dimanche soir, sur le balcon (mais au casque, j'ai des voisins)
Voilà qu'on s'aperçoit que la mort subite d'un chanteur-danseur pop, non contente de nous révéler certains aspects de la ménopause, permet d'affiner certaines définitions. Comme le faisait récemment remarquer un ami qui se reconnaîtra (s'il passe), être vieux désormais, c'est avoir connu Michaël Jackson noir.
Un petit coup de nostalgie du dimanche (1) m'ayant fait ce soir rechercher un disque de "Thriller", je me suis rendue compte qu'être vraiment vieille, c'était non seulement d'avoir connu l'artiste en son aspect d'origine nez inclus (2), mais d'avoir ses premiers disques en vinyl, voire sur cassettes audio.
Il était étrange de constater combien j'avais au fond peu habité ma maison ces cinq dernières années. Il y a eu celles qui précédaient, de trop de travail, bien trop de travail salarié par rapport au tarif où j'étais payée. Le peu d'énergie qui restait alors pour ranger.
Celles depuis l'écriture où chaque autre activité s'est trouvée mise à temps compté. Celles des chagrins. Peu de forces pour s'organiser. J'étais là, mais ailleurs. Et à part le lit, mon lieu est la cuisine ; quand celui de Stéphanot est le salon, au coin de la télé et de l'ordinateur fixe qu'il faudra remplacer.
Si les livres ont su conserver certaines logiques dans leurs déclassements, les disques se sont trouvés certes rassemblés par zone dans des meubles adéquats, mais par strates temporelles dont j'avais perdu jusqu'au souvenir.
Les années 80 sont dans le salon, près de la chaîne hi-fi, jadis allumée en permanence au moins sur la radio, désormais éteinte les 3/4 du temps. Les années 90 ont prospéré sur un billy de ma chambre, près du radio-réveil-cassette-CD ou je les écoutais alors pour me reposer. Le XXIème siècle a vu l'avènement de la cuisine en bureau et des ordinateurs comme lieux d'écoute. Les CD récents y vivotent donc, dans un joli meuble de récupération. Quelques écoutes désordonnées et mal remises en place font exception à cette savante désorganisation, qui fait que du coup un artiste de bonne longévité, où dont j'ai acquis les enregistrements en des temps séparés, voit son oeuvre éparpillée façon puzzle aux quatre coins de l'appartement.
J'ai donc cherché les "J" (subsistent les traces d'un classement qui en chaque lieu fut alphabétique), suis tombée sur "Bad" (quand même je m'étais modernisée depuis le précédent), ai trouvé un disque de Janet (soeur de) dont le souvenir était totalement effacé (3), tant de l'achat que des airs qu'il contient et juste à côté un double et étrange CD de Tangos revisités qu'intriguée, je me mets non sans plaisir à écouter.
[photo : in situ]
(1) Contrairement à un logique espoir, le fait d'être délivrée de tout job alimentaire ne dispense pas d'un petit coup de blues dominical insidieux, aux alentours de 19 heures l'été et 17 l'hiver. On n'efface pas en quelques mois de bonheur une quarantaine d'année de lundi laborieux (en comptant la scolarité).
(2) Ça restera un mystère pour moi, ce choix qu'il a fait de s'enlaidir alors que jeune il était si beau.
(3) Peut-être qu'au cours de danse nous avions travaillé sur l'un de ses morceaux (?).


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