Quand ça veut pas

hier, à Paris (principalement)


billet quand ça pourra.

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[photo 1 : l'Amour fermé avant midi ; photo 2 : sous la pyramide (Louvre) ; les deux : ce jour-là même]


Su(per)positions de printemps

Ce matin, par grand beau temps parisien

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billet non relu

Au bord du Luxembourg ce matin, Stéphanot et moi nous sentons soudain éblouis de printemps.  Nous avions l'un comme l'autre oublié comme c'était bon que le soleil soit là et qu'il soit enfin chaud.

Des  poussettes sont poussées, des coureurs  courent, des amoureux s'aiment. Soudain tout semble en place et comme en harmonie.

Il me confie que si un jour il a un enfant il lui fera dans sa poussette faire plein de tours du parc pour qu'il comprenne qu'il y a des arbres.

Et je comprends, parce qu'ils sont si beaux, avec tous leurs verts ceux qui sont déjà bien en avant dans la saison comme ceux qui attendaient d'être certains pour commencer.

Nous décidons de fêter ça en allant déjeuner au café. Je ne me départirai jamais je crois de ce sentiment de luxe que j'éprouve en le faisant. Je viens d'un monde où manger à l'extérieur était une ruine et une exception, sauf pendant vacances une période par an.

Nous en trouvons un sympathique et presque pas trop cher. En terrasse entre deux bruits de circulation, je parle un peu de la vie d'avant.

Annie Ernaux n'y est pas pour rien. Ses livres récemment lus ou relus m'ont remis en mémoire combien je viens d'un monde qui n'existe plus, plus vraiment et qu'il ne faut pas regretter quand on était de ceux d'en-bas. On en bave aujourd'hui, on en bavait hier. Mais alors c'était considéré tout à fait bien comme ça, fermez vos gueules ne la ramenez pas. A présent au moins la résignation intégrée n'y est pas. Même si en pratique le plus souvent on s'esquinte dans une précarité peu porteuse d'espérances.

Alors je raconte au garçon ce monde où l'on consommait le moins possible juste parce que ça coûtait et qu'on avait si peu, ce monde étrange calculé d'ici où voir un adulte courir dans la ville fût-il en survêtement eût paru très incongru, où les dames s'habillaient en jupes et "en cheveux" depuis très peu (1), combien ça pouvait être uniforme et gris mais par d'autres côté si simple et sain aussi.

Que le téléphone était un luxe, et la télé aussi même qu'elles étaient en noir et blanc, qu'on ne changeait de voiture que deux fois dans une vie et de lave-linge vraiment rarement, que les cuisines c'était une table, des chaises, un frigo, une gazinière et quelques ustensiles.

Qu'on se foutait des marques, qu'on s'habillait chez Tati, qu'on y allait depuis la banlieue loin dans des trains à vapeur aux marches immenses et qu'on en profitait toujours pour aller au Sacré Coeur, pas pour prier mais pour admirer Paris. Je lui dis aussi que pour les vêtements, on n'en avait pas tant, que même chez des mieux pourvus, pour peu qu'ils soient un peu nombreux, les habits on faisait durer, ou bien on rusait. Je lui raconte l'amie qui avec ses parents et frères et soeurs, frontaliers allaient en Belgique. C'était moins cher là-haut qu'en France. Et que pour éviter les ennuis à la douane, car alors entre les deux pays, la frontière c'était terrible (2) c'était une vraie,  ils superposaient sur eux leurs acquisitions et du coup marchaient comme des pingouins sous l'oeil tolérant du fonctionnaire qui sans doute en faisant autant pour équiper ses propres enfants.

Alors Stéphanot, pragmatique :

- Mais comment on peut faire pour mettre en même temps plusieurs vêtements ?

Je lui dis pour les filles qu'on peut empiler collants, pantalon et jupe un peu longue.

Il me répond :  - Pour les garçons ?

J'avoue mon ignorance. Nous parlons d'autre chose.

Le repas achevé nous marchons vers un métro, la rue est commerçante. Dans une vitrine un petit mannequin, serviable et qui nous a probablement écouté, nous montre tout à fait comment ils faisaient.

Et nous rions de sa réponse si bien coordonnée.


[photo : dans la vitrine, vers la rue Vavin (?)]

(1) Il m'en restera j'en ai peur toujours une réticence face aux couvre-chefs de toutes obédiences dés lors qu'ils ne concernent que les dames et présentent un caractère qui n'est pas ludique. J'ai en effet ce souvenir que pour ma maman et celles des copains c'était une victoire de pouvoir se balader tête-nue dans la rue et sans que plus personne n'y trouve rien à redire.

(2) J'y suis avec deux autres restée coincée deux heures une fois. Nous étions jeunes, pilotions une vieille guimbarde et  revenions de Hollande. Des bons clients avaient sans doute pensé les douaniers zélés. (mauvaise pioche).

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De Dumbo à Casque d'Or

Today, as writing about accessory is of the late tremendous trend.


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Parmi ce qui fait mon extrême sexitude (1), je me dois de nommer presque en premier  une paire de bottes  perçantes  à talons aigus que je mets à mes pieds les jours où me prend une solide envie d'assassiner

d'oreilles dignes du meilleur Dumbo, sauf qu'elles ne sont pas tout à fait assez grandes pour me permettre de voler. Quel dommage, vous me direz.
Elle ne sont pas non plus en pointes, sinon j'aurais pu savoir d'entrée de jeux et mes parents terriens que je venais d'ailleurs.

Donc elles sont juste un peu utile (en tant qu'oreilles, somme toutes elles fonctionnent) et légèrement encombrantes.

En particulier pour écouter.

Pour écouter de la musique au casque quand je travaille et que je souhaite me concentrer et m'abstraire des bruits ambiants, la rumeur du périph quand dans les tièdes printemps d'antan j'ouvrais ma fenêtre, les travaux (perpétuels) chez les voisins fortunés, les discussions de mes enfants à l'autre bout de l'appartement, ou un diffus fond de télévision en provenance du salon, la chasse d'eau qui de réparations foireuses en bricolages hasardés se recharge parfois quand il ne faudrait pas, l'inévitable lessive que personne ne voudra sortir, le hurlement muet du fer à repasser trop longtemps délaissé, l'appel de l'aspirateur que la poussière provoque, et le bruissement de la paperasse qui prépare  sa vengeance entre remboursements omis et retards surfacturés.

Je ne suis pas à ce point handicapée qu'aucun casque n'existe. J'en eu longtemps un très bien, c'est celui en haut à gauche sur la photo là-haut. Il enrobait délicatement les pavillons, n'appuyait pas trop sur la tête, et possédait un son de début d'automne qui convenait bien au classique sans arrondir le rock.

Seulement à force d'usage et de pieds pris dans le fil, il s'est retrouvé avec un côté muet que je n'ai pas su réparer.

Je peux travailler sans musique mais aux heures molles que guette le chagrin elle me soutient et l'écarte pour me laisser bosser (2), alors je n'ai pas tardé à foncer au plus proche grand magasin électro-culturel pour acquérir un équipement de remplacement. Naïve et trompée par un prix similaire et un emballage masquant, j'ai attrapé de la même marque un casque qui hélas une fois sorti de ces multiples coques de cartons et plastique coupant s'est révélé être plat et de mousse sur la surface de contact. Le son en était bon ; restait qu'au bout d'une heure d'écoute à pavillons rabattus, j'avais mal. Dumbo n'est pas un éléphant d'Asie (3).

Passée une ou deux fins de mois, j'ai donc retenté ma chance. Plus méfiante cette fois, je suis parvenue à repérer un casque aux formes enrobantes, sans pour autant le voir de près, entre étiquettes couvrantes et sécurités closes. Ce n'est qu'à la maison que j'ai pu constater sa forme en bas étroite et qui me serre le lobe.
Encore loupé.
Le son de celui-là est précis mais métallique, il convient à merveille aux subtilités électroniques récentes, à la musique à danser et aux compositions à effet. Bach s'y sent un peu triste et les violons presque arrivistes.

Peu désireuse d'alourdir les investissements, je suis donc entrée dans une période d'alternance, selon les styles choisis, je mettais l'un ou l'autre puis je changeais, une douleur différente assurant un sursis.
Le vrai confort n'y était plus, mais le travail pouvait se faire.

Et puis Rouda est arrivé. Il commence enfin (4) à pouvoir s'offrir quelques dates à Paris. La prochaine sera le 2 mai avec Souleymane Diamanka (5). Alors j'ai fait l'effort d'aller au même endroit qui vend également des billets. Et c'est en attendant mon tour que j'y ai repéré un casque qui semblait correspondre à mes oreilles décollées. Il était d'un prix abordable. J'ai tenté ma chance.

Me voilà chez moi, il ne me fait pas mal même en l'ayant longtemps ; je l'essaie sur Bach, sur du slam, du rock, de l'opéra, du classique-moderne, du jazz, de la salsa, Jacques Brel et une valse triste.
Et pour l'instant il est parfait, parce qu'en plus on peut le régler selon le genre du son.

Je vais enfin pouvoir (bien) bosser (6) ... si je ne me prends pas à nouveau les pieds dans son fil.



moralité : Les casques s'est comme des chaussures il faudrait pouvoir les essayer. Et toujours aller aux concerts des copains, ça mène aux bons chemins.






(1) le mot n'est pas de moi, il s'entendait en clin d'oeil à un billet chez une amie ... qui ne l'a pas encore publié. A mettre à jour, donc, quand ce sera fait.

(2) cf. ce billet chez Kozlika et ses commentaires qui recoupent bien certaines conversations qu'on a.

(3) et si c'était l'explication à ça ?

(4) L'attention des médias ou son absence est souvent très injuste.

(5) qui m'avait fait l'honneur de venir commenter sur Traces à l'époque où je découvrais le slam

(6) message perso à ma coach de coach.

PS : Oui bon je sais c'est encore un billet à cinq niveaux de lecture et trois sujets mais bon oui je sais ... (plus ça va moins bien plus j'ai le cerveau décloisonné)

 

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La tombe de l'aviateur

hier, en proche banlieue

 

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"Vous leur mettrez un peu d'eau" dit-elle d'un air concerné, puis elle ajoute "Avec le vent qu'il fait et que c'est un peu sec malgré les averses, c'est mieux.". Elle emballe alors le pot avec un soin bien supérieur à la rue toute simple qu'il suffit de traverser.

Je me sens aussitôt investie d'une mission et en oublie de lui demander le nom des fleurs bleues que je viens d'acquérir pour la tombe de mon vieil ami B.

Je la retrouve sans hésitation, non que je vienne souvent, je pense à lui sans éprouver forcément la nécessité du déplacement, mais j'ai la mémoire solide des chemins et des emplacements.

"Vieil" est sans doute peu adapté. Aux dates sur le marbre inscrites je constate que je suis à présent plus âgée qu'il ne fût il y a 13 ans quand il avait choisi très délibérément et en tout préparant des mois à l'avance de mettre fin à ses jours.

Nous n'étions pas intimes. Notre statut de collègues nous gênait sans doute, et puis je devais lui sembler bien ennuyeuse avec ma petite vie d'alors si sage et exemplaire.

Nous avions je crois cette sorte de liens discrets mais d'une solidité à toute épreuve : en cas d'urgence tu peux compter sur moi, et moi sur toi. Pour lui je ne tolérais en ma présence aucune parole homophobe au bureau, quitte à remonter les bretelles à des hiérarchiques "bien-pensants" que je choquais. Car B. aimait un homme avec lequel il vivait et n'en faisait aucun mystère.

Il avait réussi à le faire admettre dans et malgré le milieu ultra-conservateur de l'usine,  nous étions il faut dire quelques-uns à avoir été recrutés malgré notre sensibilité gauchiste et progressiste à qui sa vie privée ne posait aucun problème. Mais je veillais à ce que les propos et les attitudes ne changent pas dés qu'il avait le dos tourné.

De son côté il m'avait avec une collègue et amie défendue face à un chef qui au retour laborieux de mon premier congé de maternité avait tenté de me virer. Et avoir fait ça alors que l'autre risquait très fort de leur en vouloir par après et de les menacer à leur tour, il fallait oser.

Moi qui ai toujours cruellement ressenti l'absence d'un grand frère, j'avais auprès de lui un secours approchant, engueulades incluses. Il devinait beaucoup sans qu'on lui dise autant. Tentait parfois aussi de me faire comprendre que je ne devais pas me laisser faire trop gentiment ("Elle nous fait encore sa mère Teresa" qu'il disait en se moquant).

Ce que je n'ai pas su mettre à  profit à l'époque, trop formatée par une éducation toxique et le désir de bien faire, je le mets en pratique quand je peux à présent.

Contrainte à la survie en milieu hypocrite truffé de codes que je ne parvenais pas à décrypter, j'adorais son franc-parler et ses expressions colorées à l'emporte-pièce.

Il me manque encore après tout ce temps. Et à présent qu'un vague sentiment de culpabilité que je nourrissais à son égard (sur le mode j'aurais peut-être su ou dû éviter) s'est finalement éteint (il avait ses raisons c'était tout sauf un coup de blues soudain ou provoqué mais bien un choix délibéré), je pense particulièrement à lui dans mes moments de détresse. Qu'en aurait-il dit ? Que m'aurait-il conseillé, lui qui m'avait à la bonne mais sans être trop impliqué par ma vie quotidienne, à la juste distance pour un rôle de conseiller avisé.

C'est en allant remplir un jerrican (1) au point d'eau, que j'ai compris soudain la portée du conseil de la fleuriste voisine. Le coup de chagrin inévitable à qui vient visiter s'en trouvait alors légèrement atténué parce que les mains étaient occupées et les forces physiques employées à porter.

Elle devait donner cette consigne du ton de la confidence particulière à chaque cliente qui lui semblait triste. C'était sa façon d'aider.

Je m'appliquais à ne pas dépasser pour les fleurs la dose d'eau prescrite et en le répartissant sur quelques plantes voisines à ne pas non plus gaspiller le reliquat.  J'ai pu ensuite me recueillir en toute sérénité, la vague du chagrin ancien était ainsi passée. Restait les pensées et le profond respect.

J'avais rendez-vous un peu plus loin un peu plus tard, il était donc possible de rester un instant. Quelques pas dans les allées voisines me firent découvrir des récits émouvants. Distraite par leur écoute, je ne me méfiai pas quand soudain apparurent sous mes yeux les inscriptions,
Wytejczk Fiedhbacq, sa date de naissance et une autre, effayante, en 2009.

J'ai cru défaillir, me suis dit que je rêvais, un très mauvais rêve ; STOP ; éveillée.

Alors j'ai posé mon sac. Un instant. Ai fermé les yeux puis les ai ouverts à nouveau.

Intense soulagement.

A la place de ma vision, la tombe d'un aviateur.

Cependant : n'était-ce pas en mars ? Faites qui peut que j'aie rêvé.

 

(1) Les vieux seaux métalliques sont semble-t-il périmés.

[photo : point d'eau, cimetière, avril 2008]

L'aide radiologiste

La nuit dernière, un peu tard (station Brochant)

(à relire ASAP)

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Les moments heureux depuis déjà deux ans me posent un problème.
C'est un problème de luxe, d'autant que comme une amie que la vie rend par trop compétente me faisait remarquer ces jours-ci on s'habitue aux ennuis et quand ils s'arrêtent ça fait tout bizarre.

C'est un peu ce qui est à l'oeuvre dans mon cas.

Ayant mystérieusement perdu  la personne  avec laquelle je partageais le plus d'intimité,  s'ajoute à la douleur de l'absence et aux tourments permanents de l'incompréhension, l'impossibilité de partager le bon.

Bien sûr je ne manque pas d'amis ni même d'enfants à qui je pourrais raconter une belle rencontre, une lecture formidable, le gag d'un dîner, qui d'ailleurs sont souvent le tissus même de ces bonheurs sauvés.

Mais il n'y avait qu'une seule personne avec laquelle je pouvais tous les partager quels que soient les sujets, car nous avions les mêmes centres de plaisirs et d'intérêts. Une seule à laquelle je n'étais pas obligée d'expliquer qui était qui et faisait quoi, ni même de vraiment raconter parce qu'à demi-mots, entre les lignes et les silences, elle comprenait ; si j'adore partager, j'ai toujours du mal à dire et les années qui passent avec leurs difficultés cumulées n'arrangent rien.

Alors en rentrant hier tard, d'un dîner non prévu et joyeux, je ravalais difficilement mes larmes, sachant que si jamais quelqu'un des miens en rentrant serait encore éveillé et me demandait gentiment Alors , bonne soirée ? et que je ne voulais pas m'enfermer dans un silence qui pourrait entre nous peser il me faudrait par exemple commencer par expliquer qui était Mario Monicelli et que je n'en avais pas la force à force.

J'avais à Satin Lazare longtemps attendu une rame qui filait vers Asnières, je n'en pouvais plus, de fatigue et de cette oscillation de solitude qui à la longue me tue.

A Brochant soudain je me suis retrouvée sur le quai avec le métro qui partait vers ma destination et que j'avais abandonné. J'ai mis un temps à comprendre.

Des travaux venaient d'exhumer de vieilles affiches d'avant ma naissance, c'est dire si elles l'étaient, et l'une d'elle en particulier m'avait intimé l'ordre de descendre. Puisqu'ensuite il fallait bien attendre la rame suivante, j'ai pris tout mon temps pour saisir les autres, avant leur prochain arrachement.

C'est l'une des plus ternes qui m'a retenue  "Devenez aides-radiologistes des hôpitaux de Paris" nous disait-elle en complément d'une image d'Epinal à demi-effacée.

Je suis restée longtemps. Presque à en rater le métro suivant. Qui peut comprendre ?

 

[photo : ce qu'il en reste]

d'autres photos de cette étrange galerie : ici et

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La voiture de pompier apparue

Ce soir, en rentrant

 

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Il fait toujours froid quand on se sépare, chacun de son côté il faut rentrer chez soi. Pourtant j'ai de la chance la maison n'est pas vide. C'est en moi que ça ne va pas.

Alors à peine s'est-on quitté, j'ouvre son journal édité et rejoins Hélène Berr, 65 ans après.

"C'est étrange, la pensée de Françoise se divise en deux éléments qui tour à tour sont prédominants : la pensée de sa souffrance physique et morale, et mon chagrin à moi, la sensation que j'ai perdu quelques chose de très précieux, car réellement j'ai donné toute mon affection à Françoise, et je savais qu'elle m'aimait bien. Et cet échange mutuel était une chose très douce et aussi pleine de lumière et de vie."

Et c'est justement étrange ou bien est-ce parce que mes yeux manquent d'essuies-glace (1), mais je les lève vers le paysage de la ligne 2 précisément alors que passant sur Stalingrad nous sommes à deux pas du logement d'un ami très cher.

Me revient en même temps une scène d'au même endroit il y a déjà trois ans. Après une réunion au caractère militant, Wytejczk quittant les lieux en raccompagnant M. sa compagne d'alors (2). Nous étions à la fois étreints par un chagrin commun, source de notre engagement et heureux d'un temps passé ensemble et qui nous prenait bien. Alors que le scooter démarrait, M. nous avait salué, quelques amis communs et moi-même, d'un geste affectueux, léger.

Il y avait eu ainsi un instant de grâce et d'efficacité, comme si cet élan qu'ils avaient pouvait protéger notre cause commune.

Quand je suis émue je mémorise toujours des trucs concrets et incongrus de la scène où la vie me plonge. Je me souviens d'un Notre Père en Néerlandais qui s'était imprimé durablement en ma mémoire et en entier pour l'avoir entendu lors du mariage de quelqu'un qu'a(upara)vant j'avais aimé.

Alors en ce dimanche d'après la messe une séance de ciné spécialement dédiée à ceux que nous voulions aider, j'ai retenu sans le vouloir le numéro d'immatriculation du véhicule que Wytejczk pilotait.

Qui sait s'il a toujours le même ? Etant donné son métier, s'il n'en a pas changé, ça m'étonnerait ; les kilométrages sont par trop élevés, même si l'entreprise qui l'employait prenait tout à sa charge.

Comme c'est brisant de ne pas savoir ce qui concerne d'aussi près quelqu'un qu'on a tant aimé. Je suis retournée à mon livre du soir, afin d'oublier. Il est (très) prenant, la diversion a fonctionné (3). 

 

 

(1) L'idée est de Luciole à un autre moment.

(2) L'est-elle encore, ne l'est-elle plus ? Comment savoir ?

(3) méthode semi-Coué

 

[photo : sous la ligne 6 mais plus tôt et d'autre  part]

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Non sous-titrée (la vie)

aujourd'hui et un jour d'avant, à Clichy évidemment

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Depuis deux ans mon corps vaillant ne se signalait guère que par sa fatigue qu'il a congénitale. Peut-être voulait-il par là me signifier que rien n'était terminé.
A présent que je reprends pieds, le voilà qui marque le pas, et manque de me faire réussir ce que l'esprit, le désespoir et la volonté avaient voulu tenter.

C'est donc le dos douloureux, incapable de la moindre activité requérant verticalité que je m'étais étalée devant un DVD. Nanni Moretti, film italien.

Stéphanot rentrant du collège s'inquiéta pour moi, puis un peu rassuré, si je ne bougeais pas, ça allait, tenta de s'intéresser à ce qui sur l'écran défilait.

Je cherchais par télécommande dans le menu des sous-titres en français. Il n'y en avait tout simplement pas.

Stéphanot, philosophe, ne m'en veut pas. Il m'avait expliqué la veille combien c'était étrange, ces touristes dans Paris qui dés qu'ils voyaient des jeunes allaient vers eux leur demander des infos en anglais. Comme si d'être jeune suffisait pour couramment pratiquer.

- L'autre jour c'étaient des Chinois ou d'un pays comme ça, ils étaient près du collège, bien paumés (1), ils nous demandent un truc en anglais, avec les copains on n'a rien pigé.

Alors on leur a dit We are not speak english et puis ils ont compris qu'on savait pas.

[une pause]
Remarque c'était dommage peut-être qu'ils voulaient juste nous proposer 1 million d'euros, qu'ils savaient pas quoi en faire, et qu'en répondant ça on les a découragés.

Fataliste, j'avais répondu :

- Tu ne sauras jamais. En attendant, la prochaine fois tu peux dire

I don't speak english, ça sera pas plus mal.

L'air faussement accablé il s'exclame alors :

- Ah parce qu'en plus on a mal dit !

 

On a regardé ensemble le restant de film italien. J'aimais bien. J'ai pourtant sombré avant la fin. Rêves d'enclume sans paroles ni musique, et sous-titres encore moins.



(1) collège en bord de Seine au bout d'un coin de banlieue, rien de touristique à proximité, ni non plus d'hôtel, la présence de touristes en ces lieux avait de quoi surprendre.

[photo : quand on est dans le noir et qu'on ne comprend pas de quoi il peut s'agir]

Derrière un ballon toujours un enfant

un jour d'août 2004, en lointaine banlieue

 

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J'évite de prendre la voiture et surtout le volant. Je me sais sujette à de brutales chutes de tension. Un malaise si je marche ne fait tomber que moi. Le même si je conduis peut avoir des conséquences pour d'autres.

Il est cependant des trajets pour lesquels les transports en commun sont trop manquants ou compliqués, et quémander du voiturage est toujours gênant, même si l'on fournit véhicule et carburant.

Durant l'été 2004 mon père est mourant. De sa banlieue, grâce à un médecin de garde consciencieux et efficace (1) on a pu obtenir une hospitalisation dans une ville voisine.

Je me trouve donc conduite, ou justement pas, à effectuer des circuits entre trois villes de périphérie : celle où je loge, celle de l'hôpital, celle où ma mère habite ; le plus souvent en fin d'après-midi après l'usine qu'en ces périodes j'ai quitté tôt, ou bien aux jours libres en milieu d'après-midi.

Je suis souvent pressée, il s'agit de joindre le désespérant au désagréable, concilier l'aide aux uns, le secours à l'autre, l'intendance épuisante, et mes contraintes professionnelles (je ne dis même pas familiales, durant cette période mes enfants et le mari, je les ai laissés se débrouiller).

C'est un de ces jours-là sur une petite rue près de ce qui est encore chez mes parents mais plus pour très longtemps et je le sais déjà, que devant "mes" roues, surgit de l'espace entre des voitures sur ma droite garées serrées, un ballon. Un ballon de foot bondissant.

Plus vite que la réflexion, me revient cette injonction d'Ange Zaffran qu'un de ses fils m'a transmise (2) :

[si tu es au volant] "Quand tu croises un ballon, freine"

Je pile net. Je n'allais pas vite, dieu ou son absence merci. Et personne non plus derrière.

Un gosse surgit au même instant qui rattrape l'objet sans un regard pour moi ou ma petite auto, sans doute ne nous a-t-il pas même perçus, et repart d'où il venait. 7 ans, à tout casser. Un garçon je crois bien. Pas eu le temps d'en voir davantage.

" ... il y a forcément un enfant derrière."

Pas même eu le temps de penser la phrase en entier.

J'ai les jambes qui tremblent alors que je redémarre doucement, au pas. Mes tracas d'alors sont si lourds que j'oublie bien vite cette alerte. Peut-être même que dés en arrivant à ma destination proche j'avais comme effacé cet instant-là.

Si je n'avais pas eu une conduite globalement prudente, malgré l'urgence de mon trajet, si je n'avais pas eu cette chance qu'on m'ait transmis au préalable les mots qu'il fallait, l'accident aurait eu lieu.

Je n'aurais rien eu à me reprocher que d'être passée au mauvais endroit au mauvais moment. Le gamin n'avait pas à jouer au foot si près de la rue (venait-il du trottoir ? d'un jardin à la barrière ouverte ?), ni à surgir sans regarder entre deux véhicules garés.

Et pourtant, s'il s'était passé le moindre esquintement d'un être humain par la faute de ma présence, même s'il en était sorti réparable et vivant, je m'en serais voulu pour tout mon temps de reste.

Alors quand j'apprends qu'un homme conducteur du véhicule qui a causé peut-être le même jour, la mort d'un adolescent qui circulait à bicyclette, a intenté en justice une action contre les parents de sa victime pour réclamer l'argent de la réparation au motif que dans l'accident tous les torts n'étaient peut-être pas de son côté, j'ai beau savoir que l'humanité est ce qu'elle est (3) et que la démarche de ce type sied bien à la logique juridico-marchande de nos sociétés, je reste sidérée. Accablée. La mémoire, d'un coup, me revient. Précise, violente.

Et ce n'est rien par rapport à ce qu'ont dû éprouver les parents du défunt.

 

(1) Cela mériterait un jour un billet à part entière, le médecin obligé de plaider la cause d'un patient pourtant visiblement plus que très mal en point (la mort à l'oeuvre et ça se voit), au prétexte qu'on est en août un dimanche soir et qu'à part une détresse respiratoire engageant immédiatement le pronostic vital, il n'y a plus de place nulle part. Peut-être aussi que, le patient étant âgé et d'aucune fortune ni notoriété, sa survie n'est pas jugée au monde indispensable.
Cela dit, l'homme a réussi. (Et dire que j'étais trop secouée pour retenir son nom, pas même après pu remercier).

(2) ou plutôt nous a car je ne crois pas que ça soit au cours d'une conversation personnelle. Peut-être via "Légendes" ou "Plumes d'Ange" ? Je ne sais plus. La citation elle-même est peut-être imprécise. Mais après tout, n'avais-je pas retenu l'essentiel ?

(3) à ce sujet une très belle discussion en cours chez Samantdi après un de ses billets si bon(s) (au deux sens du terme).

[photo : à Montreuil, la mise en garde aux piétons doubles, novembre 2007]

Merci à Mar(c)tin d'avoir transmis.

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Un putain de parfum de fin

Hier, Denfert, au bord du soir

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J'arrive au ciné bien trop en avance. Le musée où j'étais allée m'éduquer fermait trop tôt pour que je puisse harmonieusement enchaîner l'un puis l'autre, et comme il fait bien trop froid pour se promener me voilà au café.

Parce qu'il bénéficie avec le cinéma d'une parfaite proximité je me retrouve ainsi là où il y eut deux ans en juin j'avais fêté en compagnie des copains du ciné-club dont je suis, une victoire inouïe, voulue et formidable.

J'étais alors heureuse et me croyais aimée, soutenue, entourée (1), n'avais pas encore croisé Michel Jouffreau, ce genre de rencontre réelle ou fictive qui survient dans la légèreté et qui fait qu'après tout a changé (2).

Le coeur serré je mesure que deux années sont passées, deux années vécues dans un brouillard épais, les doutes, la solitude ressentie et les difficultés. Deux années dont j'espère un jour être capable de retrouver les beautés, car il y en eut, et d'autres rencontres et du travail acharné qui si je dure finira par payer.

Une odeur abominable m'arrache à mes pensées. Je ne suis pas la seule à être incommodée, un homme qui à une table voisine dégustait un café, lève en même temps que moi les yeux vers celui qui vient d'entrer et qu'on prend pour sa source si rien ne vient nous détromper. J'identifie l'effluve suave, douceâtre, âcre et écoeurant de la mort laissée à l'oeuvre. Il provient de son manteau, qu'il a ôté comme un consommateur ordinaire et soigneusement plié sur le siège voisin du sien.

A quel macchabé l'a-t-il donc chouré ?

Le quidam commande un alcool que le serveur lui apporte avec un empressement suspect, puis feuillette un journal comme si de rien n'était. J'en suis à lui imaginer quelques existences fantastiques ou distraite (un médecin légiste qui par inadvertance en sortant se serait gouré ...) ce qui m'aide à tenir baissé le rideau de fer coupe-feu qu'à l'instant même où j'identifiais le parfum particulier j'ai mentalement baissé pour me prémunir de souvenirs malheureux et me dire qu'il doit n'avoir pas conscience de la nuisance émise, quand il allume un surprenant cigarillo, fort luxueux si on considère l'ensemble de sa mise, celle d'un type en costume fatigué, et le portant et le porté, après une journée harassante.

A une table voisine mais pas si proche quelques jeunes femmes qui avaient feint de ne rien remarquer à la première odeur froncent le nez à la fumée. Etrange société où certaines protestations sont admises quand d'autres aussi légitimes, non. 

Je renonce à tracer au buveur un destin de sérial-killeur à moins que débutant : aucune odeur même forte ne sait masquer la première fors la javel extrêmement concentrée (3).

Le serveur s'approche de l'homme, et demande à encaisser, comme il le fait ordinairement seulement en fin de service. La falourde désengourdie fouille sa poche, en sort la monnaie requise et éteint ce qu'il fumait, vide l'ultime goutte de son verre, puis renfile le pardessus puant, ce qui a pour effet de réactiver la diffusion de senteur, et s'escane sans demander son reste. 

Le garçon s'empresse de nettoyer la table libérée, frottant avec infiniment plus de conviction qu'il n'en mettra peu après pour la mienne, et l'apprête pour le dîner. Je me demande si les consommateurs suivants percevront quelque chose où s'il aura suffit de trois minutes et d'un chiffon efficace pour effacer toute trace du passage insupportable.

Lors de la séance de cinéma qui suivra, j'apprendrai la fin inéluctable du ciné-club dont je faisais partie depuis 20 ans au moins. Ce ne sera pas une surprise, depuis le rachat de l'usine par une autre plus fortunée, nous jouons à son sujet "Chronique d'une mort annoncée", mais à présent ont été prises les mesures administratives qui par ricochets rendront de l'association la survie impossible (à moins de l'apparition d'un mécène providentiel). Je pourrai ainsi (jouer à) croire que le consommateur malodorant n'était que le messager de la nouvelle mauvaise à venir.

Le besoin d'en parler à Wytejczk non pas du visiteur mais de la fin des films projetés, lui qui aimait tant que je les lui raconte après, car les séances étaient uniques et qu'aux mêmes heures il travaillait, sera si fort que je croirai le voir passer sur son scooter, alors que je sortirai. Je saurai qu'il n'en est rien.

L'étrange fumeur, lui, était vrai.

   

(1) Je parle de certains des tout proches, pas des amis fidèles qui me sont restés.

(2) J'ignore d'ailleurs si sans l'Hôtel j'aurais ouvert Traces et trajets ; j'étais alors encore dans l'optique de tenter d'écrire pour papier.

(3) Enfin je crois.

(4) A dire vrai, je songe encore, j'hésite mais je rétice, à tenter de joindre à ce sujet une des personnes IRL qui inspira ce personnage bien-aimé de coursier polonais, à moins que son frère ... Pourquoi déranger alors qu'il est (déjà) trop tard et que tant de problèmes plus cruciaux sont soulevés ?

La dédicace (fragile)

Mardi puis la semaine passée, Clichy, piscine

Cimg7693

billet non relu le 14/12/07 sur le coup de 19 h 15

Je fais ma crâneuse auprès de Stéphanot. Il est très difficile d'épater ce garçon, alors parfois, forcément ça me titille. Ma chance. De la tenter.

Je crois me souvenir que la seule chose qui l'ait jamais bluffé fut alors qu'il avait 8 ans de recevoir par l'intermédiaire d'une grande amie, un message personnel de Claude Ponti.

Ah et puis si, récemment, d'apparaître dans un beau livre sur le rabat des pages de couverture (par un étrange mystère adolescent les photos de l'intérieur lui ont fait moins d'effet).

Donc parfois ça me prend, j'essaie malgré tout de lui en boucher un coin.

Je n'y parviens jamais.

Mardi, j'ai encore tenté Alors mardi dernier, avec l'air de n'y pas toucher mais tellement appliqué que personne n'en est dupe :

- Tu sais Stéphanot, j'ai nagé ce matin dans la ligne voisine d'Alena Popchanka.

Je me garde bien d'ajouter qu'en crawl elle allait plus vite sans palmes que moi avec, quand on fait sa crâneuse on ne dit pas des choses comme ça.

Et puis de toutes façons il ne m'en laisse pas le temps, il éclate d'un grand rire.

Je veux bien échouer dans l'épatage tenté, en revanche je ne vois pas ce qui peut être drôle. Mon air perplexe et dépité, le pousse à s'expliquer :

- C'est Jérémy (1), c'est trop marrant.

J'attends une suite, mais il rigole tant qu'elle ne vient pas. J'esquisse un mouvement pour quitter la pièce, alors il fait entre deux hoquets de rire, l'effort de tenter quelques mots qu'il débite d'un seul trait avant qu'à nouveau l'hilarité n'ait le dessus :

- C'est Jérémy, la semaine dernière elle était là pendant qu'on s'entrainaît.

Je ne vois toujours pas le drôle du truc, ni non plus le lien entre Jérémy et Alena sauf qu'ils se sont croisés. Qu'a eu leur rencontre de comique à ce point ?

- Alors en fait elle nous a fait des dédicaces, et puis sur les serviettes aussi.

Et il repart de rire.

J'attends patiemment, même si déjà j'ai deviné.

- Mais il avait une seule serviette et il fallait bien qu'il s'essuie. Alors il a essayé d'utiliser l'autre coin, mais ça n'a pas marché, il avait froid il s'est essuyé fort ... et puis ... et puis ...

la dédicace elle est partie.

Fou rire parfait à la ressouvenance. Tenace et courageux, Stéphanot parvient à poursuivre :

Après, il avait une grande trace noire dans le dos.

   

moralité : pour les dédicaces, rien ne vaut les bouquins. Il est décidément moins facile d'être nageur qu'écrivain, et admirer les premiers n'est pas sans présenter de risque dermatologique.

(1) prénom de pure fiction et que je pique à l'un de mes chantiers en cours, dont le titre sans doute provisoire est "Jérémy, nageur" et dont le point de départ est digne d'un téléfilm pour ado. L'intérêt étant de tenter d'en faire tout autre chose.

A la demande du/des principal/ux intéressé(s) ce billet est passablement refictionalisé. N'en reste pas moins vrai que j'ai effectivement voisiné Alena Popchanka lors de mon petit entraînement de nageuse du dimanche et du mardi matin (c'était si beau à voir que j'en ai presque oublié d'avancer), et qu'une dédicace d'icelle s'est perdue au lavage à l'essuyage.

[photo : piscine de Clichy le 20/11/07 ]

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