ce matin au courrier de la vieille poste, celui que dans l'immeuble on va chercher en bas.
Tout un lot d'enveloppes sérieuses, par une ficelle soigneusement nouées. Usual stuff, factures et relevés.
Parmi ce qu'elles contiennent un lot de jolis papiers colorés de la part de ma banque qui me propose un fabuleux agenda, en cuir, design féminin, en rouge ou noir au choix, tout ça tout ça, présenté sur un mode On vous l'offre pour récompenser votre fidélité (1). Il ne m'en coûtera que 5,90€ de frais d'envois et en tout petit ... la première année. En y regardant de plus près, car cette précision intrigue, accepter l'offre revient à s'engager à en recevoir un tous les ans pour la somme d'un nombre d'euros suffisants pour en trouver un beau dans le commerce, prélèvement automatique sauf à penser à temps de résilier cet abonnement. L'anarque est subtile : tout est tout bien écrit, mais néanmoins présenté de façon à induire la cliente pressée en erreur, qui aura lu trop vite, cru qu'on lui envoyait vraiment un agenda offert, qu'il suffisait de remplir le bon.
L'enveloppe voisine est de toute sobriété, pas de couleurs, essentiellement du texte. Et un carnet. Tout simple, aux feuilles blanches, le format idéal pour un petit sac ou une poche, avoir ainsi de quoi noter. Il est complété par un appel aux dons. C'est le mémorial de la shoah qui l'envoie, où je vais parfois écouter des conférences. Je fais partie des vieux humanistes ringards qui croient encore que transmettre peut permettre d'éviter le retour du pire. Et à part une pandémie mortelle générale ou une guerre nucléaire, le pire c'est quand un groupe d'humains décide d'en décimer un autre de façon industrialisée. Et y parvient.
Le contraste entre les deux envois n'aurait pas pu être plus saisissant.
J'ai jeté l'un et conservé de l'autre les documents qui pourraient me permettre d'aider si jamais un jour la fortune me souriait. Quant au carnet, il servira.
(1) Je veux que je suis fidèle, pendant plus de 20 ans j'y bossais, bien obligée d'y avoir au moins un compte pour y recevoir ma paie. Après, je suis restée.

