Au retour d'une après-midi de BNF bien remplie et d'un déjeuner heureux avec l'amie Agnès (si elle savait comme sa présence me faisait du bien, précisément en ce jour triste), sur le chemin entre la gare et l'appartement, la conscience aïgue comme un coup de couteau ou de poing mais à l'estomac que j'étais dans le vide : non seulement plus personne ne pensait à moi mais je n'avais plus personne envers qui éprouver de tendres pensées (1) (2), plus personne avec qui partager (3), plus personne qui m'appelle d'une voix douce comme F. le faisait vendredi (Je voulais juste te dire que je t'appelle mais plus tard). Détachée de tout et de tous, pas étonnant que je n'ai même plus peur de me faire écraser.
(1) Ce qu'un retour de JF passé 22 heures, sans prévenir ni même en rentrant saluer est venu confirmer. Cet homme sans doute autrefois m'a aimée mais je ne suis plus rien pour lui qu'un boulet (croit-il alors que sans moi il n'aurait pas de toit, ni rien vécu d'intéressant, ni peut-être même eu d'enfants).
(2) Bien sûr les enfants, mais ils tiennent une place à part, puisque d'eux je me sens responsable. Et les amis comptent aussi. Mais même Pierrot s'est éloigné qui était récemment à l'hôpital sans que je n'en sache rien et ne propose pas qu'on se voie si moi-même je ne le suggère pas.
(3) J'ai cru qu'avec F. même si pour moi il ne bandait pas, ça pouvait.