t’avait conduite au bord du suicide dont Elina t’avait sauvée.
Il t'était totalement oppressant de sentir ainsi en toi réactiver une souffrance si profonde même si tu as entre temps tout fait pour la canaliser, y compris par une oeuvre qui est devenue ton secours (et à présent une forme de poids car tu ne parviens plus à retrouver cet élan là (2), ni semblable succès).
Peut-être même que tu t'es dit qu'après tout s'il m'advenait de même ce serait un bien pour un mal et peut-être même pour toi une forme redoutable mais efficace de publicité (1).
Tu aurais quand même pu te passer de devenir à ton tour un facteur déclenchant, d’autant que si ce qui t’oppressait était pour partie notre (trop ?) grande et profonde ressemblance, ce n’est pas en me poussant sur les mêmes sentiers que ça allait s’arranger.
(1) suggestion d'un de mes amis que tu connais aussi (mais de plus loin) et que longtemps longtemps j'ai refusé de croire. Le temps, hélas, creuse inlassablement le sillon du doute et je sens qu'il s'est insinué et j'en pleure.
Cela dit, pas de bol, je n'ai rien d'une Christine Angot, mon travail est résolument et sauf accident côté solide fiction. Et si je laisse à comprendre à force de lutter ici, en désespoir de cause, contre l'incompréhension qui jours après jours me mine, jamais sauf force majeure, volontairement je ne divulguerai quoi que ce soit qui te concerne. Fors la présence de mes enfants, tu es ce qui m'est arrivé de meilleur, je te l'avais avoué, et les malheurs et nos erreurs advenu(e)s par après n'y pourront rien changer.
(2) qui n'est pas sans lien avec l'amour démarrant et s'avérant victorieux après un temps où on l'a cru perdu.
J'ai beau n'avoir jamais eu droit au grand bonheur, ou n'y avoir cru qu'en surrestimant l'impétrant, je sais certaines choses.
en faveur de cette hypothèse : Ce que m'a écrit un jour Brigitte Giraud sur la souffrance qu'on réactive chez l'autre avec la nôtre (et qui fait qu'il se protège). Pas un jour sans que je pense combien elle a(vait) raison.
en défaveur : Tu avais assez de psychologie pour percevoir combien le risque était grand. Au moment de plus grands désespoirs, quand la solitude me secoue du tréfond de l'âme, j'en suis parfois réduite à poser la question en ses termes extrêmes "Mais pourquoi, pourquoi ma meilleure amie a-t-elle voulu me tuer ?". Je sais qu'ils exagèrent. Mais qu'ils trahissent un risque fort, grave et fou qui a existé et dont je ne suis pas tout à fait ressortie.
(d'où ce long et pénible travail ici : je dois absolument comprendre pour me stabiliser enfin, sinon qui sait ...)
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