Ce n'est pas nouveau, ça ou là dans les albums-photos (virtuels ou non)
C'est la photo qu'on publie sur laquelle figure un groupe d'anonymes, ils ne sont pas le sujet, simplement des figurants d'autre chose qui nous intéressait.
Et quelqu'un nous dit, Mais je les connais les deux, là, ce sont des amis.
C'est une photo qu'on trie pour un grand ménage, autant dire longtemps après. Prise par exemple lors d'un salon du livre où l'on était présent afin de fournir ensuite des images pour le site de qui dédicaçait. On s'aperçoit alors, que la personne en face de l'ami(e) que volontairement on saisissait, est quelqu'un dont on a fait depuis connaissance alors qu'à ce moment-là on ignorait qui elle était.
Ce sont des photos argentiques développées en leur temps par un amateur presque bénévole de bonne volonté. Il le faisait le soir après son boulot, au lieu de lire, faire l'amour ou regarder la télé.
Alors parfois, sur les négatifs, il en a oubliées. Des images qui n'étaient ni plus réussies ni plus ratées que d'autres. Voilà des photos qui surgissent parfois 30 ans après, pour peu qu'on s'en donne la peine ; images toutes nouvelles d'un temps très ancien.
C'est une photo qu'on a prise de façades, au zoom, le soleil rasant leur offrait une lumière de beaux rêves. D'ailleurs on n'y voit pas grand chose : on l'a en pleine face. Mais on craint qu'un chagrin en efface le souvenir, on connaît notre appareil, on l'a bien en main, on prend le cliché au jugé. Plus tard on s'aperçoit qu'y figurait quelqu'un qu'on connaît, à l'une des fenêtres brièvement penché.
Ce sont aussi parfois des photos d'événements qui rassemblent une foule. On ne la prend pas de près. Vue d'ensemble. Et puis au moment de charger les images sur un album virtuel, de les organiser, on s'aperçoit qu'une scène de genre avait lieu au second plan des élans amoureux à l'engueulade définitive en passant par une mésaventure visible qu'un œil attentif saura repérer.
Le fantôme d'aujourd'hui m'a fait chaud au cœur.
[photo : la dame des toilettes de l'Imprévu de la rue d'Hauteville]
PS : Je vous assure que je n'ai vu ce billet d'Embruns qu'après (au moment où j'éteignais l'ordi en fait, avant de me mettre en route vers de nouvelles aventures.

