C'est généralement un homme (hétéro) qui le dit à une femme après avoir agi de façon calamiteuse : il l'a séduite puis rejetée sans même un moment d'amour, ou vit avec elle et a laissé tomber une belle opportunité d'emploi sans qu'on sache trop pourquoi alors que le chômage les guette et que c'était le moment d'assurer, ou est souffrant et refuse de se soigner et reste à geindre et lui faire subir les bouffées de colère que la douleur lui tend, ou la néglige purement et simplement sur le mode je la trouve comme un meuble chez moi en rentrant, ou balade sa bite ailleurs au point qu'elle n'hérite plus que de chamallow sessions.
Donc voilà, bref, il fait ou dit n'importe quoi et la rend malheureuse ou la plonge dans une situation impossible, une voie sans issue, un sort inextricable (comment retrouver une vie sexuelle si l'on est amoureuse d'un type qui a été parfait jusqu'au moment de l'amour qu'il a d'un seul coup refusé ?).
Au bout d'un temps, parfois très long, il se rend quand même compte qu'elle pleure, qu'elle vacille, qu'elle est en difficulté, et alors, d'un ton un peu surpris mais cependant attendri (1) il demande :
- Oh, ça va pas ?
(variante : Qu'est-ce qui t'arrive, ça n'a pas l'air d'aller ?)
ou fera une remarque sur le fait qu'elle est bien triste, C'est dommage, une fille comme toi. Profite un peu de la vie.
Le tout en demeurant dans l'absolue abstraction d'être la cause du chagrin. Plus il en est responsable, moins sera feint son étonnement.
Du mal qu'ils font aux femmes, les hommes, toujours, sont innocents.
(1) Dans le meilleur des cas, sinon d'un ton de reproche.
nb. : Dans quelque cas c'est l'inverse, la femme chieuse hystérique et l'homme de bonne volonté mais la configuration est un peu différente : certaines d'entre nous ont parfaitement intégré qu'il fallait se comporter ainsi si on voulait les avoir à nos pieds. Elles jouent donc un rôle, souvent avec brio.
Alors qu'eux se sentent réellement innocents et totalement exonérés de la peine qu'ils ont infligée.
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