mardi, bas des Champs (Élysées, Paris)
Ici ou là [lien à retrouver] on constate que les humains du moins en nos occidentales contrées, lisent de moins en moins.
Je passais rapidement au théâtre du Rond Point acheter des places complémentaires à l'abonnement prévu (1), marchais donc d'un pas pour moi vif (2) en sa direction, coupant par un chemin plutôt que de longer les Champs Élysées, bruyants.
Le long du chemin des bancs. Huit bancs (j'ai compté (après)). Tous à la fois vides et occupés puisqu'ils contenaient exactement chacun une et une seule personne.
C'est cette configuration qui m'a d'abord amusée avant que me saisisse une impression de fatigue. Non pas ma fatigue, à laquelle je suis habituée, mais bien une lassitude généralisée.
Soudain j'ai compris. Sur les huit personnes, trois dormaient, hommes de tout leur long, femme assise et droite mais bien les yeux fermés.
C'est alors que j'ai pensé : Lit-on encore ? Et regardé.
À part les trois dormeurs, j'ai pu dénombrer une mangeuse (sandwich, sans doute sa pause-déjeuner quoi qu'un peu décalée puisque l'après-midi s'entamait), un téléphoneur dont l'air sérieux, tendu et concentré laissait à supposer que l'appel était pro., un autre qui lisait des documents d'apparence professionnelle, feuilles format A4 reliées en "boudins", et quand même deux qui lisaient des romans. Si je mets les dormeurs de côté qui semblaient surtout épuisés, ces deux-là étaient les seuls à avoir l'air serein voire même un peu joyeux.
Tout n'est peut-être pas perdu du plaisir des mots.
(1) Ce qui s'avéra impossible es-qualité, s'en souvenir pour une prochaine fois, faire le tour des (po)potes avant d'acquérir les billets de l'ensemble de l'abonnement. Il s'agit probablement d'une restriction destinée à éviter les trafics, mais elle pénalise les familles et les petits lots d'amis.
(2) C'est à dire en fait sans doute relativement lent, je suis quelqu'un à basse tension.
[photo : sur place mais un peu après]
030611 - 1625

