Le bon accueil chaque année

La Rochelle, vendredi vers 16 heures

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Photo : déjeuner, à la Solette, précédant le rendez-vous dont il est question dans ce billet

Le festival de La Rochelle pour nous n'est vraiment entamé qu'alors : Prune nous retrouve, jadis à notre hôtel (quand nous venions en ciné-club constitué) à présent dans un café du port, nous remettre nos badges, également un cadeau, et surtout nos parler de la sélection de l'année.
Grâce à elle nous apprenons quels seront les films qui ne passeront que là, ce qui hélas est un critère quand tant sont à voir, et qu'il est dés lors préférable de faire priorité à ceux qui ne seront pas plus tard en salle diffusés.
Elle nous confie ses coups de coeurs les plus inattendus, ceux dont on se dit au résumé qu'il ne s'y passe pas bien grand-chose, mais qui en leur discrétion recèlent de ces trésors qui nous feront grandir.
Si nous le lui demandons elle nous avertit de ceux qui sont particuliers - en violence par exemple, dont j'aimerais quand même encore un peu préserver mon garçon - ; attire notre attention sur les événements uniques ou particuliers.

Notre semaine s'ébauche ici. Consultation du menu avant somptueux banquet.

Cette année nous sommes le garçon et moi venus un brin en retard : en temps parisien nous avions le temps de passer faire quelques courses élémentaires (l'eau minérale, la prise multiple, l'oubliable brosse à dent, les serviettes périodiques à l'usage desquelles on espérait échapper ...), avant le rendez-vous. Nous avions omis de nous recaler sur le temps provincial, où trois personnes à une caisse nous précédant créent une attentes de 20 minutes quand dans la capitale, on dégage à moitié moins.
Je m'inquiète parfois un peu de notre rythme effréné. Mais la lenteur, dans les courantes corvées, décidément m'exaspère.

J'aurais aimé qu'avec Prune nous puissions davantage parler. Doillon à la gare l'attendait. Nous sommes donc sagement repassés à l'hôtel nous préparer pour

la soirée.

Grand merci madame Varda



" Les plages d'Agnès", écrit et réalisé par Agnès Varda (2008)



IMG_0134 [photo par Pierre Cavard]

Une symphonie inachevée, voilà qui lui va (si) bien. Elle est citée au début du film comme pour esquiver les questions de l'enfance : on sent que pour Agnès Varda les choses sérieuses commencent après. Quand elle décide lors d'un voyage en Corse sans doute initiatique, de prendre sa vie en main.

Inachevé, l'amour pour et de, avec et envers Jacques Demy et dont l'écho de l'absence est toujours si présent. Combien je le comprends. La complicité et l'affection si violemment brisées.

Inachevée au sens heureux du terme : Agnès est là et bien là. Pétillante. Moqueuse. Coquine. Comme on aimerait qu'elle puisse encore longtemps nous offrir ces films-là.

Grave quand c'est nécessaire, (certains jours quand j'écris) "Le monde va mal et il me saute à la tête".

Rieuse dés que possible -somptueuse séquence de la baleine -. Jamais de sentimentalisme, mais toujours de l'émotion, texte au demeurant soigneusement écrit. Je suis sortie en pleurant, mais je n'étais pas triste. Moins seule très certainement.

Ce point de cousinage amusant d'être douée de rencontres, dont celles des bonnes personnes, qui plus tard deviennent grandes - elle côté films, moi plutôt vers les livres -. Le charme d'Harisson Ford avant (sans doute du lot le plus surprenant). L'absence d'amertume face aux échecs qu'on devine.

Et cette photo d'Agnès Varda filmant, avec sa main droite qui saisit celle de Jacques Demy, lui  immobile, près d'elle assis, avec dans son regard "la douce intensité, la tendresse, que j'[ai]vu à trop de gens se mourant [...] cet air qui dit combien sont adorables les formes et les couleurs de la vie, et chers les visages des amis, combien tout cela est désirable et perdu à jamais." (1)

Même si je n'ai plus personne à ainsi chérir et aimer, elle me tiendra longtemps. J'ai su ce que c'était. J'ai su ce qu'on ressent. C'est bon de s'en rappeler. Grand merci madame V.

   

(1) Wallace Stegner "La vie obstinée" (trad. Eric Chédaille)

 

PS : Si quelqu'un peut me raconter ce qui se passe dans la scène où Agnès Varda renverse son sac à main au pied de la tour Eiffel et ou Jane Birkin intervient, je veux bien : le film (déjà usé ?) s'est interrompu sur ce passage et n'a repris qu'à la séquence d'après. Dommage, le sac à main, ça me disait bien.

PS' : J'ai cru que ce film ne pourrait plaire qu'aux "initiés", ceux qui connaissent la dame et son travail, certains films (au moins) de Jacques Demy, ont vu l'expo aussi qu'elle a faite à Cartier (il y a deux ans ?). Mais celui qui m'accompagnait et ne l'avait jamais rencontrée, ou seulement pour "Cleo de 5 à 7" a lui aussi aimé et ne s'est pas ennuyé.

PS'' : Et puis vous en connaissez beaucoup, vous, des films où l'on croise un férovipathe bruxellois ?

Some home with a view

"Home" d'Ursula Meier, Suisse 2008

catégorie : comédie dramatique sans téléphones portables mais avec cigarettes et des voitures (beaucoup).

 

Il s'en faudrait de si peu qu'il puisse faire film-culte, ou même chef d'oeuvre discret. Quelques longueurs à perdre (1), un détail un peu trop appuyé à rendre moins insistant (2), une montée vers une forme de déraison collective qui loupe une petite marche (3).

Mais je dis ça vraiment pour pinailler et signifier qu'Ursula Meier a encore une marge de progression, le truc espéré qui me fera me précipiter dés la sortie de son prochain film dans l'espoir que ça y est, son "Citizen Kane" y sera.

Je suis quelqu'un qui doute beaucoup, de tout, de tous, de moi, et même de ce que je pense du monde. Mais je me trompe rarement sur le potentiel des gens, dés lors qu'il s'agit d'un métier de création. Alors pour Ursula, je sais. Si la santé lui tient et que la crise économique ne coupe pas le cinéma de ses ressources les plus avisées, elle saura nous régaler d'un ou deux inoubliables.

Quelqu'un veut parier ?

Les acteurs sont parfaits y compris la maison que je persiste à voir comme personnage principal (4), certaines images auront (chez moi) une grande rémanence (5), je les sens déjà installées, dialogues au petit poil, d'où ce sentiment de frôler le film-culte, Kacey Mottet pourrait bien nous faire une évolution à la Benoît Magimel, Madeleine Budd est d'une justesse époustouflante dans le rôle ingrat de la scientifique de la famille, jusqu'au poulet congelé, star d'une scène, qui est impeccable.

L'histoire ? Une maison, une autoroute tout contre, d'abord en bras mort puis en travaux puis en service, et les effets faits aux habitants de la première.

J'ai été touchée que malgré qu'ils en bavaient, ils s'aiment tous bien. Ça change des familles dysfonctionnelles à la , non rien. Surtout le petit frère et sa soeur précédente. Et puis qu'on puisse lire dans ce film de nombreuses paraboles, chacun pouvant placer la barre à la hauteur qui lui convient. Par exemple sur nos vaines tentatives de lutter contre les aggressions du monde, par le mépris souverain ou le repli fatal.

En sortant du cinéma, je n'avais qu'une envie, en parler à ma meilleure amie (sans jeu de mots je vous prie).

 

le vrac de phrases :

- Sûr ?
- Oui, sûr. Mais pas tout à fait.

- On est bien depuis qu'on est ici, non ?

- Elle va venir de là. Une Verte.

- Tu fais comment ?
- Ben, je calcule.

- OK mais prends un peu d'élan.

- On partira jamais, y a qu'ici que maman se sent bien.

- C'est peut-être pas facile ici mais c'est chez nous.

- Faudrait peut-être en remettre une couche, non ?

- Y a encore du bruit.

- Sur 3 c'est trop, ça me gêne pour lire.

- Peut-être qu'elle fait semblant ?
- Tu parles, elle est plus capable de rien.

- C'est de la contaminée. Tu veux essayer ?

- Descends pas en bas, c'est le bazar (6).

 

(1) Ursula Meier filme comme personne les corps en mouvement et les mêlées familiales en piscine ou salles de bains. De ne pas avoir su en sacrifier quelques-unes car elles étaient trop belles vient quelque effet de répétition et que le film est (un peu) trop long.

(2) Ici le fait de fumer qui semble avant tout destiné à dater le récit pour le situer à une époque où l'on préférait ignorer les risques qui pourtant se savaient.

(3) Je soupçonne, mais je peux me tromper, un élagage un peu violent parmi des scènes de montée en charge, du coup à un moment donné on se demande soudain comment ils en ont arrivés là.

(4) Et d'ailleurs, je ne croyais pas si bien dire  (interview dans Première)

(5) Les pieds des ouvriers, la famille qui se penche pour voir si la voie est libre, l'écoute des murs pour en chasser le bruit, un ého d'enfant auquel personne, aucun camion, ne répond ...

(6) Contre quelle autoroute ai-je donc tenté de me protéger ?

compléments :

sur Première avec l'accès vers quelques extraits

rajoutis de dernière minute (le 12/11/08 vers 13 heures) : un portrait de la réalisatrice trouvé sur Dailymotion et qui semble tout récent (et très bruxellois ?)

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Il ne faudrait pas croire que ça n'était pas beau

Tout à l'heure, au soleil

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Elles étaient douces cependant ces vacances sans tourments. Sans tourments majeurs ni autres qu'intimes et intérieurs. Cette absence qui ne s'absente pas.

Il fut brièvement question de ciné. J'avais choisi de glisser, passer à autre chose, presque éluder, pour mieux ne pas pleurer.


Le soleil quand il venait était resplendissant.

Sur Jersey si net on aurait pu voir la moustache à Victor avant qu'il ne quitte l'île pour Hauteville House à Guernesey voisine.

Plus loin une guerre éclatait dont on ignorait les détails. Désireuse d'en savoir un peu j'achetais les journaux. Ils partaient cependant du principe que les lecteurs suivaient.

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J'étais persuadée que des amis étaient en Arménie. Je ne sais plus si je m'inquiétais, ou si mon sentiment d'incompréhension était plus vaste que toutes les peurs.

Nous avions décidé de regagner la ville.
A quoi bon la mer si l'on n'y peut nager, à quoi bon le repos s'il ne sait apaiser, autant affronter le travail en meilleures conditions.

La dernière journée, vêtue de cette aura, fut l'une des plus plaisantes.

[photos : le cap de Carteret, côté nord et vers Jersey]

L'art de la baignade (dans la Manche)

Aujourd'hui comme hier mais peut-être moins que demain

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La marée favorable est en fin d'après-midi. C'est une heure fort convenable, qui laisse au matin l'intendance et au post-prandial la sieste, indispensable en vacances.

Quand nous nous réveillons au matin, malgré une nuit tempétueuse, dont le dortoir sous les combles ne nous a épargné aucun charmes, il fait grand beau. Frais, mais beau.

Comme au matin il ne fait jamais chaud, nous ne nous inquiétons guère. Jusqu'à quelques fortes rafales en matinée.

Le soleil au demeurant ne s'en laisse pas compter.

Mon fils constate que la journée sera davantage propice au body-bord, qu'à la natation. Je le déplore, j'aime nager. Mais un bain c'est un bain, et dans toutes conditions mieux que rien.

Depuis que je n'aime plus l'amour, nager est mon seul soutien.

Mais voilà qu'en début d'après-midi, survient la drinche, le grain, le truc susceptible de nous empêcher. La plage est loin, s'en aller nager alors qu'il pleut, qu'elle est sauvage et sans cabine, dans la perspective de rentrer par un glacial trajet mouillés sur mouillés (mer et pluie, pas d'ambiguité) est avec le gel et la tempête caractérisée (jointe au drapeau rouge) la seule option capable de nous décourager.

Il refera beau, puis non, puis pas, puis à nouveau du vent fort, pousseur de lourds nuages, jusqu'à l'heure approchante.

Alors dans un soupir, nous nous dirons tant pis.

[photos : La Haye du Puits, Manche, à compléter ultérieurement] 

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Toto et la compagnie des hommes (Gomorra)

film de Matteo Garrone d'après un livre de Roberto Saviano

Je goute assez peu les films dits d'actions, que leur fond soit la guerre, le far-west, les grandes explorations ou comme ici la mafia.
Quand j'en croise un bon, je sais cependant apprécier la qualité.

Et celui-là en est. Filmé dépouillé. Principal décor une cité d'équivalent HLM à Naples ou en bordure. Aucun misérabilisme, c'est pas la peine, le dénuement crève l'écran et même les boss intermédiaires s'ils roulent en plutôt pas moches voitures (encore que, besoin d'être peu repérables) ne le font pas sur l'or.

Peu de femmes, pas de filles, dans cette histoire presque exclusivement "entre hommes". On croise deux mères dont le combat est perdu d'avance. Quelques professionnelles des durs métiers du charme. Ainsi qu'une efficace tailleuse chinoise. Et basta.

C'est là une histoire d'hommes. On ne s'y ennuie pas. Le propos est militant.  N'apporte aucune solution. Un seul personnage, un des moins compromis car travaillant du côté entrepreneurial de la force,  choisit de quitter.
- Va-t-en vendre des pizzas, le maudit son patron, qui se dit sans doute que pour une fois qu'un dauphin lui semblait fiable il faut qu'il soit trop idéaliste pour supporter de participer à l'empoisement des sols et de leurs proches habitants.

Les autres se fusillent allègrement comme si c'était la seule solution. Il s'agit d'une guerre des gangs où plus personne ne semble savoir qui bosse pour qui. Dans le doute, on tire. Des gosses choisissent le camp opposé de leur père prisonnier. Deviennent ennemis. Complices actifs de tueries.

Les armes fascinent tous ces petits mâles. Tuer n'est pas jouer. Le savent-ils ?

Cette économie souterraine n'est rien moins que celle du marché. En un peu plus sauvage, à peine plus féroce. Les retraites y ont assez peu besoin de financements : elles concernent trop peu de monde. Des allocations en revanche sont versées aux familles dont les hommes sont en prison. Ou bien les femmes (de l'une d'elles il est fait mention).

Deux jeunes pieds nickelés nous régalent de leurs coups foireux. Je suis prête à parier qu'ils sont de tous les personnages les moins transposés. Tellement invraisemblables. Comme la vie même.

Et puis il y a Toto, le tout jeune beau-gosse du lot. Qui allait bien, qui tourne mal. Lui aussi veut être un homme. Par chez nous, avoir son propre compte en banque, sa carte de retrait d'argent, son téléfonino rouge, et s'acheter à manger, suffisent.
Là-bas, il faut être passé par l'épreuve du coup de feu et si possible avoir une fois au moins flingué. Toto se laisse prendre aux séductions du faux chemin. Je parie qu'il mourra (jeune).

Je me suis si peu ennuyée que j'en ai oublié de compter les morts (mais pas de songer à la grande relativité de l'amitié, si bien illustrée par les rapports francs et directs (!) que ces types entre eux entretiennent - t'es plus d'accord, t'es mort -). Le récit est mené juste de façon pas trop linéaire mais pas trop pas et qui évite à la fois l'ennui et le sans queue ni tête ; on se prend à vouloir suivre alors que les protagonistes eux-mêmes n'en sont pas capables. Images rémanentes, pas celle de l'affiche qui je crois dessert le film, il vaut mieux que la caricature qu'il sous-tend.

Il est aussi question des dangers du bronzage.

Curieusement dans ce monde violent et contemporain quoiqu'assez peu technologique, traînent encore quelques vieilles valeurs. Ces meurtriers semblent encore posséder un sens de la parole donnée, et quelques bricoles désuettes de ce style. Aucun ne tue pour le plaisir de tuer ou fascination sanguinaire. On fait parce qu'il faut (le plus souvent : vengeance de la vengeance de la vengeance ... , thune ou came à récupérer, à moins qu'élimination de gêneurs)

J'oubliais sa plus grande qualité : l'absence remarquable de la moindre histoire d'amour ou de (grands) sentiments.  Les gosses eux-mêmes ont pigé qu'il valait mieux, pour survivre les éviter, et des amis de toujours s'embrassent pour se dire au revoir du temps où ils s'aimaient sachant que la prochaine revoyure risquera de se terminer par l'élimination de l'un. Ou bien de l'autre.

Qui sait ?

Cette scène, bien d'autres, sont d'une justesse à pleurer. La part "gestion des déchets" fort bien documentée.

Quand ce film sortira, ne craignez pas d'y aller.


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Du bonheur de lire Proust

Aujourd'hui

P7050255 Nous avions participé sans penser à l'éventualité même d'un lendemain. L'idée était fort belle et ça nous suffisait.

Le bonheur de faire quelque chose ensemble, la mère qui vieillit, l'enfant qui devient grand. Transmission.

Et puis il y a eu plus que 2 x 5 minutes de lecture partagée. Une rencontre.

Plus tard : une première projection, près de Paris ; des retrouvailles.

Des amis qui ont participé alors qu'on ne s'était pas concertés. Découvrir qu'ils en étaient.

Cette année à La Rochelle ce film sans fin était diffusé. L'occasion de se (re)voir lire et surtout quelques autres.

En septembre, on remet ça. C'est dit.

A ceux qui ont une webcam : il ne tient qu'à vous d'en profiter aussi
Le baiser de la matrice


[photo  : une des lectures prises totalement au hasard ;-) ]

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Si tu ne viens pas au cinéma, le cinéma viendra-t-à-toi (instant philosophique)

hier soir, sans doute trop tard, lors d'un dîner mère-fils.

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Lui qui était sagement resté à l'hôtel craignant le film ennuyeux et aussi la bousculade (1) me demande élégamment si mon film était bien.

Je lui dis que oui, décris ce que j'ai aimé, ce que j'ai aimé moins, parle d'une scène de dispute entre personne devenue obsédée par la tenue et l'ordre de son intérieur et une autre venue pour la voir elle, mais qu'ainsi elle rebutait d'autant plus que sa vie était ainsi complètement figée. Je lui confirme qu'hélas dans la vie ce genre de phénomène survient parfois et que dans de tels cas il devient préférable de moins se fréquenter si on veut éviter comme dans le film de finir définitivement très fâchés.

Il répond : - Oui mais tu sais dans la vie c'est pas comme dans les films.

Comme j'attends une suite, il complète :

- Dans les films ça finit toujours soit bien soit mal.

J'en deviens perplexe :  -  Ben  et dans la vie ?  Si ça finit pas soit bien soit mal, comment veux-tu que  ça finisse ?

En grand sage, il m'explique : - Dans la vie, souvent, ça finit neutre.

Je pense qu'il y a une neutralité dont je me serais bien passée qui a failli me tuer plus sûrement qu'un drame, mais qu'au fond il n'a pas tort. Et qu'aussi  dans certains cas, le cinéma emprunte si fort et si proche à la vie, qu'il devient impossible de faire la part des choses.

Les films font réfléchir, mais les dîners aussi.



(1) Il s'agissait d'une projection unique avec présentation du nouveau Mike Leigh, bientôt dans les salles, ce qui en faisait LE film de la soirée. La salle était pleine jusqu'au moindre strapontin, soit 1003 places théoriques.

Messages personnels

Dans le grand hall de La Coursive, à mesure que le festival avance sont exposés d'un côté les photos de Régis d'Audeville, de l'autre les coupures de presse. Les unes et les autres sont fixés sur de solides panneaux en bois et agrémentent nos temps d'attente.
Ici où là sur quelques poteaux de la vaste salle s'y ajoutent à mesure quelques affichages moins officiels mais souvent drôles

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parfois émouvants, P7040202

Ils restent le temps qu'ils peuvent. Quelqu'un les lira. Ou pas. Voisinent également quelques demandes d'emplois, souvent très ciblées, de la part de techniciens professionnels du cinéma.

Mes photos en sont floues, je les ai prise au vol et sans aucun recule dans la bousculade qui précédait la projection de "Happy-go-lucky", le nouveau Mike Leigh. Il n'est pas un chef-d'oeuvre, un peu trop "léger" pour moi, mais valait néanmoins qu'on prenne un peu de peine. Mon vaillant Olympus qui a couru quelques risques P7040199

mais je ne tenais fort, n'est peut-être pas de cet avis.

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Sternberg

hier, début d'après-midi

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Sans doute notre plus grand bonheur depuis le début du festival : ce vieux muet de Joseph von Sternberg 

une amie m'avait conseillée le matin même alors que nous hésitions sur le film à aller voir. "Crépuscule de gloire" (1927 ou 1928 selon les sources), et qu'

Comment pouvait-on alors même que mon père n'était pas encore né, filmer avec une telle force et de tels effets (aaahhh l'image du train perdu, aaaah ces portraits) ? Comment était-ce possible tant d'humour dans les intertitres ? Et une telle vision (à tous les sens du terme) de la révolution russe, plus près d'eux alors que notre mai 68 aux effets quand même moindres ?

Le point de départ du scénario n'en donne qu'une pâle idée : un scénariste en vogue du déjà grand hollywood recrute parmi les figurants un type qui a bien la tête de l'emploi pour jouer un général russe tsariste dans un film où il reconstitue la révolution. Tellement bien même, qu'il en fut un, ce que le scénariste ignore. Le vieil homme qui se prépare au jour de tournage se remémore (film dans le film : somptueux). Puis il joue la scène de sa vie en la rejouant.

Bien sûr pour nous spectateurs du siècle suivant, le trait est forcé. Mais la force de l'oeuvre est telle que très vite on s'abstrait. Aucune image n'est impudique, et pourtant mais se dégage des passages sentimentaux une torridité que nos déshabillés modernes ne savent que rarement offrir.

On rit aussi. Il y a un bon vieux gag mais si bien filmé.

J'ai pensé aux oeuvres d'Hugo (Victor), qui sont capables de nous embarquer dans du rire comme des larmes et de toutes façons des émotions, en passant par la flamboyance (1).

Mon fils aussi (13 ans, donc) s'est régalé, pas ennuyé un seul instant malgré quelques questions qui forcément se posaient (il ne connaissait rien de la révolution russe). Il pense que sa maman aurait fait une très bonne star du cinéma muet (j'arrive 100 ans trop tard, mais grâce à l'internet que je suis si heureuse de contemporaner, c'est sans trop de regrets).

L'accompagnement de Jacques Cambra, au piano, somptueux en improvisations de pseudo-grande-musique russe, n'est sans doute pas pour rien dans la grâce du moment.
Le même film ailleurs ou pourvu d'une bande pré-enregistrée ne nous aurait sans doute pas fait le même effet.

C'est pour de telles heures que je ne me passerai plus qu'avec difficultés de ce festival. Il y a avant, il y a après (et pendant c'est pur bonheur).

(1) Quand d'autres le font en passant par les chemins de l'intimité.

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juin 2009

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