Regards désirants et mots tendres, messages de détresse quant à sa solitude, il m'avait séduite en beauté.
Quand vint le moment où l'harmonie voulait que nous nous fûssions embrassés, il m'écrivit qu'il n'était pas question d'une relation amoureuse et (surtout) pas même de baiser.
C'était déjà trop tard, j'étais tombée raide (amoureuse). Alors le sexe, la tendresse, les attouchements qu'il m'avait laissés entrevoir ont pris place dans mes nuits et ses carresses par mes mains. Le mal était fait, je n'y pouvais rien.
La complicité entreprise, fondée sur de profondes affinités - seule entre nous cette divergence sexuelle et qu'il n'ait pas même voulu essayer - a traversé les mois, vaincu mon chagrin, est restée.
Quelque chose des nuits rêvées a dû laisser une trace. En sa présence je me sens d'une évidente proximité. La connivence est forte. Des regards échangés. Une attention l'un à l'autre que rien n'est venue entamer.
Pour autant je reste sage, je sais que je le perdrai au moindre geste déplacé : ses messages de rejets étaient tout paniqués (1).
Plus tard, une ou presque deux années, je partage en ville avec un tiers ami, lui aussi fort bel homme, un petit déjeuner. L'ami est d'humeur badine, qui laisse flotter entre nous un peu de séduisante ambiguïté. Mon corps mal aimé y répond sans tarder. L'ami a alors une phrase pour exprimer ce qui n'était pour lui pas vraiment envisagé, puis une autre pour s'étonner que mon amant ne suffise pas.
Avec le bien-aimé qui ne m'aimait pas (2), nous en avions donné l'apparence au point que l'ami ne doutait même pas.
Je me suis trouvée doublement délaissée. Et renvoyée aux caresses de rêves.
(1) Suis-je donc si laide ? Mais alors pourquoi ses regards fondants ?
(2) ou qui ne m'aimait plus, allez savoir pourquoi.
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