au coin de la rue, jeudi fin de matinée
Je marche vite, j'ai rendez-vous et compte "descendre" en vélib, d'où la nécessité d'un quart d'heure à l'avance en cas de mal à se garer (1). Au tournant du trottoir il s'en faut donc de peu que je ne percute cet homme de noir vêtu, pourtant piéton mais tout casqué et qui marche de long en large. Le téléphone est dans le casque, d'où qu'il ne l'a pas posé mais sans doute si le scooter assorti, le temps de prendre ce coup de fil dont je n'entends qu'une phrase au ton ferme et sans riposte :
- Il est vrai qu'on ne peut pas dire que cet appartement soit un summum de calme.
J'éclate de rire tout en filant, ce qui passe inaperçu, trop absorbé qu'il est, agent immobilier ?, dans la poursuite curieuse de sa conversation, homme transformé en cabine téléphonique dont il a l'exclusivité.
J'aurais pu avoir mal si nous nous étions percutés.
(1) Ce qui ne fut pas un luxe : deux stations complètes et la 3ème, plus loin, j'y ai pris le dernier plot malgré ce petit coup de chance dans la malchance. Résultat : 10 mn de retard.
[photo : peu après]
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