mardi 13 juin 2006, Grands Boulevards puis Saint Germain des Prés
Je suis sortie tôt de l'usine, des amis à retrouver non loin de Saint Germain [des Prés]. J'ai toujours cette illusion qu'un moment en bonne compagnie après la journée de labeur me permettra de décompresser, et c'est effectivement le cas, mais également une mesure de mon piteux état après 9 à 11 heures d'efforts peu rémunérateurs. Souvent j'en reviens très triste, avec l'impression de n'avoir été qu'un zombie pour ceux avec qui j'aime partager le peu de temps possible.
Dans un effort d'arriver un peu moins décalquée que si j'avais bondi du bureau au métro, je marche sur les Grands Boulevards où particulièrement ce soir il y a tant et tant de choses à voir. Des gens surtout. En grappes. Aux terrasses et intérieurs des moindres cafés. Chacun muni d'une télé, elle-même pourvue de foot et dont les commentaires bruissent malgré les rumeurs de la circulation, jusqu'au milieu de la chaussée.
Certains malins, pressés mais passionnés, vont de l'un à l'autre tout en continuant leur trajet nécessaire, jetant un oeil perçant à chaque passage proche d'écran et parvenant sur la distance à suivre la quasi intégralité du match en cours.
A la clameur d'un moment, je crois qu'il y a un but. J'apprendrai plus tard qu'il n'en était rien (1) ; comme dans nos vies, une occasion manquée ...
Je consens enfin à prendre le métro, ce n'est pas l'envie de poursuivre à pied qui me manque, mais je crains d'arriver trop tard, sors à Odéon, autre ambiance.
A mesure qu'on se rapproche de Saint Germain des Prés, les boutiques se font vestimentaires, les troquets accueillants rares, les brasseries survivantes chic, les restaurants feutrés, la foule pâle. Zidane pourrait nous gratifier d'un hat trick qu'on n'en saurait plus rien. Là où le pain ne manque jamais, les jeux sont inutiles.
Je passe en souriant devant Les Deux Magots au calme olympien, le Flore voisin n'émet rien, ici la soirée semble normale. Il reste ici encore une librairie (2).
On est à Paris, en juin.
Et il fait enfin beau.
[photo : entre Grands Boulevards et Bonne Nouvelles, mardi 13 juin 2006 vers 18 heures 40]
(1) pour autant que je sache France 0 - 0 Suisse fut le résultat final
(2) La Hune, bien sûr.
Ce serait intéressant de savoir si les cafés de St-Germain ont en revanche diffusé Roland-Garros... (ou du golf ou du cheval, enfin des sports à potentiel germanopratin plus élevé...)
Rédigé par: Milky | 14 juin 2006 at 17:08
Eh bien moi malgré tout, je suis contente qu'il y ait encore des espaces qui ne sont pas envahis par le foot... quelle qu'en soit la raison...
Rédigé par: fuligineuse | 15 juin 2006 at 08:13
merci pour cette randonee bien decrite.ou; tu vois 2 paris en contrase sonore
Rédigé par: jnah | 15 juin 2006 at 17:19
Bienvenu Janah, merci pour le compliment. Effectivement le contraste était saisissant.
Fulie, moi non plus je ne regrette pas. Je constatais l'écart.
Milky, je crois que c'est la télé en elle-même qui possède un fort faible potentiel germanopratin :-) !
Rédigé par: gilda | 18 juin 2006 at 01:45