Vélotaf du contournement

 

    J'ai bien lu ici ou là que les restrictions de circulation pour les J.O. allaient être sévères. Peu à peu je découvre qu'elles sont déjà effectives y compris en certains points pour les vélos. 

La place de la Concorde est globalement fermée, de grandes tribunes tubulaires (qui me font pétocher, je me souviens de Furiani) ont été érigées.
Mais je découvre vendredi dernier (le 14 juin) que le tronçon de piste cyclable qui menait de la passerelle Léopold Sédar Senghor à la Concorde avec l'accès au souterrain qui permettait de remonter vers le bas des Champs Élysées est totalement clos, personne, ni en piéton ni à vélo ne peut passer.

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Seule solution car repasser la Seine me paraît absurde et m'éloigner de ma destination en partant vers Châtelet peu engageant, descendre de vélo et couper en piéton les Tuileries.

Je ne suis pas la seule à faire ce choix, et donc pas la seule non plus à me trouver confrontée au dispositif de passerelle en escaliers qui a remplacé la sortie de l'autre côté.  Passerelle Tuileries

 

 


Un panonceau indique obligeamment le détour à faire pour qui est en fauteuil roulant. 
C'est quand même curieux qu'à l'orée des jeux olympiques puis paralympiques on n'ait rien trouvé de mieux que de mettre en place des installations qui ne soient pas adaptées pour les fauteuils roulants. 

En piéton poussant une bicyclette, je fais donc le même crochet, puis me glisse dans le flow de la rue de Rivoli, qui n'est dévolue aux vélos qu'en partie, ce qui est beaucoup mieux qu'avant mais reste dangereux d'autant plus que les automobilistes, sans doute en représailles d'avoir vu leur espace habituel réduit, n'ont pas un comportement particulièrement vélo-friendly.

 

Mardi soir, je tente un retour par mon trajet au rapport (sécurisation, minimisation des détours) optimisé. 

Il emprunte pour de larges parties des bidirs, et pour d'autre, notamment dans le XVIIème des rues sans dispositif cyclables mais avec à l'ordinaire vraiment peu de circulation.
Un des points de passage est à l'ordinaire la place de Fontenoy.

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C'est à l'ordinaire un espace vaste et calme, sans infrastructure vélo mais très peu circulante ce qui la rend intéressante pour mes vélotafs de retour, fatiguée.

Seulement en ce mardi 18 juin tout le quartier est bouclé. 
Quelques piétons passent encore, des personnes sortant de bureau, on sent que tout est en train de se refermer.

Comme j'ai reçu un SMS d'un de mes boss du bureau me proposant d'être finalement en RTT le lendemain (une question de session de formation déplacée), et que je devais un tantinet réorganiser mon emploi du temps pour déplacer sans plus tarder des activités du jeudi au mercredi, croyant à une rue simplement barrée aux voitures pour travaux, j'étais descendue de vélo et m'étais arrêtée sur l'un des larges trottoirs le temps d'envoyer quelques textos. Je marchais tout lentement Vélib à la main. Quand j'ai relevé le nez, le degré de bouclage du quartier avait augmenté d'un cran, et j'ai dû un peu chercher par où passer pour ressortir. Deux dames sorties d'un bureau sont passées sous une rubalise. Avec le vélo je ne pouvais pas exactement en faire autant. Petit crochet supplémentaire.

Plus loin, circulation chaotique : comme je l'avais déjà constaté la semaine passée, la partie des Champs Élysées entre Concorde et le Rond Point était fermée. C'était même très cool : les Champs pour les piétons et les vélos, on respirait.
Sauf qu'en ce mardi, nouveauté : seuls les piétons étaient désormais tolérés, pas même les vélos, pas même en marchant vélo à la main.
Une cycliste devant moi prise au dépourvu (elle s'apprêtait à rallier la place de la Concorde) a demandé par où passer, réponse du CRS ou gendarme (air désolé, pas air Reinafout') "J'en sais rien chuis pas parisien". Re-passage en marchand, jusqu'à pouvoir prendre le flux normal (1).

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Au bout du compte j'ai manqué un entraînement collectif de course à pied, et même manqué de temps restant et d'énergie résiduelle pour intercaler une séance solitaire.
Pour les semaines à venir, je compte beaucoup (trop ?) sur le prolongement de la ligne 14 pour ne pas me retrouver avec des trajets vélotaf trop longs, en combinant Vélib et cette ligne. L'option vélo + tram (Porte Dauphine <=> Porte de Clichy) est aussi une alternative acceptable. 
Entre agitation politique, privatisations de l'espace public (a priori le bouclage du quartier de l'Unesco n'avait pas directement à voir avec les J.O.), et Jeux Olympiques, les deux mois à venir s'annoncent déjà un tantinet rock n'roll pour les déplacements.

 

(1) En théorie j'aurais pu ne pas me préoccuper de cette interdiction et continuer dans l'avenue Matignon, seulement le blocage, qui avait décontenancé pas mal de motorisés créait un entassement dangereux, idéalement j'eusse souhaité traverser en marchant par les bords du square Marigny jusqu'à sortir de la zone de perturbations. 


Au sujet de Françoise Hardy


    Tard hier soir, les algo de Youtube m'ont proposé ce documentaire d'Arte au sujet de Françoise Hardy : 

Françoise Hardy - La discrète

J'espère que le lien ne se périmera pas trop vite, c'est un bonheur ce film.

Au passage j'ai enfin les mots sur ce qui m'éloigne souvent des films français : un tracas dans la suspension de l'incrédulité.
Et par ailleurs toujours cette petite bouffée de joie lorsqu'apparaît où qu'il est question d'Étienne Daho, qui est associé à l'un des instants les plus rigolos de ma vie. Une séquence totalement Forrest Gumpique, comme j'en ai connues quelques-unes, mais celle-ci était particulièrement jolie.

(note à moi-même : écrire avant qu'il ne soit trop tard un recueil de ces moments dont ma petite vie a été garnie, ce qui fait qu'en y repensant, reste aussi autre chose que les enchaînements coups durs ou maladies - faire face qui en furent le fond général)

note à ma nièce si elle passe par ici : 
Dans l'hypothèse où un biopic de qualité serait envisagé pour cette grande artiste, go au casting pour l'incarner jeune. Ça serait un This is it absolu.

 


Noël en juin


WhatsApp Image 2024-06-11 at 00.02.51    Comme l'écrit Sacrip'Anne lors d'un commentaire, il va falloir plus que jamais savourer les petits bonheurs. Alors je m'empresse d'en inscrire ici un avant que l'essorage du quotidien ne reprenne le dessus : 

c'était pour moi jour de récupérer accréditation de volontaire des J.O. et dotation en équipement.
Je ne m'attendais à rien de bien exaltant, un tee-shirt, une casquette, une chasuble, et voilà que je me retrouve avec un équipement complet, en plusieurs exemplaires pour les éléments qu'il faudra laver à chaque usage (chaussettes et tee-shirts), que les habits sont modulables, unisexes, avec des poches pratiques et profondes et zippées, que les essayages et la distribution étaient intelligemment organisés, que c'était comme un retrait des dossards en mieux.

Ceux qui organisaient ces étapes logistiques avaient même pensé à rendre les lieux accueillants ; pas osé prendre de photos car j'ignorais si c'était ou non autorisé. Chaque détail était (bien) pensé.

J'en suis repartie toute ragaillardie, l'impression d'un petit Noël, une bouffée de joie enfantine, et aussi qu'à défaut d'être payés tout court, on allait au moins être payés de notre peine et respectés pour notre engagement.

C'est déjà ça.

(et comme on est en France, il y avait derrière moi dans les mini-files d'attentes des différentes étapes, une personne qui râlait sans arrêt, car rien ne lui paraissait assez bien ; j'espère qu'ils ne l'ont pas prévue à des points d'accueil où l'amabilité et le bien-être des interlocuteurs sont importants) (la capacité franco-française de trouver à tout bout de champs des micro-sources de mécontentements et de les exprimer à tout moments, m'étonnera toujours) (et celle de parler de mets et boissons à table, perpétuellement - celle-ci étant plutôt sympathique -)



Uniforme

 

    Quand je bénéficie d'un jour de congé ou de récupération (c'est souvent le cas, car les samedi travaillés sont normalement récupérés), c'est presque toujours pour faire quelque chose qui était devant être fait (il manque en français un temps du latin). Et voilà, aujourd'hui c'est Uniforme.
J'en écrirai peut-être quelque chose lorsque ça sera fait.

J'en profite pour aller vider les recyclables, sortir une lessive, caler une petite séance d'endurance fondamentale, et regarder les retransmissions sur France TV sport des Europe d'athlétisme. Dont la série du 1500 m pour laquelle celui que j'admire beaucoup, pour avoir suivi sa détermination au fil des ans, mais que je commence à trouver un brin trop arrogant - une légende se doit de faire preuve d'élégance, bon sang -, s'est littéralement baladé.
Sans compter que lorsqu'un athlète surclasse trop ses concurrents alors qu'eux-mêmes sont si solides, les soupçons deviennent inévitables. Et qu'en athlétisme le dopage mécanique n'existe guère (1).

J'en profite pour ne pas trop lire d'infos électorales, si ce n'est à travers les blogs amis, pour amortir l'inquiétude. Le résultat n'est d'aucune surprise, de toutes façons de chaque maladie les anticorps ou les vaccins ne font effet qu'un temps, avoir été tranquilles durant 80 ans avec les populismes basés sur le rejet d'une catégorie d'habitants érigée en bouc émissaire, sachant qu'en France le pouvoir en place depuis 2017 n'a fait qu'ouvrir un boulevard à cette tendance, c'est déjà pas mal. 
En revanche la décision de dissolution à moins d'un mois des J.O., semble confirmer que quelque chose ne tourne pas rond.

Après, c'est une poule-œuf story : le pouvoir n'attire-t-il que les personnes qui ont en elles un certain déséquilibre et qui les prédispose à perdre le sens commun, ou est-ce le pouvoir lui-même, le détenir et n'être plus entourés que par des personnes serviles, occupées à flatter le puissant pour en retirer avantages, qui rend fou et fait perdre contact avec la réalité ?

Je ne sais pas si collectivement on va fluctuat, mais on est bien partis pour satus mergere.
Comme l'écrit Mathilde des Écumes, Il s'agira d'exister très fort pour résister, inspirer, tenir bon et beau. 

Cette année 2024 est si mal engagée d'un point de vue mondial, avec les plus grands pouvoirs confiés aux plus grands va-t-en guerre, que l'urgence climatique passe au second plan : on est bien embarqués pour faire sauter nous-mêmes notre planète avant que celle-ci ne soit devenue invivable à coup de conditions météo extrêmes, fonte des glaces et catastrophes naturelles induites.

(1) ou tout le monde dispose du même, si l'on considère les plaques carbones comme une sorte d'assistance.

 


La mémoire perdue des vêtements (note pour quand j'aurai le temps)

 

    Comme suite à cet échange sur Bluesky (merci Faïza et Daisy Moon), il me vient l'impulsion d'écrire sur la mémoire perdue des vêtements, moi qui depuis le premier confinement et presque trois mois de vivre en Normandie dans ma petite maison, ne me souviens plus comme avant d'où viennent mes vêtements et nous (Le Joueur de Pétanque et moi) qui ne savons parfois plus à qui est tel ou tel habit, étant donné que nous en avons récupéré à l'arrache de la maison vidée de mes parents, et de ce qu'ont laissé nos enfants en allant vivre ailleurs. 
Ça a des côtés rigolo. 

- C'est à toi ?
- Non, c'était pas à toi ?
- Ah non

(message au fiston)

- C'était à toi, ce vêtement ?
- Non 

(e cosi via)

Mais bon, là j'ai trop pas le temps.


En triathlon de la vie


    Fin de semaine en forme de triathlon de la vie, je dois passer d'une épreuve l'autre avec à peine le temps d'effectuer les transitions. Le prochain moment où je pourrai me poser si tout va bien sera dimanche après-midi.
Entre temps, deux moments festifs (dont un professionnel, pas trop de possibilité d'y déroger ; et l'autre avec des personnes qui ont une force exceptionnelle pour me remonter le moral), un enterrement, un jour et demi de travail, un rendez-vous médical (pour le bras douloureux et ce soupçon de tendinite à l'épaule qui pourrait être la cause de cette douleur) et si possible deux séances de course à pied (c'est pas gagné).

Il me faut toute mon expérience de triathlète pour parvenir à enchaîner, sur fond de profond chagrin. Et les courses d'endurance où l'on lutte contre la douleur et la fatigue préparent aussi à ça. Je n'en avais que vaguement conscience jusque là, je le sens aujourd'hui. Si je tiens bon jusqu'à dimanche à l'heure de pouvoir enfin faire la sieste et pleurer ma peine en paix, ça sera bien grâce à ça.

La farandole des coïncidences jolies ne s'arrête pas avec les deuils. Elle se poursuit.
Ainsi le neveu par alliance qui est un ami d'enfance d'un des libraires avec lequel j'ai travaillé, l'ami prêtre d'une paroisse proche de là où la cérémonie avait lieu (localisation que j'ignorais jusqu'à avant-hier) et une des proches de l'amie défunte qui est la tante d'un ancien jeune tennisman auquel j'avais dans ma propre jeunesse demandé un autographe sur un cahier de brouillon de maths, sans savoir qui il était, ni rien de l'exploit accompli, simplement parce qu'il rayonnait de bonheur d'être sollicité par des personnes qui venaient le féliciter. Et puis le bonheur doux amer de faire ou refaire connaissance avec des personnes qu'auprès de celle qui n'est plus de ce monde nous avions croisées, ou dont elle nous avait parlé.

Et puis se trouver chaleureusement remerciée pour avoir été la personne qui avait rendu possible la communication par SMS. Ça risque de rester un élément de ma vie dont je tirerai jusqu'à ma propre mort une fierté démesurée.  

Indépendamment de ce mérite logistique, reste que je suis toujours en stupéfaction de découvrir que je tiens ou ai tenu, une place dans la vie d'autres personnes, alors que j'ai tant de difficultés à tenir ma propre place dans la mienne, en permanente survie et négociation face à la fatigue, l'épuisement.
Je suis toujours honorée de la confiance que l'on m'accorde.
C'est sans doute lié au fait que ce que j'aime le plus au monde, dans la mesure de mes limites physiques, c'est me rendre utile. Je me sens là pour ça.
Me rendre utile et faire rigoler. 

À présent il est l'heure de laisser faire calmement le chagrin et de penser aux heureux moments partagés.



Write, Forrest, write


    De cette période où tout s'enchaîne trop vite, et de profond chagrin (1), il ressort une évidence : je dois refaire place à l'écriture dans ma vie.
La retraite est dans trop longtemps, attendre est risqué.
Comme le disait l'amie Alice, ou l'écrivait je ne sais plus, c'est une illusion d'attendre des jours meilleurs pour se consacrer à quelque chose car ça n'est jamais calme, au fond (elle le disait mieux que ça, mais pas le temps de rechercher).

L'ami Olivier m'a donné un titre, et avant la terrible nouvelle du décès de la vieille amie (2), ça m'avait donné un élan. Retombé à l'annonce, bien évidemment.
En attendant j'ai commencé à ré-écrire un piètre polar qui est tombé d'une des piles qui encombrent l'appartement. Comme une sorte d'échauffement. Ou peut-être parce qu'après tout c'est ce pour quoi je suis faite : mettre de l'élégance dans l'écriture d'autrui. 

 

 

 

(1) Mort de la danseuse, et écrivaine Claude Pujade-Renaud
article de Philippe-Jean Catinchi dans Le Monde
Pour le moment je n'ai ni le temps, ni l'énergie, ni la force d'écrire pour elle un billet. Elle a pour moi tellement compté, m'a tant soutenue et encouragée. Aidée à tenir le coup.

(2) d'âge et de longue date


Erreur de débutante


    Je me croyais bonne au petit jeu de deviner le match [de foot] aux rumeurs des cafés lorsque l'on traverse [une partie de] la ville à pied. 
Et effectivement, l'élan puis le ohouh de déception perçu au premier que nous avons croisé, l'amie que j'accompagnais de retour d'une soirée en librairie et moi, m'a laissé supposer un match garni d'occasions manquées.
Un peu plus loin bouffée de joie, jubilation.
Je dis : Ça y est, le PSG a marqué !
Qu'il y ait but était incontestable.

L'amie dont c'est le quartier, a rigolé : - Un but oui, mais pour Dortmund, c'est un café allemand.

Flagrant délit d'erreur de débutante.

Cette bévue rectifiée, j'ai pu faire en rentrant une analyse assez fidèle du match que je n'avais pas vu, à l'époux qui ne l'avait pas vu non plus (1), mais suivi, je crois, sur un live écrit.

 

(1) Nous ne disposons pas des abonnements requis.

 

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