De la peur (retrospective) à l'action (projetée)
Ce matin, tôt + 10 jours plus tôt + mardi prochain (?)

1. Je possède peu de bijoux. Ce n'est pas qu'un manque de fortune ou une preuve supplémentaire que mon mari a servi d'inspirateur pour le personnage de Luchini dans "Le coût de la vie", c'est qu'aussi un bijou n'a pour moi de sens que s'il me parle de quelqu'un (généralement qui me l'a offert) marque un événement précis (1) de façon à prendre courage pour la suite à sa vue.
2. Pour autant, je fréquente régulièrement (une fois tous les 9 mois - 1 an) une bijouterie voisine.
3. Ma montre que j'ai depuis longtemps parfois s'arrête net : la pile est à plat.
4. Les bijoutiers sont accueillants. Ils ne marquent pas leur déception quand ils voient que je ne viens que pour une brève manipulation d'un objet qu'ils n'ont pas vendu et pour laquelle ils ne gagneront (presque) rien.
5. Depuis 25 ans voire plus, notre radio-réveil est branché sur la même radio qui jadis correspondait aux jeunes que nous étions et désormais nous exaspère. C'est très efficace pour se tirer du lit.
Une période France Inter du temps où je l'appréciais c'était traduite par des retards fréquents.
6. A nos heures du matin cette radio passe quelques minutes d'informations aux heures piles et aux demies.
7. A la veille du 1er mai, ma montre s'était arrêtée.
8. Au matin du 30 avril, quand à la bijouterie nous étions passés, celui qui sait changer les piles vite et bien, était absent. Nous sommes convenus avec la commerçante (sa femme ?) que nous lui laisserions la montre et viendrions la reprendre dans l'après-midi.
9. Ce jour-là, j'ai bien travaillé. Complètement oublié.
10. Le vendredi suivant (jeudi était férié) c'est Stéphanot qui, serviable, s'est gavé la corvée d'aller récupérer la tocante, j'avais différents rendez-vous pour (tenter de) soigner quelques choses de ma carcasse et son contenu.
11. Réveillée ce matin par l'annonce d'une fusillade, hier, à deux pas. La bijouterie a été victime d'un braquage, les forces de l'ordre comme ils disent (2) sont intervenues, heureusement pas de victimes, malgré la panique consécutive qui a autorisé la fuite (à pieds) des malfrats, délestés de leur bref butin.
12. Ma vie et ses aléas et mes (mauvaises (?)) fréquentations ont beau m'avoir rendue imperméables aux craintes sécuritaires, la peur rétrospective m'a fait bondir du lit.
13. Désormais j'irai seule chercher (ou déposer) ma montre.
14. Je pense en passant que les braqueurs devraient éviter les zones de fêtes des mères. En cas de dérapage, potentiellement, c'est encore plus moche.
15. Et soudain, parce que la vie est courte, et peut à tout moment basculer pour une pile usée, de mauvaises circonstances, des combinaisons fatales même si on est en bonne santé, la décision de ne plus me résigner à attendre Wytejczk, ni non plus fataliser de ne l'attendre plus.
16. Une idée avait germé depuis la veille l'usine, elle-même issue du week-end qui précédait.
17. Je n'en étais pas consciente. L'information captée l'aura catalysée.
18. Advienne que pourra.
Et sans doute rien (pour changer). Au moins j'aurais tenté.
19. Une bijouterie, des pieds-nickelés, un chien, un chagrin.
A quoi parfois nos (ré)actions tiennent ...
(1) Si un jour je parviens à vivre enfin de mon vrai travail virtuel (!), je raconterais peut-être.
(2) Ce n'est pas bien, je sais, mais un vestige d'esprit matheux ne peut s'empêcher de me faire associer les contraires dés lors que j'entends ce type d'expressions toutes faites. Aux faiblesses du désordre, je dois donc un sourire.
[photo : 20 avril 2007, circulation agitée après un autre (type de) fait divers mais au même endroit]
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