aujourd'hui, appartement, région parisienne, dehors - 1°c, dedans j'en sais rien mais je supporte un rude gros pull à coll camionneur
Je dois le reconnaître : en cette fin d'année 2009, j'ai la vie belle comme je n'aurais jamais cru cela possible. Je travaille beaucoup mais à ma guise, ce qui est un privilège inouï et comme je reviens de loin, ce qui ne va pas ne va pas et puis voilà (1).
Quand on s'autorise enfin de vivre à pleins poumons et qu'on parvient à le faire sans trop de casse matérielle, déboule un effet de rattrapage épuisant mais inévitable : l'envie de profiter de tout ce dont on se privait - dans mon cas expos, ciné, littérature dans la ville, musique et musées -, de profiter des bons moments entre amis qui dans une vie d'adulte pourvue d'un labeur à heures fixes et d'une petite famille sont finalement très réduits, de se permettre soudain des déplacements qui autrefois auraient nécessité pour le congé correspondant trois autorisations hiérarchiques dont une au moins concédée comme une faveur et utilisée ultérieurement comme prétexte à une moindre prime ou nouvelle non-augmentation (sans parler de l'impact au budget familial à l'époque perpétuellement en danger) ;
- C'est quand votre présentation ? - La semaine d'après. - OK, si je trouve un train (2) je viens. Cette liberté que c'est de pouvoir le faire, cette liberté que c'est de pouvoir le faire sans avoir à en référer à une quelconque autorité, cette légèreté du mouvement ainsi décidé quand pendant si longtemps si longtemps les jours ressemblaient au même jour enfermé perpétuellement. Et soumis.
L'inconvénient, il y en a un au moins inévitablement, c'est que cette existence est trop rapide pour ma carcasse et fort défavorable à l'état de ma maison. Je m'efforce donc à quelques jours posés, bloqués, prévus à ne rien faire. Idéalement un tous les 10. En pratique, nettement moins. Aujourd'hui est le premier depuis le 18 novembre et quand je quitte des yeux l'écran je ne peux que constater combien ça se voit.
Alors je le lève et entame ma journée de repos.
1. Il faut vider les poubelles.
1.1 Rassembler celle du salon et de la salle de bain, les compacter avec celle non recyclable de la cuisine.
1.2 Récupérer les objets recyclables que les enfants laissent encore traîner (récolte du jour : canettes de saloperies sucrées ou petites bouteilles des mêmes choses = 1, bouteilles d'eau = 2, boîtes de céréales vides = 2), les mettre dans des sacs qui eux-mêmes le sont, car la poubelle recyclable principale déborde (forcément). Le hic c'est qu'elle déborde aussi en collectif dans la cour et qu'en fin de semaine avant passage spécifique des éboueurs nos efforts familiaux de tri s'achèvent bien souvent dans le tout-venant.
1.1.1 Ah zut, j'ai oublié l'annexe de la chambre. Tri rapide.
1.3 Puis descendre le tout.1.4 Et remonter.
2. Tant qu'à faire avec le courrier. Un peu décevant, ce dernier (un livre en retard et aucun de trois DVD attendus).
1.2.1 Damnaide ! Il restait une boîte vide de mouchoirs en papier qui au salon traînait.
3. Une lessive attend depuis la veille au soir d'être sortie de la machine.
3.1 Le cas du jour est un peu particulier puisque le séchoir m'est tombé dessus la veille, fil usé après de longues années de service. Dès lors à l'effort d'étendage classique, s'ajoute celui de trouver où donc ? Sur quoi ? Je sens que nous allons passer la Noël avec des guirlandes de linge sur le moindre support.
3.2 Préalable : ranger les vestiges du tour de sèche d'avant.
3.3 Ce qui induit entre autre, car deux pulls pure laine se sont froissés des conditions indignes de leur séchage, une courte session de repassage.
3.4 Et puis un peu d'acrobatie (cf. 2.1)
1. 2.3. Zut, encore une bouteille vide ! Mais que faisait-elle dans la zone de la table à repasser. Du fond de son collège Stéphanot le bienheureux ignore qu'il vient d'échapper à quelques reproches dûment motivés.
4. Au passage de ranger les pulls, je pense à mettre une plaque d'antimite dans l'armoire correspondante (3).
5. Je dégote dans la salle de bain une pièce de 2 € qui avait tenté d'y trouver asile. Raté ! Réintégrée dans le porte-monnaie.
5.1 Puisque me voilà de retour dans la cuisine, j'en profite pour boire un verre d'eau. C'est une tradition chez les blogueurs.
3.5 Bon an mal an, je parviens à caser mon singe linge.
6. Puisque la mezzanine me sert de support, j'en profite, tant qu'à grimper pour la et y ranger (quelques trucs).
(hors sujet) J'enlève mon soutien-gorge. Ne pas y voir un effet érotique secondaire des nobles tâches ménagères, non, c'est simplement qu'à force de sauter de liane en liane grimper partout pour suspendre le linge humide, je me suis rendue compte que devenu mou de l'élastique du dessous il n'exerçait plus en rien sa fonction. Si tant est que chez moi il ait grand chose à exercer d'ailleurs. À dégager.
7. Je change les draps du lit du fiston. Le pauvre garçon m'avait signalé prenant un jour l'air joyeux d'un vampire rassasié "Maman sur mes draps il y a du sang". J'avais cru qu'il venait de voir l'une de ces histoires à la mode au ciné ou à la télé et qu'il en plaisantait. Las, il m'indiquait simplement qu'une légère intervention chirurgicale qu'il avait subie au pied n'était pas sans conséquences collatérales sur la literie. C'est seulement hier soir quand il m'en a reparlé mais sans fantaisie que j'ai compris.
C'était ma rubrique Mère Indigne.
7.1 Ôter les draps sales et les déposer dans le tambour accueillant de la machine à laver tout frais dégagé de la précédente fournée.
7.2. Mais où avons-nous donc planqué les draps propres la dernière fois ? (4)
7.3 Draps retrouvés. Bien entendu pas les bons formats en premier.
7.4 Matelas retourné. Côté hiver tant qu'à faire.
7.5 Lit tout beau tout fait.
8. Puisque j'ai exhumé des draps de tous formats autant en profiter.
8.1 à 8.5 réitération des opérations 7.1 à 7.5 à tout autre couchage de la maison à l'exception de l'étape de recherche, déjà faite au préalable. Et puis en substituant à "tambour de la machine à laver", "panier de linge sale", car à présent le premier est plein.
8.6 Au passage je retrouve un très doux drap de lit d'enfant au très joli coton blanc dont j'avais oublié jusqu'à l'existence même.
8.7 Au passage aussi j'en ai profité pour faire un semblant de rangement des draps, très audacieusement par catégorie de taille de lit.Voilà, qui est fait. Mais cependant il est nuit close, je n'ai rien fait d'autre, pas écrit, pas ou peu répondu au courrier de messagerie, pas lu le livre dont le compte-rendu devient pressant et pas non plus retrouvé Jan (Karski).
À un moment j'ai mangé (mais quand ?).
Et puis il reste environ 10²⁴ choses à (ar)ranger dans cet appartement. Et comme un brin de nettoyage.
[photo : kitchen inside, this very morning]
(1) dans les mauvais moments c'est un peu plus compliqué que cela, sans parler de quelques séquelles des temps de tourments, mais en gros c'est ça.
(2) à pas cher dans la loterie étrange des tarifs TGV
(3) je ne sais à quelle tempête une si exceptionnelle action va nous exposer. Ma spécialité étant de penser régulièrement à acheter anti-mites et anti-cafards et de les ranger soigneusement dans le dessous d'évier dédié aux produits d'entretien. Je suppose que je suppose que les mites et les cafards vont spontanément fuir de peur devant une maison où leurs ennemis jurés sont stockés si régulièrement avec tant de soin.
(4) sans qu'elle y soit pour quelque chose directement, depuis que notre fille a pris ses quartiers d'altitude, le linge de maison a tendance à se terrer dans des zones inusitées. Jadis, avant, autrefois, au temps des Gaulois, les draps étaient tous rassemblés dans une zone précise des grands placards formidables (et d'origine) du cagibi.
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