confinement, mémoire effacée - c'est comme si la vie calme des deux mois et demi en paix, suivi par l'apprentissage sur le tas d'un nouveau métier et le temps plein archi plein assorti m'avaient grillé la mémoire de juste avant -). 

Je suis toujours émue de retomber sur des photos ratées, ou plutôt dont plusieurs années plus tard, l'intention m'échappe.

Ainsi le 4 février 2019 à 19:40 j'ai pris cette photo à La Libreria. Je suppose que j'y étais pour une rencontre littéraire. Qu'avais-je voulu cadrer ?

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De certaines journées il ne reste rien ou si peu : en dehors de photos qui sont des prises de notes. Par exemple le 6 février 2019, une photo d'un feu de guingois prise sans doute à la pause déjeuner, vers 15:00

 

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et une autre prise vers 23:30 sans doute en rentrant de la librairie l'Astrée, où je suppose qu'il y avait une soirée.

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C'était le chantier du Tribunal, on dirait.

De nombreuses journées s'écoulent ainsi, sans laisser davantage de traces, que ce que l'on peut écrire ou photographier du quotidien. Si on travaille, elles servent au moins à rapporter de quoi gagner notre pain, ça n'est donc pas totalement vain. Mais néanmoins un peu triste.

Je devais être si fatiguée à l'époque que je n'avais pas "développé" ces photos, restées sur mon téléfonino sans être transmises.

Le 8 février 2019, je travaillais aux oiseaux rares, et qu'elle était jolie (l'est toujours, mais je n'y suis plus), cette librairie.

20190208_162604Cette photo était restée dans le téléphone, je ne crois pas l'avoir déjà revue.

En date du 9 février 2019, je trouve une nouvelle photo qui était restée dans le téléphone, alors que les autres du même moment avaient été transférées sur l'ordi. Il s'agissait d'une soirée de masterclass au concervatoire de Clichy et le pianiste était passionnant.

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Le 10 février 2019, nous avions participé au Maxicross de Bouffémont.

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Début 2019 j'ai un projet professionnel et de saines lectures

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Le 12 février je suis allée écouter Mathias à la BNF. C'était bien.
C'était bien de ne pas devoir chaque jour travailler pour un employeur et d'avoir du temps pour développer des projets personnels. Je suis épatée d'avoir été assez en forme pour une journée que les photos témoignent active alors que seulement 48 heures s'étaient écoulées depuis le maxi-trail de 26 km.

Je retrouve des photos de concerts dont je me souviens bien mais qui datant de seulement 3 ans du simple fait de s'être déroulés avant la pandémie semblent d'il y a très longtemps.

Le 17 février 2019, avant d'aller suivre une formation aux premiers gestes de secours, je prends en photo un balcon joyeux du linge qui y sèche.

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Depuis l'ouverture du Tribunal, le quartier a changé et la photo suivante, anodine lorsque je l'ai prise, témoigne désormais d'un avant : 

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Ce qui n'a pas changé c'est que la piste cyclable que l'on ne voit même pas, au premier plan, servait déjà et sert toujours de parking. Je crois que depuis le début je n'ai plus l'emprunter que 8 fois (alors que j'y passe fréquemment), 10 maximum.

 

Je retrouve des images d'un Paris ancien, alors persistant, qui a peut-être lui aussi, changé.

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Nous avions fait un saut en Normandie aussi, sans doute pour une raison précise, vu sa brièveté. La tombe des arrières-grands parents a bien été restaurée.


L'évolution des (conditions de) vies

 

    L'un des rares réseaux sociaux que je laisse me manger du temps (1) c'est Youtube depuis plusieurs années. Leur algorithme d'enchaînement de vidéo est plein de surprises et je l'avoue, j'y ai appris plein de trucs sur des sujets inattendus.

Hier soir je me suis laissée faire par un vortex "INA Paris Vintage" et cette vidéo-ci, qui donne bien les conditions de vie des petites gens (dont mes parents faisaient partie) dans un quartier populaire de Paris (ici le XIIIème arrondissement, lequel a entièrement disparu depuis pour des immeubles élevés), six ans avant ma naissance, m'a plus particulièrement scotchée. 

 

J'ai grandi dans un monde de l'étape juste après : logements où l'on s'entassait mais avec l'eau courante, les toilettes à l'intérieur (ce luxe !), le gaz pour la cuisine, l'électricité et le chauffage central.
Mais il y avait encore, sans parler de courées vétustes, de nombreux bidonvilles, et j'ai des souvenirs de visites rendues ici ou là avec toilettes partagées. C'était le cas dans la pension de famille où nous allions lorsque j'étais petite La Villa Gabri à Rimini.

Quelqu'un avait récemment évoqué dans une vidéo l'âge plus vieux pour le même âge des gens d'avant. Ce sujet de l'INA en est une illustration parfaite. Les longues journées de travail, les conditions de vie difficiles, pour les femmes les grossesses souvent nombreuses, marquaient les corps et les visages. L'alcoolisme aussi, qui n'était pas forcément ravageur, mais très souvent une imprégnation quotidienne permanente.

J'aimerais bien transmettre le souvenir qu'à un moment donné, dont j'ai été témoin, s'en aller occuper un casier bien équipé dans un ensemble de HLM était un soulagement, une amélioration qui soulageait, un échelon de réussite sociale.
La plupart des gens ne disposait avant pas d'un lit où s'allonger dans la journée un instant. Ils étaient contraints dès le lever de replier leur couchage afin de pouvoir habiter. Et bien sûr, personne n'imaginait seulement avoir de chambre à soi.

Dans le premier logement que j'ai connu enfant, alors fille unique, il y avait tout l'équipement et mes parents qui avaient traversé les étapes de logements difficiles (dont brièvement un HLM à Beauregard très sonore dont l'un et l'autre parlaient comme d'un cauchemar, sujet sur lequel ils étaient, fait rare, à l'unisson), en étaient contents. Il n'y avait qu'une seule chambre, que mes parents m'avaient laissée, eux dormant sur le canapé du salon. Puis quand j'ai grandi, ils ont récupéré la chambre et moi le canapé, qui était laissé replié (le couchage était bien assez grand pour moi), dans une sorte d'alcôve du salon - salle à manger. Des familles voisines avaient déjà deux ou trois enfants pour des appartements qui ne devaient guère être plus grands. Et c'était déjà beaucoup de pouvoir avoir deux chambres, celle des parents, celle des enfants. Disposer d'une chambre par enfant c'était un horizon luxueux, et mes parents étaient fiers d'avoir pu nous l'accorder et se l'offrir dans leur pavillon de banlieue, plus tard, lorsque ma sœur est née.

C'est intéressant de constater à quel point tout cela a évolué et somme toute plutôt mieux pour l'ensemble de la population, même si le libéralisme dur et les circonstances climatiques et belliqueuse vont probablement nous entraîner vers des régressions et que de nombreuses personnes sont dans le dur également (2).

 

(1) Sur les autres j'y dépose des liens, des photos, quelques mots que je suppose utiles à d'autres ou pour donner des nouvelles et partager et j'en prends ponctuellement de personnes que je connais et j'y suis certains fils d'infos, mais je ne me laisse pas embarquer.

(2) La différence était : de nos jours ce sont des personnes avec des circonstances particulières (réfugiés, drames personnels, problèmes de santé et solitude ...) alors qu'à l'époque c'était l'ensemble des gens, la moyenne des gens qui connaissaient ces difficultés. Lesquelles étaient d'ailleurs admises comme "une vie normale" même si l'on bossait dur pour tenter d'y échapper.

PS : Au passage j'apprends un truc sur Beauregard
Et il me semble avoir un souvenir du nom de Prix Union
à Taverny c'était le Primix.

PS ' : Et aussi un sujet sur La Défense en 1967 qui amorçait sa mutation.