en plein centre de Paris, il y a quelques temps déjà
Le col est bon, dit-elle satisfaite et comme pour se rassurer.
Il ne s'agissait pas de cyclisme.
J'aurais préféré.
Elle m'invita à me rhabiller, s'assit à son bureau, et d'un air navré mais ferme me recommanda, allez voir le chirurgien dont je vais vous donner l'adresse, à votre âge il vaut mieux ne pas risquer.
Il s'agissait d'un morceau de mon corps fatigué, qui devenait menace et qu'il fallait ôter ; certains médecins, qui pourtant en sont, estiment que passé 40, il est sans problème pour elles inutile aux femmes. On est priées d'utiliser plus tôt notre éventuel pouvoir de séduction, tant pis pour qui n'a pas su profiter à temps et se retrouve avec l'ombre d'une menace de bandit de grands chemins : l'amour ou la mort (1) ?
C'était sans surprise réelle, j'encaissais sans broncher. Depuis qu'aux heures perdues que je n'avais pas, j'ai fait soutien de copine de copine otage en Irak, seule une mauvaise annonce concernant Stéphanot pourrait profondément m'abattre et les chagrins d'amour me miner.
Cette période difficile mais au dénouement heureux m'aura attirée bien des ennuis, ma vie autorise fort peu de militantisme et je navigue en milieu semi-hostile. Elle m'aura cependant et hors des deux cas précités pour lesquels mes forces sont trop faibles, appris à basculer quand nécessaire en mode Florence simplifié (le seul à ma portée).
Face aux propos pénibles du gynécologue, il s'est déclenché sans effort de ma part. Je dois avouer que ma vie m'avait offert quelques occasions d'entrainement préalables.
Le jeune étudiant en médecine qui en tout début de consultation m'avait si poliment demandé de tolérer sa présence et que sans hésitation (comment apprendait-il sinon ?) j'avais accepté, ne disposait pas de cette ressource et en cet instant précis semblait regretter d'apprendre.
Alors que je repartais, il me raccompagna jusqu'à la salle d'attente, ce qu'il n'était pas tenu de faire, et me dit sans éviter mon regard, "bon courage".
J'espère lui avoir dit merci et offert un sourire. Je ne m'en souviens plus, déjà mentalement engagée dans le combat à venir. En revanche j'ai clairement pensé,
il fera un bon soignant. très bon.
(et c'est ça qui m'a aidée).
(1) les hommes pour leur part risquent un jour ou l'autre d'avoir droit à la version les bourses ou la vie ; loin de moi ici l'idée de me plaindre d'être née femme.
hors les risques spécifiques liées aux grossesses et accouchements, je crois qu'hélas les accidents de santé sont une des choses du monde les mieux partagés.
Je ne comptais pas publier cette note qui au départ n'en était pas vraiment une, mais plutôt un message à une amie absente, seulement le billet de Samantdi aujourd'hui
http://www.samantdi.net/dotclear/index.php?2005/11/02/407-s-appuyer-sur-une-epaule-solide
m'en a donné comme l'obligation morale, je ne saurais pas en détail expliquer pourquoi.


Et toi, tu as une épaule sur qui t'appuyer j'espère ?
Rédigé par: Vroumette | 02 novembre 2005 at 22:22
Ben justement, j'envisage l'organisation du casting d'épaules (puisqu'il parait que de nos jours c'est comme ça qu'on procède) :-)
blague à part, je voudrais pas qu'on s'inquiète, je souhaitais parler de l'attitude, du geste de ce (futur) jeune médecin (et finalement remercier de la seule façon qui me reste - je n'ai bêtement pas retenu son nom quand il s'est présenté -), qui de cette façon m'indiquait qu'il était là en cas de besoin d'épaule secourable.
et qui comme en fait moi ce n'était pas si grave et ça pouvait aller, m'a extrêmement réconfortée par le sentiment que la relève du métier de (bon) soignant était assurée, malgré les conditions difficiles d'études et d'exercice (et qui ne s'arrangent guère en ces temps de compétitions exacerbées et de restrictions budgétaires).
Rédigé par: gilda | 02 novembre 2005 at 23:13
Ah, j'en reste sans voix...
Rédigé par: Satsuki | 06 novembre 2005 at 20:58
Satsuki, je veux bien que tu me dises pourquoi (en privé éventuellement) ?
Rédigé par: gilda | 06 novembre 2005 at 21:30
J'ai lu cette note il y a deux ou trois jours et depuis je tourne autour, incertaine de quoi te dire. Bien sûr, que j'espère que ce n'est pas trop méchant et que tu ne te fais pas trop de souci. Et si tu as envie d'en parler, à côté des épaules on peut aussi te proposer des oreilles...
Rédigé par: fuligineuse | 08 novembre 2005 at 16:42
Bon, c'est bien ce que je craignais,
j'avais très longuement hésité avant de publier cette note, et croyais avoir laissé filer un délai suffisant.
Je souhaitais parler de lui (le jeune futur médecin) pas de moi. Et même si c'est illusoire (je ne vois pas bien comment il pourrait atterrir ici), remercier.
Je n'aurais réussi qu'à inquiéter mes amis. C'est malin.
Pardon.
[Marie, tu avais raison, la prochaine fois, je m'inventerais un amant libanais :-) !]
Rédigé par: gilda | 08 novembre 2005 at 23:31
Pourquoi libanais ???
Rédigé par: fuligineuse | 09 novembre 2005 at 09:49
En fait il s'agit d'une allusion fort peu subtile au livre "Le sac à main" écrit par Marie Desplechin et illustré par Eric Lambé,
et dans lequel la narratrice se prend d'amour puis de chagrin pour un amant libanais.
Rédigé par: gilda | 09 novembre 2005 at 13:06