Un homme massif et pas tout jeune comptait sa monnaie dehors, devant la porte de la boulangerie. Il s'apprêtait à entrer. Dedans, du monde, mais la place pour le faire. Je reste un instant derrière lui, ne tiens en rien à lui passer devant. Mais il fait trop froid, quelle drôle d'idée de rester dehors comme ça quand pour entrer ne manque qu'un pas. J'avance et immédiatement il se bouge aussi : il ne va quand même pas me laisser la place même s'il adore se geler comme ça. J'apprécie l'élégance.
Cette attitude inconséquente et que je ne comprends pas, agite un vague grelot au fond de ma mémoire.
Connexions intimes.
L'un(e) ? mais qui, ou bien l'ai-je lu ? et qui lui reprochait : tu te plains d'être seul mais tu es entouré de plusieurs jolies femmes qui ne demandent que ça. Qu'attends-tu ?
Et d'où je tiens, qu'à une, vaguement, il concèdera une nuit (est-lui ou elle, ensuite, qui, déçu(e), est parti(e) ?) ?
L'autre, récent, qui a évoqué une anorexie, d'un air triste et entendu (ai-je bien compris ?).
Et qu'aussi : il ne répondait pas toujours à ses mails. Jusqu'alors j'ai été par lui si bien traitée (et justement : comme une femme qu'on voudrait gentiment courtiser).
Ces sortes d'avertissement joints aux mots du livre de Delphine de Vigan , me font à nouveau perdre espoir.
En face seules les paroles de mon ami Yves sont là pour compenser. Et le conseil de Peter, dont l'absence me pèse. Lui aussi, lassé ?
En rentrant, cependant, j'envoie un message dont j'ôte scrupuleusement toute trace de désir, d'amour ou de malice. Puis j'attends une réponse. Qui tarde.
Hier soir, déjà rien.
Il fait si froid (dehors) qu'il fait froid (dedans) alors même qu'il fait chaud (dedans).