Luxe, calme et ...
Ces deux derniers jours, à Lille
Passer en une heure de TGV d'un appartement vieux à la cuisine impraticable au luxe égoïste d'un 5 étoiles est une expérience étrange. Quand on commence enfin à ne pas se sentir trop téléportés, il est temps de rentrer.
Il fait si froid, j'empile 5 pulls, un chaud chapeau d'opéra ainsi que deux capuches, deux paires de chaussettes et tout à l'avenant. Moyennant quoi je parviens à arpenter la ville sans défaillir ni grelotter. Mais en rentrant au chaud je m'effondre, épuisée et comme exsangue dans un sens littéral : les basses températures sont mes mortels vampires. Toute l'énergie disponible passe dans une tentative de chauffage du corps, plus rien pour le cerveau, tout pour la simple survie. Comment ont fait mes ancêtres ?
Deux des malts étaient formidables. Les autres, j'ai (déjà) oublié.
La présentation est parfaite. Dommage que quelques-uns ne parlent pas anglais. On perd du temps et eux l'humour, que la traduction à la volée ne peut pas transmettre.
Il faudra se souvenir du Bistrot Lillois, ses fricadelles et son patois. Dire qu'il aura fallu un gros film pour rendre aux gens une fierté d'être de là.
Je me réjouis d'une réponse, d'un mot aussi sur facebook, comme un instant de solitude rompue. Comme ça fait du bien. Une soirée et une nuit, je vais mieux, jusqu'au fond de mes rêves.
Belles rencontres. Etrange situation que d'en savoir davantage que les organisateurs mêmes. Prise en flagrant délit de n'être pas simplement ce qu'ils croyaient, je me tais.
Pourtant pas tout à fait dupe : elle n'était pas pour moi, n'est-ce pas ?
Règle de prudence : ne jamais parler d'une activité qu'on aime et qu'on pratique à un collègue de bureau même des plus sympas. Il risquera en effet, s'il est est à son tour ravi, d'en parler à d'autres qu'on supporte avec peine ou qui vous ont nui par le passé. Dés lors vous verrez ces derniers rappliquer aux événements communs, polluant par leur présence ce qui détendait bien. Par dessus le marché les amis associatifs affligés par sa pesanteur : Mais c'est toi qui lui en a parlé ? Et dubitatifs (ce qui est rassurant) : mais lui, là, c'est un ami ? - Non, un subi. Et ici aussi.
Dans les rue une ambiance festive. Tout le monde fait-il semblant d'avoir encore un peu d'argent ?
J'achète de menus cadeaux pour les enfants. Pas moyen de mieux faire. Malheureusement.
L'image d'une bien-aimée dans un livre que j'ai feuilleté et comme si c'était déclencheur son texto peu après.
Pour vérification scientifique de cette jolie magie, j'aurais dû ouvrir, mais cette fois-ci exprès d'autres livres concernant d'autres personnes et voir si elles aussi se sentaient appelées.
Malgré la fatigue une grande légèreté.
Et une certitude calme. Les éléments épars vont enfin s'emboiter et 2009 sera une année en fusée. Il faudra s'accrocher mais plus rien ne m'effraie (1).
Finalement il fait beau mais nous devons partir.
Chargés. Heureux d'avoir pu reprendre notre souffle, le temps d'une brève escale. Heureux et (un peu) réparés.
(1) fors la souffrance physique des maux sans issue et la cruauté sans pitié des humains.


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