Tout a commencé par un rocher Suchard. Hélas au lait, je n'en mange pas. Cependant j'ai aimé comme il me fut offert : un jeune et beau facteur qui non seulement monta jusqu'à notre étage me livrer un paquet de produits commandés (1), mais qui profitant de mon instant d'hésitation (Mais que peut bien contenir cette boîte ?) car elle était inhabituelle, me le tendit soudain.
- Vous le voulez ? me fit-il. C'est une de mes clientes. Elle m'en offre à chaque fois (geste de : et je ne sais pas quoi en faire, moi).
Je venais de passer un dimanche de rêve, quatre jours plus tôt, je croyais à nouveau à un bonheur possible, j'ai pu sourire en grand.
Et l'homme en fut content.
Plus tard j'allais à un cours de danse. Sis presque sur les grands boulevards. Et effectivement ce jour en particulier il y eut tant de choses, ♪ ♫ tant de choses à voir ♪ ♫.
D'abord deux clochards qui à l'ombre d'une agence du Crédit Lyonnais, sur une couverture confortablement installés, non loin des distributeurs de billets, jouaient aux échecs. Sérieux et très concentrés. Ils en oubliaient de faire la manche et c'est ça je crois qui m'a étonnée. La beauté classique aussi, de leur échiquier en joli bois des îles (ou pas).
Puis devant un théâtre des personnes attablées.
La table bien sûr appartenait au café voisin. Elle en était cependant si écartée qu'elle donnait bien davantage l'impression de dépendre du premier.
Devant un autre théâtre une affiche un peu curieuse constituée seulement de descendants (dont l'un que je croyais pilote automobile). À l'heure où le fils ainé de personnes que j'aime s'apprête à publier son premier roman, j'y vois comme un signe (mais de quoi, au fond ? D'un monopole ou de belles vocations ?)
Passèrent alors deux femmes, dont je ne saurais mesurer la beauté, grandes échalantes et blondes elles auraient sans doute plu à celui que je rebute. Mais leur démarche était sans grâce, et relativement molle. Ce qui était avant tout remarquable était leur ressemblance extrême, leur gemmellité, mais que d'une façon étonnante elles avaient conservée comme l'ont les enfants (2).
Pour parachever la collection, il y eut également ce spectacle exotique d'un 4x4 en pleine crevaison, devant le club de sport, ce qui donnait envie de rire quant aux capacités réelles du véhicule à traverser les chemins creux, quand la rue du faubourg Poissonnière suffisait à lui être fatale.
J'aurais tant aimé partager ces distractions avec une régionale de l'arrondissement ou l'un de ses anciens amants, hélas ni l'un ni l'autre n'étaient présents.
[photo : in situ, toutes]
(1) lesquels mériteraient un autre billet dans la série, je ne suis pas au monde vraiment adaptée.
(2) J'entends par là que souvent la vie attaque de façon différente les jumeaux et que passé un certain âge ils se trouvent différents car autrement marqués.
billet esquissé le 30 juillet, au retour de cette fameuse journée, mais mis en ligne (et complété) le 11/08/09

