Directement le gel douche
Mardi soir, retour d'usine

(et billet plus tard parce que
damnaide, j'avais pas vu l'heure)
Je sors de l'usine a une heure raisonnable. Il fait gris. Pas si froid mais on croirait l'automne.
Munie d'un bon livre (1) j'opte pour le métro.
Effet de rentrée ou incident technique, il est bondé. Une heure de pointe, une vraie.
Difficile d'ouvrir le livre. Je me souviens alors d'un achat vers Montmartre pour lequel sagement j'attendais septembre, qu'on y est, que l'heure le rend peut-être possible ; changement de direction.
J'arrive à temps, trouve ce que je cherchais, à un marchand de journaux achète non sans émotion un magazine que je guettais, puis prends cette fois-ci sans détours le chemin de la maison.
Il fait très gris (décidément).
Le métro d'où je suis nécessiterait des correspondances, et puis la ligne 13 archi-pleine j'aime autant éviter. Je choisis donc la solution vélib sans me poser plus de questions.
J'aurais dû.
Trois rues à peine parcourues que la pluie, non pas fine et discrète mais durable et drue se met à tomber. Les passants se hâtent de se protéger. Je n'hésite pas : au point où j'en suis autant rentrer. Le seul problème étant que ce jour-là j'ai mes lunettes et que je n'y vois goutte ou que j'en vois trop. Je prends donc le risque nécessaire de ranger les binocles, et rouler à (mauvaise) vue.
D'autant plus lentement.
La pluie s'affirme.
La veste vaguement imperméable dont j'étais pourvue capitule.
J'arrive cependant jusqu'à chez moi sans encombre. Sur la distance entre la station vélib et l'appartement, mes souliers font floc floc et le pantalon imbibé de flotte gêne chacun de mes pas.
Dans l'ascenseur mes sacs et moi laissons une flaque d'eau en souvenir, me rappelant d'enfantines histoires de bonshommes de neige fondus.
Mais moi je ne fonds pas.
C'est juste que quand j'ai ouvert la porte, un Stéphanot goguenard m'a accueillie. Il trouvait (et pour cause) que je commençais à tarder et au bruit de la clef s'était précipité.
D'un regard appréciateur il a évalué l'étendue des dégâts puis conclu, laconique :
- Directement le gel douche !
Aux vêtements près, que j'ai dû ôter, c'était préférable, il n'avait pas tort.
Les livres mieux protégés par leur sac, n'avaient pas morflés. Quant au magazine, j'ai attendu qu'il sèche pour pouvoir m'y jeter (2).
(1) "Le jeudi à Ostende" de Colette Cambier
(2) Sur le travail d'écrire l'entretien avec Emmanuelle Pagano est un document que je garderai à portée de mains pour relecture quand je me sentirai vasouiller. Il me semble que ses propos ont été respectés. Ils correspondent à son travail.
[photo : ciel gris, juste avant, assez près des Abbesses]


T'es resté coincée sous la douche à cause du gel ? ;-) Allez, on veut en rire avec toi ! :-)
Rédigé par: Pablo | 06 septembre 2008 at 13:34
Ne gaspille pas trop l'eau gilda !
Rédigé par: Fauvette | 06 septembre 2008 at 13:58
Oui, oui, j'arrive, j'étais juste par ailleurs un peu trop occupée.
Rédigé par: gilda | 07 septembre 2008 at 20:07
Ah, la réception de Stéphanot a été sublime ! Et malgré la lourdeur grandissante des vêtements, je suis sûr qu'à un certain moment peut-être fugace de ton trajet en vélo, tu as dû te sentir aussi purifiée qu'une indienne sous la mousson... (je cherche à tout hasard "sous la mousson" sur google et je trouve cette photo http://www.visoterra.com/images/original/femme-sous-la-mousson-visoterra-11860.jpg qui est peut-être une indication de la tenue à porter en cas de forte pluie parisienne...)
Rédigé par: Pablo | 08 septembre 2008 at 15:55
((j'aurais plutôt dû donner comme reférence : http://www.visoterra.com/photos-voyage/femme-sous-la-mousson.html – "femme sous la mousson" – ))
Rédigé par: Pablo | 08 septembre 2008 at 15:58