Je le trouve séduisant. Il me semblait que je lui plaisais, pas tant pour un amour - il est déjà comblé ou du moins occupé - mais pour une amitié délicieusement sexualisée.
Je ne demandais pas mieux, mais échaudée par une expérience précédente dont les larmes n'ont pas encore fini de sécher, un Don Juan platonique d'autant plus redoutable qu'il est incapable d'assurer la part physique de la séduction qu'il a entreprise et trop bien réussie, j'ai tenté de lever le début d'ambiguïté que je sentais apparaître à deux pas du premier baiser. La réponse au moins était claire : lui non plus avec moi n'avait pas d'intention autre que les bons moments "terrassiques" (1). J'aimais faire l'amour, j'ai donc été désappointée, le manque cruel allait perdurer, mais au moins soulagée que les choses soient éclaircies avant de s'engager sur un chemin qui à nouveau aurait été pour moi source de chagrin. Au moins cette fois-ci, et même si mon enveloppe physique proteste et son intérieur aussi, il n'aura pas eu le temps de grandir trop fort ni de pousser bien loin. Tant pis (pour lui (aussi)).
En revanche la netteté de sa réponse m'a surprise. Pas même la plus petite envie d'essayer ? Alors que ?
Plus tard j'apprends qu'au même jour il avait encaissé un fort conflit sur son lieu de travail et appris la séparation d'un couple d'amis considérés comme un modèle de couple uni.
J'étais donc avec mes grands pieds plats passée par là au pire moment. En plein dans les heures où quelqu'un de sensé se dit, Assez ri, préservons l'essentiel, pour le reste tant pis.
Alors que la même personne deux jours avant ou deux mois après, pourrait parfaitement être prête à ouvrir sa porte.
Il ne s'agit pas d'une rupture mais simplement d'une attitude qui surprend et dépite au regard de ce qui précédait. Certaines ruptures suivent la même pente : découragé par des difficultés dans d'autres domaines - typiquement le travail -, rendu craintif par d'autres relations, d'autres expériences d'avant, quelqu'un peut rejeter l'autre dont il semblait vouloir bien. Être la bonne personne au mauvais moment conduit à être traité comme la mauvaise bien souvent.
J'ignore s'il convient de s'éloigner ou de laisser le temps travailler et revenir par après
(1) comme dirait l'un de mes amis
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