Il s'agit de Simone de Beauvoir et du rôle dangereux qu'elle a tenu dans la vie de Bianca Lamblin. Je le découvre grâce aux Notules (hélas plus mises en ligne d'où que je ne peux indiquer le lien direct).
J'ai grossièrement résumé l'affaire Côté papier
mais par précaution reprends ci-dessous la citation principale extraite de son "Journal d'une jeune fille dérangée"
"Pour finir ces évocations, je veux encore raconter comment, un jour, vers la fin de sa vie, Simone de Beauvoir me posa l'ultime question : "Que penses-tu, en fin de compte, de notre amitié, de toute notre histoire ?" Après avoir réfléchi un moment, je lui ai répondu : "Il est vrai que vous m'avez fait beaucoup de mal, que j'ai beaucoup souffert pour vous, que mon équilibre mental a failli être détruit, que ma vie entière en a été empoisonnée, mais qu'il est non moins vrai que sans vous je ne serais pas devenue ce que je suis. Vous m'avez donné d'abord la philosophie, et aussi une plus large ouverture sur le monde, ouverture que je n'aurais sans doute pas eue de moi-même. Dès lors, le bien et le mal s'équilibrent."
J'avais parlé spontanément, avec sincérité. Simone de Beauvoir me serra les mains avec effusion, des larmes plein les yeux. Un grand poids de remords était enfin tombé de ses épaules."
et complète par ce qu'écrit Philippe Didion au sujet de l'ouvrage
"Elle démolit avec vigueur l'image du couple vedette, souligne les contradictions flagrantes entre leurs idéaux philosophiques et leur comportement au quotidien sans pour autant nier qu'elle a été avant tout la victime de sa propre jeunesse et de sa propre crédulité."
Je n'ai pas eu affaire à un couple (c'est tout moi, pas même un peu de jouissance au passage, if my brain's worth something, aux yeux des autres mon corps ne compte pas), et n'était pas en danger mortel de persécution lorsque V. m'a effacée. Simplement en danger de suicide par conditions professionnelles, dont il ne tenait qu'à moi de me soustraire, ce que finalement j'ai fait.
Il n'empêche que voilà un bon guide sur ce que je dois mener. Et qu'un peu je me sens moins seule. Merci monsieur Didion.