samedi 1er octobre 2005, sortie de ligne 14, fin d'après-midi
Les escaliers sont longs qui de Météor à Madeleine nous montent à la surface. Certains sont mécaniques et ça tombe très bien.
La jeune femme qui nous précède a le nez plongé dans un livre, à en oublier la marche quand on atteint le haut.
Lors d'un croisement, j'entrevois la couverture de son bouquin. Stéphanot m'accompagne. Il me connaît par coeur et sourit en voyant mon regard qui fait la chasse au titre et n'en revient qu'avec un nom d'auteur, mais c'est déjà pas mal.
Stendhal
Une jeune femme de l'an 2005 circulant dans l'un des transports les plus technologique de la capitale peut donc être captivée par le travail d'un homme qui n'imaginait probablement pas qu'un tel environnement soit possible.
Elle est arrivée en haut sans encombre, nos chemins divergeaient et Stéphanot était pressé. Je n'ai donc pas osé ni eu l'occasion de l'aborder et lui demander, qu'il s'agisse du rouge, du noir ou de la Chartreuse, qu'est-ce qui aujourd'hui encore vous fait tant d'effet ? Pourquoi vous parle-t-il encore à l'heure où les malle-postes ne sont que de fiction et où les métros eux-mêmes n'ont plus de conducteurs ? Comment est-ce encore possible ?
J'aimerais tant comprendre. Auriez-vous le temps de prendre un café ?
Sur ce dernier point, Wytejczk sans doute aurait eu plus de chance. Vous ai-je déjà dit qu'il était fort en charme, un peu comme Stéphanot quand il sera plus grand ?

