hic et nunc
Cet instant du dimanche soir où un geste signe notre capitulation, c'en est fait du week-end, il va falloir après quelques heures de sommeil se replonger dans la semaine et le travail ou sa recherche, mettre à nouveau de côté ce qui nous tient vraiment à cœur, reporter au suivant ce qu'on n'est pas parvenus à effectuer.
Cet instant du dimanche soir où l'on prépare le réveil, le téléphone, la radio afin qu'il sonne ou s'enclenche à l'heure dite. Quand il faudra attaquer le lundi.
Et bien souvent ne pas toucher terre avant le soir du vendredi.
Ma vie a changé, je n'ai plus un tel rythme. Plus vraiment. Entre l'écriture et le gagne-pain et la lutte contre les manques et le chagrin, c'est un feu continu sans autre trève que le sommeil où l'ensemble est retravaillé, je l'oublie mais le sais. L'écriture et le gagne-pain sont de bonnes choses, ce n'est que l'épuisement que je crains.
Il n'empêche que cet instant du dimanche soir où je vérifie le radio réveil, cet instant, fors en de devenues très rares vacances, ne m'a pas lâchée.
Je suis pour toujours et à jamais la fille qui aimerait un jour de plus au week-end pour pouvoir enfin vraiment faire l'amour ou me reposer.

