Les Velibs envolés
ou comment je suis rentrée à pied
aujourd'hui matin et soir
Ce matin, au temps serein, j'ai attrapé mon casque et ai filé d'un pas allègre prendre un vélo sous le pont du périphe où m'attendait un choix parfait.
A part quelques aléas de sens interdits, respectueusement parcourus en piétonne poussant son engin comme le conseille maître Eolas, et qui m'ont fait arriver passablement en retard à l'usine, la promenade utile m'avait profité. Au lieu d'arriver toute engourdie d'avoir en métro été entassée, je suis arrivée dégourdie de grand air (pollué, certes, mais extérieur).
Je me promettais bien de rentrer par le même mode, sinon le même chemin.
Hélas, partie après 18 heures 30, d'un quartier fort central, j'ai commis l'erreur fatale de ne pas prélever à la première borne le premier véhicule trouvé. J'escomptais faire quelque course utile avant d'enfourcher le moindre destrier, plutôt que de risquer me le faire voler alors que je l'effectuais.
Arrivée à la borne bien située de la rue d'Hauteville, je crus un instant l'affaire sauvée, trois ou quatre vélos m'y attendaient. Las, deux d'entre deux étaient verrouillés, panne ou retour défectueux, et l'autre qui pourtant s'affichait en vert sur son piton, ne s'affichait pas sur le tableau de commande. La rue du faubourg Poissonière ne me fut pas plus favorable, aucune borne là où je passais. Je me rabattis vers la gare du Nord à la borne bien garnie : mais tous ou presque étaient bloqués rouges en anomalie et inscrits en "non disponibles".
Un autre cycliste en mal de monture et que j'avais tenté de renseigner, il en savait encore moins que moi sur l'usage de ces engins étranges, dénicha avant moi une borne voisine qu'obligeamment il m'indiqua, mais où il prit le dernier vélo libérable (d'autres étaient là en apparence mais qui ne se débloquaient pas).
Je remontai vers Barbès, mais la borne que je trouvai ne comportait plus qu'une et une seule bicyclette. Un homme déjà l'empruntait (photo de ce billet). Plus loin le long de la piste cyclable, un autre point d'attaches semblait mieux pourvu, mais alors que je commençais la procédure de libération d'un véhicule, un type qui semblait tranquillement deviser avec un autre depuis un moment, s'empressa de me dire qu'il était là avant et que le numéro 3 était pour lui. Les autres vélos étaient comme tant de précédents croisés, apparemment disponibles mais en réalité figés (1).
Je ne sais à quoi correspond la fixité de tant de Vélibs. Déjà esquintés ? Déjà cassés ? Système informatique de libérations / retours déjà saturé ?
Plus loin dans une transversale la borne était neutralisée. Un feu y avait visiblement brûlé.
De borne en borne jamais pourvues du moindre vélo disponible, je parvins à pied place de Clichy où, fatiguée, je suis montée descendue dans le métro, chère ligne 13 qui quoi que bien chargée comme toujours, fonctionnait.
Ma seule consolation pour ce retour raté, fut de constater que la borne où j'aurais déposé le vélo potentiel affichait ... complet.
Pour l'abonnement annuel, je vais attendre un peu. Pourtant je ne demandais pas mieux.
Finalement j'aurais mieux fait de gagner un vélo qu'un panier à pique-niques, si luxueux soit-il et pourvu de roulettes.
(1) s'il s'agit d'un délai entre la repose et le nouvel emprunt possible, celui-ci excède 5 minutes (j'ai patienté (en vain)).
[photo : entre Barbès et Pigalle, l'une des bornes (presque) vides]



On est en droit d'espérer que ce genre de problème fait partie des balbutiements de la mise en place du système, et qu'il sera donc réglé avec un peu de temps...
Il me semblait avoir lu quelque part qu'on pouvait réserver un vélo à une borne dite, c'est ce qu'apparemment tout le monde fait (et que peut-être tu devrais faire aussi ) ? Il faudrait que l'heure de réservation soit indiquée (histoire de savor si ça vaut le coup de poireauter 3 minutes) et que celle-ci "saute" si le cycliste est en retard...
Rédigé par: Milky | 20 juillet 2007 at 10:45
À tenter la chance, qui sait ? Peut-être seras-tu livrée prochainement d'un VTC flambant neuf, gagné à un concours auquel tu n'as pas souvenir de participation… :-)
Rédigé par: Bbsato | 20 juillet 2007 at 11:33
@ Milky : le pire c'est que dés le lendemain je récidivais (vouloir en utiliser un, ne pas en trouver). Si ça marche par réservation, le système perd tout intérêt (en plus que sauf rendez-vous particulier je ne sais jamais à l'avance à quelle heure je vais quitter l'usine).
@ Bbsato : Ça serait bien mon style, en effet. Il faudrait d'ailleurs que je fasse un billet récapitulatif de tous mes gains inoppinés (dont 15 (ou quinze) Agatha Christie à l'automne 2005 - qu'avais-je écrit pour les gagner ?- pour lesquels le courrier d'accompagnement au nom de la boîte de com en charge du concours n'indiquait rien d'autre que des félicitations (c'est vrai qu'on est censé savoir à quoi on a participé, voire même guetter avec impatience le résultat final)). Si ça peut vous faire marrer ...
Rédigé par: gilda | 21 juillet 2007 at 14:56
Pas de chance ! Dans mon quartier cela a l'air de très bien marcher. Mais là où je travaille (dans le 16ème) tous les vélos sont présents. (Du boycott dans l'air, dans les beaux quartiers ?).
Rédigé par: Fauvette | 21 juillet 2007 at 15:30
C'est peut-être tout simplement que dans les beaux quartiers ils ont les moyens de s'en payer, se les faire voler, puis en racheter. Ou bien qu'ils circulent en taxi.
J'imagine que pour le rééquilibrage entre les stations de prêt, au bout d'un moment les services en charge seront rodés.
Rédigé par: gilda | 23 juillet 2007 at 14:06
Je commence à être sérieusement inquiet quant à la pérennité du système, d'autant que la grande presse est toujours unanime et ne fait pas remonter les nombreuses mauvaises expériences que diffusent les blogs. Hier soir, pour rentrer à Daumesnil à 21h, j'ai tourné 45 mn avant de ranger mon vélib à Nation. A chaque station de vélib, des gens cherchaient des places désespérément. De plus en plus d'utilisateurs renoncent à prendre à Vélib' le soir de peur de ne pas pouvoir le garer. Et si on en prend moins le soir, il y aura encore moins de place. Il faudrait un moyen (une mobilisation ? une pétition ?) pour obtenir des régulations de nuit et durant les WE. J'ai le sentiment clair qu'elles n'ont lieu que durant les heures de bureau, où elles ne servent à rien... Comment en parler à Decaux ?
Rédigé par: Tom Bombadil | 04 septembre 2007 at 08:52
Pardon pour le doublon, ça semblait ne pas avoir marché...
Rédigé par: Tom Bombadil | 04 septembre 2007 at 08:52
Bienvenue Tom, c'est bon doublon effacé.
Pour ce qui est des soucis de fonctionnements, je pense pour ma part qu'il faudra voir quand l'ensemble des stations aura été installé ; j'ai cru comprendre (mais je peux me tromper et je n'ai pas le temps, là, d'aller vérifier) que ça sera le cas vers la fin de l'année.
Déjà par rapport aux premiers temps, je n'ai plus rencontré le problème de ne pas pouvoir trouver de vélo quand j'en avais besoin.
Le problème actuel le plus courant, comme vous le remarquez est qu'à présent on a du mal à les reposer. Je n'ai pas encore eu à tenter ma chance d'attacher le vélo à côté puis revenir le lendemain le raccrocher à une borne et tenter ensuite par téléphone de se faire rembourser. J'ai appelé une fois pour un problème de borne récalcitrante qui avait refusé d'enregistrer le retour du vélo que j'avais emprunté (mais en le maintenant bloqué) et ai eu remboursement du trop-perçu sans même avoir à discuter. Ils sont apparemment au courant des dysfonctionnements.
En attendant, effectivement, c'est dissuasif. Ce serait bien qu'il y ait des réguls de nuit, oui.
Rédigé par: gilda | 04 septembre 2007 at 14:07
PS : pas de problème, Tom, doublon effacé.
Rédigé par: gilda | 04 septembre 2007 at 14:25