Comme les autres années
Ces jours derniers par ici
Il fait trop froid pour moi et le manque d'énergie induit me met en retard dans tout ce que je fais.
Je suis donc comme à l'ordinaire en train de copieusement décevoir pour les voeux, tendant comme ça peut de répondre aux amis, aux cousins qui m'en envoient mais déjà en retard pour la plupart d'entre eux. Pardon par avance à ceux qui pourraient se sentir négligés. Je manque de force et d'organisation. Ce dernier point devrait s'arranger quand je serai libérée d'une de mes contraintes que l'excès de celle-ci a garni d'absurdité.
Je fonctionne en années scolaires ou saisons de théâtre, en années civiles pas tant que ça. Cependant partout, l'heure est aux bilans. Que retiendrais-je de 2008 à titre privé ? Des rencontres formidables, la chaleur de l'amitié, que ni elle ni l'amour ne sont dépourvus de sens (1), de l'art, des beautés, des opéras, l'éveil de mon fiston au vrai cinéma, de bonnes nouvelles de ma santé malgré une sérieuse alerte en février et des veilles désormais nécessaires, et celle des miens qui va bien - si seulement on pouvait ainsi continuer -.
Un nouveau chantier d'écriture, dont je me serais bien passé mais que ce qui ne va pas, ce qui est resté incompris et irrésolu rend hélas incontournable. Le retard, dans les autres, accru.
Toutes sortes de tentatives pour tenter de sortir du chagrin, pour l'instant en vain. Un film qui m'a aidée tout en me donnant la nausée.
Et c'est pour ça sans doute que l'écriture est inévitable : la situation subie, de mon point de vue, probablement trop partiel (2), n'a pas de sens. A tel point que tout le reste s'en trouve contaminé. Par le doute, la confiance ruinée.
Des livres lus, ils tissent ma vie qu'elle soit en phase active ou bien de perdition.
Des récompenses pour ceux que j'aime : je pense en particulier à un film de Pierre Trividic et Patrick Mario Bernard (dont l'actrice principale Dominique Blanc a reçu una coppa volpi à la Mostra di Venezia), je pense aux "Mains gamines" d'Emmanuelle Pagano. Si je suis peu sensible aux distinctions mêmes (en raison de mon passé professionnel) je le suis au fait qu'ils pourront les uns et les autres travailler sans doute ensuite un temps au moins dans de meilleures conditions et que ces deux cas précis sont porteurs d'espoir : on peut donc créer sans se soucier de formatage, sans concéder au "bien penser", et que la qualité soit quand même reconnue. J'étais tout près de croire que ça ne se pouvait plus. J'ai été heureuse aussi cette année que les prix SCNF du polar aillent aux bonnes personnes.
De belles retrouvailles - merci l'internet -.
D'avoir lu Proust et Cécile Wajsbrot à voix haute et d'avoir aimé.
En revanche de s'être fait voler un violon et d'en éprouver plus de peine que pour tout autre objet (4).
Pour ceux qui ont accès, l'année 2008 de Pierre Ménard publiée en "diapoésie" (terme d'une des commentatrices) sur facebook me semble infiniment plus intéressante que la mienne.
Si j'en ai le courage et le temps, je répondrai peut-être au questionnaire listé trouvé chez Elise Titane ; tenter un bilan à l'aide de critères simples et univoques peut parfois aider à se remettre en place les idées.
De l'état du monde, et pour ne pas désespérer tant je me sens impuissante devant la paix en recul, la planète par notre faute d'humains en train de s'épuiser, les éléments de justice sociale et humanisme aux siècles précédents si durement gagnés en train d'être anéanti par certains pour leurs profits (3), je voudrais ne garder qu'une victoire électorale dont, rendue sceptique et craintive par l'expérience, je n'attends pas plus que ça mais dont la réalité même est porteuse d'espoir au moins contre les ségrégations qui régnaient encore si fort lorsque j'étais enfant.
(1) contrairement à ce que j'en étais venue à croire à force d'encaisser.
(2) ce sentiment persistant que comme dans les meilleurs whodunit il me manque un élément, une clef, que quelque chose que j'ignore engendre mon incompréhension et de la mon désarroi.
(3) où limiter les pertes que leur avidité a provoquées.
(4) en plus qu'aucun remboursement en vue pour l'instant et pas les moyens d'en racheter un. De toutes façons ça ne sera pas Lui, son son personnel, son toucher.
[photo : Clichy La Garenne, patinoire annuelle autour du kiosque à musique, hier soir]
Bonus track spécial blogosphère :
merci à celle ou celui qui d'Alsace est arrivé par ici en recherchant "Caprices c'est fini". Pour remercier de la pinte de rire, voici l'original :
Bizarrement filmé à Chambord mais bon Capri c'est loin. Dans les années 60 le TGV n'était pas au point.
merci aussi à qui m'a permis de constater qu'en tapant "bonheur de lecture" on arrivait chez moi en 8ème position sur 4 020 000. Non pas au sens que j'en offre mais à celui qu'au fond, sans doute, je l'évoque sans arrêt. Je dois aux livres d'être encore là.


En voilà un beau bilan, fort bien mené !
"Bonheur de lecture" te va on ne peut mieux...
Rédigé par: Milky | 04 janvier 2009 at 10:51
Quelques pensées bretonnes et heureuses pour toi, chère Gilda (il y a moi, dans ma besace 2008, quelques jolis souvenirs de déjeuners - indiens ou pas - et conférences amicales)
Je te souhaite moult belles et bonnes choses en 2009
Des bises
Rédigé par: Traou | 04 janvier 2009 at 16:48
Oh Traou, je te croyais "unpluggued" ou quasi. Merci d'être passée alors que c'est peut-être compliqué.
Et belle et bonne année à toi aussi (du coup je vais aller voir "chez toi" si tu as écrit, mon agrégateur est lent parfois)
Rédigé par: gilda | 04 janvier 2009 at 16:53
Il fait trop froid tu as raison. C'est un temps à rester devant son clavier.
A nouveau bonne année, et surtout écris, écris, pour notre plus grand plaisir.
Rédigé par: Fauvette | 04 janvier 2009 at 20:51
Merci Milky, oui ce bonheur là je ne l'ai pas perdu, celui-là n'a pas fuit.
Merci Fauvette, oui cette année j'ai décidé de m'y tenir contre vents et marées, même si le projet sur lequel je marne depuis septembre me pose bien des questions et m'oblige à aller là où je ne voulais pas.
Rédigé par: gilda | 04 janvier 2009 at 21:19