Une fois de plus pas eu le temps d'écrire du moins par ici. Trop de billets juste esquissés. Trop de matière et pas assez d'instants préservés, ni d'énergie. Et pourtant en ce moment je suis privilégiée.Le billet footballistique d'une amie, m'a rappelé qu'il y a quelques jours j'avais participé chez Mar(c)tin à une série de Je me souviens. On se laisse toujours tenter par les Je me souviens.
Or j'y parlais de foot, un peu. Cette passion d'enfance et de jeunesse disparue dans les excès d'un sport devenu une bien étrange industrie et dans l'absence de pratique - le goût enfantin du "faire pareil" ne m'ayant jamais vraiment quitté, fonctionne aussi à l'envers, dès lors que je ne peux plus jouer, je me désintéresse, le tennis a suivi -. Brisée un soir où des gens sont morts, nombreux, pour être allés au stade, et que le match a quand même eu lieu, au prétexte de ne pas pouvoir évacuer la foule, mais probablement bien davantage parce que trop d'argent était en jeu (1).
Il y a aussi ce fait-divers qui concerne le foot mais pas que, et ne me laisse pas indifférente. À quelle maladie, à quel chagrin, à quel cumul aura cédé cet homme pourtant parvenu dans son métier, au plus haut niveau ?, sans que personne ne passe par là au moment où le sauver aurait été possible.
Donc, à défaut d'un vrai billet, cet exercice d'écriture. Qui dit exercice, dit part de fiction, ces mots sont, je l'espère, plus sombres que ma vie ou ma vie moins sombre qu'eux.
J'en ai profité pour corriger la faute qui traînait, défaire une majuscule, en faire une Note en tu (2) et insérer un pronom possessif. Toujours autant de mal à me relire avant d'envoyer, comme si toute mon énergie passait dans le premier effort fournit et puis après au lit, donc des fautes, oui, j'en fais.
(1) Lire à ce sujet le formidable "Dans la foule" de Laurent Mauvignier.
(2) C'est aussi pour tester l'effet fait, j'hésite beaucoup concernant un chantier en cours sur le pronom du narrateur, l'adresse éventuelle, ou jouer les omniscients.
Onze je me souviens et un je ne me souviens pas
1. Je me souviens du temps où "Plumes d'Ange" m'aidait à tenir le coup lors des journées "d'usine". Je recevais l'épisode du jour (par P.O.L. en feuilleton quotidien) en arrivant légèrement en avance le matin, l'imprimais si ça pouvait, puis le lisais par bribes lors des peu de pauses. L'internet à l'époque était encore trop cher pour qu'on l'ait chez soi. Ces lectures de contrebande ont infiniment compté. (encore merci)2. Je me souviens de ces longues années où les deux tiers de mon temps étaient aliénés. Je gagnais ma vie. Mais à quel prix ?3. Je me souviens que par deux fois mon grand frère d'élection m'a sauvé la vie. Je n'oublierai jamais. Je meurs facilement de chagrins d'amour.4. Je me souviens que 48 heures après le plus beau jour de ma vie j'ai complètement craqué : le bonheur, tout simplement, je n'étais pas amarinée. C'était pour une victoire collective. J'ai cru ces jours-là en l'humanité. Ça n'a pas pu durer.5. Je me souviens que la première fois que tu m'as écrit, c'était pour me citer un extrait d'un de mes blogs et me demander si j'étais bien celle qui. De stupéfaction j'ai failli tomber. Pourtant j'étais assise.6. Je me souviens que tu ne veux pas m'aimer. Je pleure : de mon côté, rien, vraiment rien ne s'y opposait et tout y était. Du tien, tout semblait s'accorder et, allez, avoue, tu as tout fait tout bien pour me charmer. Me fais-tu payer ton cruel passé ? Ne t'es-tu pas rendu compte de ce que tu tentais ?7. Je me souviens, je crois, que faire l'amour, c'était bon (très).8. Je me souviens que mes parents ne voulaient pas m'apprendre à lire avant l'école de peur de m'embrouiller. On peut faire les pires choses en croyant aider. Je me suis (bien) rattrapée depuis. Non mais.9. - Je me souviens que ma plus belle nuit d'amour c'était à Sienne, me réveiller soudain avant l'aube, m'habiller à tâtons et filer sur LA place. Le soleil se levait. C'était beau à en pleurer . - Quel rapport avec l'amour ? - C'est bien ça le problème.10. Je me souviens des livres qui ont changé ma vie. Toujours en bien. Ma liberté d'aujourd'hui, je la leur dois (et à quelques ami(e)s, ce qui ne s'oublie pas).11. Je me souviens qu'enfant, le foot fut ma passion ; comme pour tous mes copains du quartier. Quand Saint-Étienne gagnait, nos vies étaient belles. Je ne jouais pas si mal, tu sais ?1. Je ne me souviens pas d'à quel étage loge notre amie. Pendant les années où l'on se fréquentait, les temps chez elle ont tant compté. Alors cet oubli, quelle étrangeté.
(l'original étant là)
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