Cet après-midi, gare de Clichy
En notre petite gare existent pourtant trois quais. Le trafic vers Nanterre ou Paris Saint Lazare s'effectue sur le B. En période de travaux le C est activé. J'ai dû descendre une seule fois au A, sans doute un train inhabituel de très tard le soir.
J'arrive sans savoir à l'avance l'horaire du train prochain, en creux d'après-midi il faut compter entre 0 et 15 à 17 minutes selon qu'on est chanceux ou non.
A peine arrivée en haut du quai B, je comprends que ça sera probablement un jour seconde option. Des voyageurs sont en effet répartis équitablement entre le B et le C.
Une jeune femme me demande, Pour Saint Lazare, c'est lequel ? Et je ne peux que lui dire qu'habituellement c'est sur le B, mais que la présence de voyageurs de l'autre côté me met un doute solide. Elle a le bon goût de ne pas me reprocher mon ignorance (1).
Pour autant l'affichage des écrans du B est tout à fait normal et le prochain train vers Paris passer dans 7 minutes.
Peut-être que ce sont les Nanterre qui sont en jour C ? Et pas ceux vers la capitale ?
Un homme sur le C, indique le contraire. Aujourd'hui c'est sur le C. Il a l'air sûr de lui. Alors on y va. Je maugrée intérieurement, l'hésitation tombe un jour où je suis chargée et la volée de marche n'est pas à négliger.
Les écrans du quai C sont muets. Un train vers Nanterre s'y est bien arrêté qui a embarqué la plupart des voyageurs qui attendaient là.
Peut-être que pour Paris c'est comme d'habitude au B. Sinon, quand même quelque chose serait indiqué.
Le haut parleur nous informe alors que le prochain train pour Paris partira du quai B et le répète sans ambiguïté. Nous effectuons donc une nouvelle transhumance du C vers le B.
Train à l'approche nous dit l'écran. Et nous le voyons qui effectivement s'approche et ... s'enfile vers le C. Un type pourtant pas jeune, traverse en pleine voie. Un autre pourtant jeune, s'efforce de le retenir, Faites pas ça (c'est juste un train). Une employée de la SNCF, en uniforme d'été fonce voir le conducteur qui du coup attend. Voyant qu'ils ont une chance, les voyageurs s'engouffrent dans les escaliers descendants pour remonter de l'autre côté avant qu'il ne reparte.
Et moi qui viens de revoir le film dont la scène d'ouverture n'est autre que celle-ci à l'intelligibilité du haut-parleur près, je suis tellement fendue de rire, que j'ai failli ne pas parvenir avec mon gros sac à remonter sur le bon quai. J'ai dû être l'avant-dernière personne à pouvoir dans un wagon m'engouffrer avant qu'il ne parte.
Peu de cinéphiles parmi mes co-transportés, j'étais la seule rendue hilare, les autres rouspétaient ou s'étonnaient. La seule sans doute à hasarder une communication mentale avec l'au-delà, Regardez, Jacques, ils l'ont fait !
J'aurais tant aimé qu'il puisse entendre et voir, qu'en 2009 son gag si parfaitement se poursuivait.
(1) Un de mes billets resté en esquisse mais non publié parlait entre autre de tous ceux qui vous demandent leur chemin et manifestent un grand mécontentement quand on ne peut les renseigner. Celle-ci au moins aura fait l'effort de ne pas se formaliser que mon ignorance vaille la sienne.
[photo prise un jour de juin : ce qu'on voit du quai C]


C'est vrai que les gags de Tati traversent le temps sans vieillir (d'ailleurs, cette machine verte assortie au canapé de Mme Arpel me réjouit toujours, à distance).
Je crois que j'aurais ri avec toi, une fois hissée dans le train !
Rédigé par: Anne | 17 juillet 2009 à 09:13
J'aurais partagé ton rire aussi !
Rédigé par: Fauvette | 17 juillet 2009 à 13:45
@Anne "une fois hissée dans le train" : je reconnais là toute ta sagesse ! Moi je n'ai pas pu m'empêcher de commencer avant.
@Fauvette : Il te reste à venir habiter Clichy :-).
Rédigé par: gilda | 19 juillet 2009 à 08:17
Après avoir vu plusieurs fois Les vacances de Monsieur Hulot sur tous formats d'écrans, de ma TV au Max Linder, je regrette que Tati n'en ai pas fait une série de courts métrages.
Je referai un essai de vision dans 25 ans.
Rédigé par: Jean-Marc | 19 juillet 2009 à 23:22