I've got a cake to cook
yesterday all my troubles were so far away
atte zeu supermarquette
Qui veut savoir quelle caisse de supermarché arrive au bout du rouleau, quelle cliente précédente aura un souci de paiement, quels produits seront munis d'un code barre dysfonctionnel, quelle personne préalable aura soudain la mémoire d'un article manquant qui lui reviendra in extremis - Je reviens - et disparaîtra pendant quelques siècles de minutes dans les tréfonds du magasin laissant tout le monde en caraffe avec ses autres achats déjà enregistrés, n'a qu'à me suivre quand je vais acheter.
Je suis l'immanquable spécialiste du pire placement en file d'attente, il n'y a guère que pour l'opéra que je sache être efficace.
Mais l'opéra ne nourrit pas.
En plus que ce jour là, j'avais un gateau à faire . J'étais donc venue chercher les ingrédients manquants et ne devais pas traîner : Stéphanot m'attendait pour cuisiner.
Devant moi un homme, peu chargé d'achats et semblait-il efficace et dûment pourvu d'un moyen de paiement adéquat. De toutes façons à l'heure creuse où je passais, pour la caisse c'était sans choix, une seule personne était là qui y travaillait ainsi qu'un vigile figé à l'entrée. Si d'autres employés existaient ils n'appartenaient pas sur au domaine public.
L'homme en partant salua la caissière avec attention, il est vrai qu'il était jeune et elle fort jolie. Ils me soufflèrent une bouffée de nostalgie pour un âge que je n'ai pas su connaître, travaillant trop, trop vite, et trop sans arrêt. Et puis en toute honnêteté, jolie je ne l'ai jamais été, ni même charmante.
Mon tour arriva. Je n'ai pas le droit d'écrire enfin, ça n'avait pas traîné, je me dis pour une fois c'est bien.
Monta alors d'un rayon voisin une sorte de plainte modulée, siouplaitmadame et répêtée.
C'était une dame à l'allure étrangère qu'on sentait mal à l'aise de devoir demander. Mais voilà elle devait acheter quelques alcools et comme les piles ou les ampoules électriques, ceux-là sont ici sous clefs.
Apparemment, seule l'employée de caisse possédait la clef. Elle s'excusa donc auprès de moi et alla ouvrir à la cliente. Je ne pris tout d'abord pas ce déplacement comme un contretemps. En bonne bécassine béate j'escomptais qu'elle ouvre puis vienne enregistrer mes emplettes pendant que l'autre cliente choisissait ses produits particuliers.
C'était sans penser aux consignes de sécurité et qui visiblement contraignaient la vendeuse à attendre que celle-ci en ait terminé.
Or la cliente, qu'elle ait eu ou non quelque intention frauduleuse était visiblement destabiliisée ou au moins intimidée de devoir choisir sous les yeux d'une personne attentive à ses moindres gestes. Peut-être se sentait-elle jugée dans ces choix de mauvais whiskies et ses hésitations de qui tient un budget serré.
Son affaire au lieu d'être rapidement expédiée prit donc un temps redoutable. Une fois le cas réglé la caissière solitaire s'en revint confuse vers la file d'attente qui dans l'intervalle avait poussé près de son poste et dont j'étais le premier élément. Je pus enfin payer.
- Ben t'en a mis du temps, Maman, où t'es allée ? s'exclama Stéphanot cuisinier impatient à peine était-je rentrée.
- J'ai été victime d'une clef unique et de l'hésitation d'une cliente inhabituée, ai-je failli lui répondre.
Au lieu de ça, j'ai concédé que pour les courses, vraiment, je n'étais pas douée.
[photo : là-bas et hier]



Ah, toi aussi ? Je dois dire qu'à plusieurs reprises je me suis excusé publiquement d'être, sûrement, la cause d'un temps d'attente important dans une file de caisse. Ca m'arrive tellement souvent que je suis persuadé, que ça n'arrive qu'à moi, que j'en suis forcément la cause principale.
Rédigé par: berlioz | 05 décembre 2007 at 17:48
Comme disait Desproges, "c'est pas parce que je suis paranoïaque que tout le monde n'est pas contre moi" :)
Rédigé par: Milky | 05 décembre 2007 at 18:21
J'ai autant de flair que toi pour le mauvais des choix des files d'attente. Je t'assure tu ne peux pas avoir l'exclusivité, non, non, je m'y oppose !
Ravie de t'avoir vue hier soir, et merci encore pour le très gentil cadeau qui me fait beaucoup rire : c'est exactement moi, je t'assure !
Rédigé par: Fauvette | 07 décembre 2007 at 00:50