Faire refaire faire

(domenica)

 

Un late sunday morning run exploratoire, nous a mené vers Poissy et fait déboucher sur la Villa Savoye
En cherchant à en savoir davantage je suis tombée sur un documentaire de 2013 (réalisateur Jean-Marie Bertineau) concernant une cité de 50 logements que Le Corbusier avait conçus dès 1923 à Pessac, et je l'avoue, je me suis bien amusée.

 

 

À part ça, il se confirme que j'ai perdu une partie de la mémoire de ce que j'avais fait dans la maison, entre autre concernant le placement des objets, dans les deux mois avant le confinement. Je retrouve des habits là où je pensais avoir déposé des livres. Je trouve des livres que j'ignorais avoir achetés.
Plus grave, je ne retrouve pas deux livres qui m'avaient été prêtés (et comme je croyais savoir où ils étaient, je n'ai guère d'idée de rechange ; il va falloir que j'entreprenne des recherches méthodiques, sans chercher à m'appuyer sur des souvenirs).


Un samedi à Ville-d'Avray

 

    Prendre le train, descendre à une gare de banlieue que l'on ne connaît pas bien, se balader dans les environs, déjeuner dans un restaurant qui nous semblait appétissant.
Voilà comment prendre des micro-vacances le week-end, tandis qu'on assure la permanence en semaine dans nos boulots respectifs.

Pendant le temps la guerre en Ukraine franchit encore un cap vers davantage de danger généralisé.
(et le premier ministre anglais censé assurer les affaires courantes tant qu'un remplaçant ne lui est pas désigné, se trouve aux abonnés absents, comme s'il avait décidé de ne pas faire son préavis)

Dans le train de banlieue, nous sommes très peu à être encore masqués. On tend à se regrouper.

J'attends la finale du 3000 m steeple à Cali (championnats du monde d'athlétisme junior) où doit concourir Baptiste Cartieaux.


Champion du monde !

 

Capture d’écran 2022-07-25 à 23.03.38

Et moi stupidement fière d'avoir été si motivée à encourager devant mon écran (quelle utilité !) que je me suis réveillée sans assistance, pile à l'heure pour : 


1/ sortir une lessive qui devait impérativement avoir commencé à sécher avant que je parte au travail (car il y avait des habits dont j'avais besoin le soir même)

2/ regarder en direct la finale du 5000 m hommes à Eugène.
(et un peu du décathlon et de la perche aussi)

J'ai le souvenir du gamin de 13 ans des premières saisons de Team Ingebrigtsen et qui disait, calme et déterminé. Je veux devenir le meilleur au monde, je vais travailler dur, je peux y arriver. Ce qu'il a fait.
Et les jours de pas très en forme, il fait 2ème.


Source principale de la fatigue (dans les périodes de bonne santé)


    Après plus de deux ans d'un gros temps plein dans un emploi stable, je m'aperçois beaucoup plus nettement que durant les périodes d'emplois variés en librairie avec de brefs interstices entre les contrats, que la source principale de ma fatigue réside dans le fait de n'être jamais libre de mon temps libre. 

Le boulot fait que celui-ci est limité ainsi que l'énergie dont je dispose pour mes heures personnelles.
Il fait aussi que ce n'est pas moi qui décide de quand je pourrai souffler.

Pour autant, ce qui est vraiment crevant, c'est aussi et surtout que les jours et heures restantes sont déjà en grande partie pré-occupées : choses à faire pour la maison (démarches administratives notamment), soins du corps, choses à faire qui surviennent et nous requièrent (par exemple l'an passé quand même, quatre décès dans mon entourage amical, en plus du chagrin ce sont des moments qui s'imposent), et, mais ceux-là ne me pèsent pas : entraînements sportifs.

Je viens de passer un week-end délicieux. Seulement il était au 3/4 rempli, même si par de bonnes choses, ou de légères corvées mais qui satisfont lorsqu'elles sont accomplies. De temps dont je pouvais me dire : tiens, à moi de choisir à quoi j'occupe les heures à venir, ne m'est resté que le dimanche après-midi, pour lequel la question ne s'est guère posée puisque j'ai dû dormir.

N'avoir aucun moment pour lequel on peut se dire : Tiens qu'est-ce que je pourrais bien faire à présent ?, est une source d'épuisement.

Ça ne m'arrive jamais vraiment, chaque fois que je pourrais me la poser, je suis trop fatiguée pour faire autre chose que m'endormir (en ayant esquissé un brin de lecture, ou tenté d'écouter un podcast, ou de regarder une retransmission sportive). Mes jours de congés sont intégralement engagés dans une activité ou une autre, j'en demande l'autorisation avec un but (stage de sport, festival de cinéma, quand ça ne sont pas des activités de type travaux ou démarches ...).

Ces contraintes sont d'autant plus fortes que toutes ou presque s'imposent avec un calendrier, faire telle ou telle chose est dont impératif à tel ou tel moment (1), impossible à reporter vers une période moins chargée.

Je mène hors emploi une vie intéressante, je ne me plains pas, seulement voilà, des semaines de 40h et parfois plus, avec les trajets assortis (même si traverser Paris comme Vélotaf est souvent un bonheur, pas seulement un danger), et une vie bien remplie par ailleurs, ne laissent plus aucun temps libre libre dont ont pourtant besoin et le corps et l'esprit.

 

(1) Y compris pour des micros-trucs. Typiquement je devais impérativement ce samedi aller à 10 km de chez moi chercher un colis.


Le Vélotaf sauve ma journée

Capture d’écran 2022-07-23 à 00.04.11 Capture d’écran 2022-07-23 à 00.04.11

(giovedi)

 

Une fois de plus je parviens à sauver une journée de boulot trop dense et âpre par le Vélotaf qui me console un peu de n'avoir pas même pu caser une séance de CAP (il faut dire que levée à temps, j'ai regardé la qualif des 5000 m H à Eugène et donc après, il était temps d'aller bosser car je m'étais rendormie).

Alors je me hâte de les déposer ici afin de pouvoir me les rappeler.

C'était la première fois que je reprenais l'un de nos VTT depuis fort longtemps, ayant privilégié les Vélibs depuis que l'an passé, j'avais constaté que les vélos subissaient des dégradations volontaires.

(et aussi depuis que j'avais souhaité retrouver du temps de lecture, ce que le Vélib et ses trajets mixtes, transports + vélo permet)


Tunnel de taf


    Je bosse pour mon employeur, je bosse à un projet familial, pas mal de démarches et qui (moi étant moi) ne se passent pas comme un long fleuve tranquille, il me faut gagner chaque étape. Toute une vie ainsi.

En dehors : du sport, en faire et en regarder. C'est ma soupape de sécurité.

Une fois tout ça fait, il ne me reste plus guère de temps ni d'énergie. 
Mais j'espère revenir lorsque ça sera plus calme.
Sans doute qu'alors d'autres choses seront moins calmes.
Toute une vie ainsi.

Beaucoup de gens sont exténués. Je crois que le Covid laissera une empreinte durable ; il coupe l'élan des jeunes.


Tri des photos de décembre 2018, janvier 2019

 

    Je m'aperçois que j'ai un certain nombre de photos de la cathédrale Notre Dame avant l'incendie. Sa beauté. Et le fait aussi que mes enfants sont nés à côté, car l'Hôtel Dieu à l'époque comportait également une maternité.

20181224_104016

[photo du lundi 24 décembre 2018 10:40]

Il y a des photos que l'on prend sur le moment et qui attrapent davantage de sens ensuite. Retrouver celle-ci lors d'une phase caniculaire, lui ajoute quelque chose :

20181224_134427
[photo du lundi 24 décembre 2018 13:44]


J'effectuais un remplacement dans une librairie du quartier latin, c'était assez étrange, nous étions deux à tenir les lieux, peu fréquentés malgré la période (lieu spécialisé). C'était comme une parenthèse, dont je garde un bon souvenir.

Le 25 décembre 2018 nous nous étions baladés au parc des Sévines où il y a des vestiges de quelque chose, était-ce un ancien restaurant ? Un établissement pour les fêtes ?

20181225_125926
20181225_125926
Je me souviens d'avoir un peu cherché sur l'internet mais rien trouvé de l'histoire des lieux.

Tout en triant les photos, j'écoute le podcast de Cerno, cette anti-enquête sur les tueurs du XVIIIème dans les années 80. L'épisode 55, recrutement d'un futur assassin, me marque : Isabelle y témoigne, la femme qui exprime calmement combien le fait que le jeune homme paumé mais gentil et doux, ait été un tueur cruel de vieilles dames dépasse son entendement me rappelle ma mise en danger de février 2006 lorsque quelqu'un s'est révélée à ce point différent de ce que la personne était ou semblait être initialement que je ne savais plus comment percevoir le monde ("Je n'arrive pas à faire la corrélation entre les deux personnes" dit-elle ; exactement ce que j'avais ressenti). Ce qui ajoute à son désarroi et était aussi une part du mien, est qu'elle savait à l'ordinaire bien estimer les gens. Et donc de s'être gourée sur quelqu'un et très gravement. Ce qui nous met dans un sentiment de péril puisque l'une de nos qualités pour la (sur)vie s'est trouvée mise en défaut.

Les murs du quartier latin fin 2018 étaient très causants.

20181227_131127

 

Dans les derniers jours de décembre 2018, nous sommes allés en Normandie. C'était un beau temps typique d'un mois de décembre.

DSC04749
DSC04749

Nous sommes allés si souvent en Normandie qu'à part la période de parenthèse douce pour nous du 1er confinement, mes souvenirs ne distinguent plus l'une ou l'autre fois.

Je retrouve une photo de la tombe en déshérence de mes arrières-grands-parents maternels avant que je n'organise sa remise en état. C'est un cas typique :
1/ de mon côté indécrottable Bécassine béate : j'avais en effet remarqué en allant me recueillir sur la tombe voisine de mes grands-parents et de ceux de leurs enfants qui n'avaient pas (sur)vécu que c'était le même nom que le nom de jeune fille de ma grand-mère mais m'était seulement dit Tiens, c'était vraiment un nom répandu dans la région. Ça ne m'avait pas effleuré qu'il puisse s'agir de quelqu'un de la famille.
2/ comme tout le monde dans la famille savait qu'il s'agissait des arrières-grands-parents, tout le monde supposait que tout le monde le savait. Résultat : personne n'en parlait. Ben en fait : moi je ne savais pas. Peut-être parce que j'étais trop petite quand le sujet (s'il le fût) fut devant moi évoqué. Il aura fallu les obsèques de ma mère, désormais enterrée dans le même cimetière, un peu plus loin, pour qu'une de mes cousines remarquant l'état de cette tombe s'exclame (1), il faudrait qu'on fasse quelque chose !
- Mais, c'est la famille ?
- Oui, tu ne savais pas ?

20181231_164746

Début 2019, j'effectue un remplacement dans une librairie magique à Auvers sur Oise. Je pratique des trajets mixtes RER + vélo, malgré le froid et je suis heureuse (mais fatiguée, ce sont de longues semaines de boulot, mais heureuse)

20190105_211356

Certains matins, c'est vraiment bien, très beau (lorsque je vais jusqu'à Pontoise ou l'arrêt précédent et circule le long de l'Oise)

20190109_100106

 

Le 10 janvier 2019, le lever de soleil fut beau. Il était 08:35

IMG_20190110_205520_970

Le 20 janvier 2019 vers 20:20 je descends la magnifique piste qui longe la voie de chemin de fer entre Méry sur Oise et Bessancourt, hélas sans continuité cyclable. Je garde un vif souvenir de ces trajets, heureux malgré froid et danger.

IMG_20190112_210114_261

Il  y a à Auvers sur Oise le mystère de ce faux vieux panneau Attention un train peut en cacher un autre. J'en ai connu des comme ça, mais j'étais toute petite, et ils étaient dans un sale état, alors ce panneau neuf mais modèle comme avant, qui l'a remis là ?

IMG_20190112_211028_933

Le dimanche 13 janvier 2019, il y avait un héron (nous l'avions déjà repéré) au Parc des Impressionnistes à Clichy. Notre présence ne l'avait pas effrayé.

20190113_114617
De la librairie où j'effectuais le remplacement, la vue sur la place principale d'Auvers était un régal. Je n'avais guère de temps pour m'y attarder, j'ai pris celui d'une photo.

20190115_105650
Parfois il était difficile d'entrer à la librairie (c'était le seul accès ainsi qu'à quelques logis plus loin)

20190115_113808

La tombe de Van Gogh, petit panneau

20190118_132125

Dans le même cimetière, la tombe d'un jeune poète 

20190118_133007


Elles passaient vite en ce village, les pauses déjeuners.


20190118_131221

IMG_20190118_131138_287

 Le 17 janvier, arrêt momentané du RER sur un pont, j'en profite. J'aime cette photo un peu ratée, mais réussie dans son côté "instant saisi".

IMG_20190117_093707_300

 

Parfois, je m'amuse un peu

20190121_114950

 

En janvier 2019, ici le 30 à 08:30 près de la piscine de Clichy, il avait neigé

20190130_083129

(1) Il ne restait plus personne sur place qu'un oncle par alliance très âgé, les autres personnes habitent et habitaient loin. 

 

 


Écrire peu


    J'écris peu ici depuis quelques temps. Le temps disponible me manque, englouties que sont mes journées par le boulot salarié, les trajets, le sport, du temps de récupération - pour l'instant, je n'ai pas à me plaindre, c'est le seul effet flagrant de l'âge -, et deux projets familiaux qui nécessitent bien des démarches administratives. Je fais face courageusement à ma presque-phobie de celles-ci, il n'empêche que ça me prend une énergie totalement disproportionnée.

Enfin, je participe à un projet collectif d'écriture de journaux (diarii) sur papier, lancé à l'automne dernier par Mathieu Simonet et ça suffit à remplir mon peu de temps quotidien d'écriture. Tracer des lettres sur une feuille après des journées de boulot passées à taper sur un clavier des choses techniques et triviales contre rétribution, délasse beaucoup.

 Pour autant je reste sans illusion : tous les projets dont je fourmille, avec à présent un vague rêve de "quand je serai à la retraite, je pourrai", risquent de s'émietter, se dissoudre dans la fatigue des années, si jamais j'atteins miraculeusement, et miraculeusement en bon état physique et psychique, ces temps de liberté.

Entre la pandémie qui est toujours forte mais dont plus personne ne semble se préoccuper réellement et la guerre en Ukraine, qui menace de dégénérer et s'étendre à tout moment (1), les nouvelles sont assez désespérantes.
Un seul point d'espoir : des enfants de ressortissants français, nés en Syrie car leurs parents y étaient partis croyant mener là une guerre sainte, commencent à être rapatriés. C'est déjà ça. Beaucoup ont des grands-parents qui rêvent de retrouvailles et de consoler leur descendance du mauvais tour que l'état du monde et l'état d'esprit de leurs parents, leur avaient joué.

Dans l'immédiat, je m'efforce, au jour le jour, de survivre et de conserver intact mon élan intérieur. 
Sait-on jamais.

 

(1) Tous les pays européens font semblant de croire que non. On a besoin de ce déni pour que les gens se sentent rassurés et consomment.


Au revoir l'Astrée


    C'était ce soir la fête de fin de l'Astrée, parce qu'il était hors de question de partir sans s'accorder un dernier au revoir et c'était bien tout le monde était là ou presque, même celui qui vit à Vierzon.

Manquait Honoré, irrémédiablement mais même sans nous le dire nous pensions si fort à lui qu'il était là un peu, aussi.

Claude, trop fatiguée, n'avait pu venir, et deux autres vieux amis qui vivent trop loin alors nous nous sommes causés en direct par téléfonini interposés.

Et c'était plutôt joyeux, dans l'ensemble au lieu d'être triste, des retrouvailles après deux années de presque pas, et des retrouvailles avant que le lieu ne puisse plus devenir lieu d'accueil.

Finir une entreprise est un sacré boulot.

Je suis très reconnaissante à Michèle et Alain de nous avoir rechauffé le cœur pendant tant d'années et offerts tant de soirées mémorables et entre nous de belles amitiés. Je suis très reconnaissante envers celles qui ont été à l'initiative de cette soirée surprise, qui nous ont permis de nous revoir et de dire proprement au revoir. 
Et merci.


OL


    C'est mon #TIL : l'usage du pronom ol qu'en tant que femme cis hétéro d'un âge certain, je n'avais pour l'instant guère croisé. 

 

Capture d’écran 2022-06-26 à 15.05.16

extrait de l'article ol sur le wiktionnaire

J'avoue que je rêverais volontiers d'un monde où l'on ne prendrait la peine de genrer que lorsque c'est nécessaire, par exemple quand il s'agirait de sexualité, procréation, catégories sportives (pour encore quelques générations mais on peut supposer qu'un temps viendra où les femmes ne seront plus en désavantage, on en observe déjà les prémices dans les résultats pour les sports de performances athlétiques), confections de vêtements. N'en déplaise aux as du marketing qui recherchent les gains marginaux dans l'hyper-segmentation des produits, assez peu de ce que l'on utilise ne nécessite vraiment d'être séparé hommes / femmes.

Les efforts des défricheurs et défricheuses me semblent pour l'instant peu suivis d'effets car les dynamiques à l'œuvre dans la circulation des usages sont assez peu "responsives" au volontarisme, mais je ne doute pas qu'un jour l'une ou l'autre des tentatives parviendront à percer. Sans doute quelque chose qui se prononcera bien. Probablement quand le gros des troupes de la génération des boomers ne sera plus là pour crier au scandale de ne pas respecter le français patriarcal officiel du temps de grand-papa.

Pour l'instant, je m'efforce de suivre les évolutions et utiliser ce qui me paraît inventif, harmonieux, et compréhensible par les interlocutrices ou interlocuteurs non averti·e·s, de dégager l'utilisation de madame, monsieur ou pire, mademoiselle, partout où cette information n'apporte strictement rien, ce qui devrait presque toujours être le cas dans le cadre des interactions professionnelles, où l'on s'adresse à l'être humain qui occupe la fonction peu devrait chaloir qu'iel fût homme ou femme. Et je me réserve le droit quand mon esprit est fatigué au point d'être brumeux, d'en revenir au masculin-neutre de l'usage ancien (mais qui est celui que l'on m'a inculqué).

(je ne serai sans doute pas très active en réponse, je tombe de sommeil et la semaine à venir s'annonce très sur-occupée au boulot comme en dehors)