Lu ce matin dans le train
Je ne suis pas collectionneuse de cartes postales anciennes, ni d'au fond rien vraiment, mais je ne dédaigne pas le plaisir d'en regarder aux brocantes, d'en déchiffrer de temps en temps, voire d'en acheter une dont l'image, le texte émouvant ou leur association m'auront ravie.
J'avais bien remarqué qu'étrangement pour parfois la même période et le même lot de destination (cartes envoyées d'un bord de mer français à Paris par exemple), le prix du timbre variait du simple au double. J'avais également remarqué que certaines cartes de la première partie du siècle dernier étaient si peu locaces ("Bons baisers de Jolievilleduborddemer") que ça valait peu la peine prise de l'envoi.
Devant la première perplexité j'avais imaginé un tarif lent très lent et rapide très sérieux avec des garanties d'arrivée. Devant la seconde le fait que l'écrit mettait peut-être nos aïeux mal-à-l'aise qui dans la vie de tous les jours n'y avaient pas tant recours.
Ce matin alors que je lisais dans mon petit bout de train de banlieue que j'emprunte quand je veux croire que je n'habite pas Paris même, grâce à Robert Bober (1) le double mystère fut résolu.
"[...] et dans une boîte, plus soigneusement classé, tout un lot de cartes postales timbrées d'une semeuse. Dix centimes pour les rouges, cinq centimes pour les vertes. "Ça dépend du nombre de mots, explique le marchand. Bons baisers de Nice, c'est cinq centimes, et dix si on raconte sa vie. La signature, ça compte pas pour un mot."
Ça n'est pas si éloigné quoique moins rapide (2) nos MMS et autres textos.
Je me coucherai ce soir moins ignare qu'au matin. Merci Robert !
(1) et son "On ne peut plus dormir tranquille quand on a une fois ouvert les yeux" qui me régale aujourd'hui. Par exemple et entre autres.
(2) encore que

