Bons baisers d'Ukraine - début -
Elle était donc bien en noir et blanc, cette pelloche, les souvenirs cyrilliques de Milky ne l'avaient pas trompée. Curieux qu'après tant de temps écoulé, elle puisse être encore développable. Le Lubitel 2 datant de 1955 ou peu après, en admettant que celui-là ait fait 10 à 15 ans d'usage, elle venait au plus frais de 1970.
Sur la table lumineuse, quatre vues apparaissent. Des photos de foules, un homme en manteau épais avec une sorte de béret, un autre qu'on distingue à côté. Des silhouettes derrière eux imprécises, du moins en petit format. Au premier rang de celles-ci, on entrevoit des enfants. Le sol est blanc, peut-être enneigé, et au fond on pressent quelque bâtiment. Une coupole qui rappelle quelque chose, comme un fameux lointain.
Istambul ou bien le pays des Pères Noël bleus ? L'Inde semble exclue, le manteau de l'homme au béret parle d'un froid furieux.
Le choix s'impose d'un agrandissement ; pour quatre vues le budget devrait rester accessible.
Elle en passe aussitôt commande. Il faudra attendre pour en savoir plus. Revenir après-demain, pendant les congés il y a des délais.
Ce ne sont en tout cas pas des photos de famille, plutôt d'un temps politique. L'amateur au Lubitel (1) aura assisté à un événement public dont il aura souhaité trace garder. Ou bien l'homme au béret est son cousin qui pour une raison ou une autre connaissait une heure de gloire. Ce n'est pas un vêtement militaire, son voisin n'a pas le même. Les enfants en revanche semblent tous vêtus de la même façon, mais ce n'est pas certain, il faudrait voir en grand.
Ces extérieurs jours du siècle dernier, perdus puis retrouvés posent tant de questions muettes pour qui aime regarder. Sont-ils encore vivants, ceux qu'on y voit ?
Très âgés sans doute si tel est le cas. Les numériques d'aujourd'hui, bien réglés nous aident à dater. Comment savoir de quand sont ces clichés ?
Et pourquoi celui qui avait pris soin de saisir ces instants n'a-t-il pas complété la pellicule ? Pourquoi est-ce resté comme ça, à l'intérieur, en l'état ? Que lui est-il arrivé ? Ou bien à l'appareil ?
à suivre ...
(1) pléonasme, je sais
MERCI A MILKY qui a accepté sans hésiter de me prêter son histoire (j'espère, Valentine, que tu ne seras pas déçue) dont le début, contrairement à mon billet, est de réalité et non de fiction et se trouve irrésistiblement (2) bien raconté là :
Si vous avez le temps de voir quelques bonnes photos, vous pouvez aussi voir son travail
sur fotolog : Milky way of life
ou sur flickr : Milky's photos
(2) la preuve : je n'ai pas pu m'empêcher d'écrire une suite, alors que je n'en ai pas du tout le temps. Si c'est pas une preuve de qualité, ça ...
Harry Potter attendra, je m'amuse bien, pour une fois.
Autres billets en attente (en plus de la suite de celui-là) :
- Parce que les fleurs c'est périssable ;
- Ma malédiction Vélib' : suite de la suite (hé oui, hier j'ai varianté) ;
(je prends des notes car embarquée comme je le suis et avec des jours à venir fort occupés, ils risquent fort d'être reportés)


MERCI !
Ouh, ta version est géniale, elle me plaît énormément ! (plus que la réalité qui sera moins romantique...)
C'est vraiment quelque chose de lire ça, la sensation fourmillante que le temps est bien un millefeuille et que tu ne fais que décrire une des feuilles parallèles à la nôtre.
C'est vraiment ton truc.
Rédigé par: Milky | 28 juillet 2007 at 17:11
Attends de lire la suite puis la fin avant de dire que c'est génial (ou pas).
J'espère avoir un peu de temps pour écrire ce soir. J'ai aujourd'hui usine puis de la visite alors c'est pas gagné.
Rédigé par: gilda | 30 juillet 2007 at 13:17