Rédigé à 00:29 dans air du temps, everyday life, nouvelle vie | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Ce sont ces jours où tout ne va pas si mal, ou rien de grave ne nous est advenu, où l'on profite d'une sorte de routine. Nous en devenons réceptifs à de petites choses qui nous seraient sinon passées inaperçues.
Elles sont rarement fatales, sauf pour quelqu'un qui était déjà par ailleurs au bord d'un précipice, auquel cas l'une d'elles peut servir de pichenette qui pousse au vide.
Mais en temps normal elles se contentent d'être un petit pincement désagréable du côté du cœur et d'instiller un doute : est-ce que j'existe ou bien presque pas ? Qui suis-je au fond pour eux quand je me croyais aimée (ou s'il s'agit de travail : appréciée) ?
Cette semaine il se trouve qu'elles ont semblé s'agréger, peut-être aussi parce que la période m'est particulièrement favorable et moi très réceptive puisque dégagée du moindre lourd tracas - ce qui est loin d'être fréquent -. Par ordre d'en vrac de comme ça vient :
Il y a l'amie qui aura du recrutement à faire et ne m'en parle pas alors que le job serait dans mes cordes. Sur le moment j'ai pensé et c'est sans doute la raison, qu'elle savait que sur la période je serais occupée. Puis je me suis dit qu'il est parfois bon de poser la question même si l'on se doute que la réponse sera négative, simplement pour marquer le fait qu'à l'autre on avait pensé.
Il y a celui que j'ai contribué à se relancer d'écrire, soutenu, encouragé, qui met en scène dans son ouvrage une femme qui pour part me ressemble, ainsi qu'une histoire de rencontre qui est un peu la nôtre, émet une liste de dédicatrices presque aussi fournie que celle de remerciements émises par les anglo-saxons, et m'en omet. J'étais au courant qu'il avait déjà oubliée celle qui avait été déterminante pour son précédent roman, laquelle avait en dernière minute fait l'objet d'un "pour ..." précédant les "à ...", donc je me dis que c'est peut-être un mécanisme de défense chez lui d'effacer la plus proche. Et que ce serait précisément au fait de l'être que je dois celui de n'y pas figurer. Mais sur le coup, ça fait un peu mal. Toi aussi, tu m'effaces ? Après m'avoir si bien fait croire que je comptais pour toi ?
(Heureusement tous ne sont pas ainsi, j'ai le bon souvenir de Martin Winckler qui m'a toujours très délicatement remerciée y compris dans un livre auquel je n'avais pas participé, mon père étant tombé malade puis mort dans la période où lui l'écrivait, je n'avais donc pas pu honorer ma tâche de béta-lectrice. Et puis je suis bien placée hélas pour savoir que les travaux où l'on a le plus grand rôle sont souvent ceux où l'on ne figure pour l'extérieur pas).
Il y a l'amie perdue qui sort bientôt un nouveau livre écrit en collaboration. Je n'ai plus de nouvelles directes, l'apprendre par la bande n'est donc pas surprenant. Mais ça fait toujours mal, lorsqu'on était très proche de quelqu'un de constater qu'on ne lui est plus rien. Au point de ne pas même savoir un long projet en route, puisque l'écriture à deux suppose au moins une période d'entretiens.
(En plus que ça fait mal aussi qu'elle ait cessé d'écrire pour ce qui est des livres de fond, ceux qui ne viennent pas d'une commande ou d'une idée légère et brièvement traitée, mais d'une nécessité).
Il y a le livre de quelqu'un qu'on aime et qu'on reçoit, c'est déjà ça, mais tardivement, via l'éditeur et sans aucune dédicace - en même temps il ne s'était pas déplacé pour signer ses SP (ou alors c'est encore pire, il serait et mais sans se signaler), mais je croyais quand même qu'un peu je comptais au point sinon du privilège d'un envoi personnel du moins d'une première fournée et non de ce qui ressemble à une cession de rattrapage (Oups, je l'avais oubliée) -.
Heureusement qu'il y a parfois dans l'autre sens des surprises formidables, comme un mot ou un appel que l'on attendait pas (merci encore Ariane A.).
Heureusement, heureusement que d'autres sont là, et pas des moindres (un grand merci particulier à Tatiana même si elle n'est pas la seule), pour me témoigner leur affection. Je penserais sinon vraiment que je suis Celle de trop, et que dorénavant c'est irréversible.
0116070111
Rédigé à 16:01 dans air du temps, bcBG, everyday life, PandA and so on, septembre | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
J'ignore si c'est parce que l'homme qui m'a fait découvrir cet auteur est d'une redoutable beauté, ou si c'est parce que les écrits que j'ai commencé à découvrir de ce dernier sont d'une finesse formidable, tout en nuances et précisions, j'imaginais un gars au visage délicat.
Et bien non. Ce qui n'empêche pas qu'il ait l'air fort sympathique, c'est simplement une question d'écart ou d'influence de perception.
* * *
Depuis longtemps j'admire les photos qu'il propose de sa femme et de leur bel enfant, malgré mes désespoirs et agacements contre la dictature du blond. Mais voilà ils sont beaux et il a l'œil du photographe. Je l'aperçois aujourd'hui sur une image où il se trouve pour une fois en la compagnie de sa dame. Quelque chose dans son visage, de dissymétrique ou bancal me met mal à l'aise, comme une dangereuse absence d'harmonie.
* * *
Ils n'ont pas le physique du travail qu'ils font.
(Qu'en sera-t-il de moi ?)
Rédigé à 00:02 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Je viens de répondre à un billet de Jaddo qui semblait demander notre avis. En tant que patiente, je n'ai rien contre un contact rapproché avec les soignants, sauf s'ils semblent avoir un problème. Pourtant dans la vie je suis du genre distant sauf pour les personnes envers lesquelles j'éprouve une forme forte de complicité, d'amour ou d'affection. Ces dernières années je suis devenue particulièrement sensible au bien-être qu'il peut y avoir à être prise dans les bras par certains garçons chaleureux, hors de tout contexte amoureux.
Il n'en demeure pas moins que d'une façon générale et sauf conditions particulière (la presse dans le métro ne me gêne plus, si personne ne pue), j'ai besoin d'une bulle assez large autour de moi. Je sais bien un peu pourquoi : mes parents s'entendaient mal il y avait toujours une potentialité de violence et je n'ai pas souvenir de leur avoir vu les gestes tendres, du coup je ne sais pas bien ce que c'est. Ensuite j'étais de banlieue et assez facilement ça castagnait. Donc de l'autre il faut se tenir à distance suffisante pour pouvoir sinon riposter, du moins bloquer un bourre-pif qui jaillirait ou avoir le temps de l'esquiver.
En revanche le toucher de soin, non seulement ne m'est jamais paru déplacé, mais m'a probablement sauvée (ou y a fortement contribué). Je relevais d'un chagrin d'amour infligé par l'homme de ma vie, ce qui n'est pas rien, et d'une rupture de grande amitié sidérante (aucun signe avant-coureur, rien), ou plutôt je ne m'en relevais pas. Ce que j'avais ressenti était que tout soudain ma meilleure amie, mon âme-sœur avait voulu m'éliminer ; de sa vie, c'était on ne peut plus clair ; de la vie sur terre, c'était ce que j'avais ressenti. Comme si elle m'avait flinguée à bout portant. Tout juste si je ne me souvenais pas de l'odeur de la poudre (probablement du fond du désespoir un vague délire rimbaldien).
Une amie très proche m'a alors conseillé le shiatsu. Elle-même y avait eu recours pour s'apaiser d'une rupture moche - le type qui semble fou amoureux fou, puis se fait distant, ensuite absent et n'explique rien -.
Elle m'avait confié l'adresse de son kiné. Je l'ai écoutée, j'ai tenté.
Il m'a lors d'une première séance tout bien expliqué, cartésienne, je n'étais pas convaincue. Mais la vie m'a appris que les très bons soignants peuvent parvoir utiliser pour exercer leur art des vecteurs déroutants. En cette période de naufrage j'avais même caressé le projet (abandonné car trop coûteux) de tenter toutes disciplines qu'on me proposerait et voir si quelque chose sauverait. Je m'étais arrêtée avant le marabout ou le tarologue.
C'étaient les proches d'entre les proches qui m'avaient fait le plus grand mal, mise en danger. J'étais alors dans l'état d'une bête aux abois. Je crois qu'à part par mes enfants, les médecins et les temps de saluts que requièrent la vie sociale, je n'étais plus capable de me laisser approcher. Quelque chose en moi tenait du chat farouche.
Les premières séances me furent très difficiles, l'essence du soin était tactile, je devais me laisser toucher beaucoup plus que lors d'une consultation médicale. J'avais toute confiance en ce praticien, mais c'était la partie animale de moi qui voulait s'enfuir. Ce que je ne faisais pas, au prix d'un gros effort. Je tombais en larmes à chaque fois. Des larmes très calmes qui coulaient sans bruit et malgré moi. Au bout de longs mois, à force de patience et de compétence de l'homme de l'art, l'animal paniqué en moi s'est calmé. Le chagrin n'a pas cessé, mais j'avais recouvré une capacité humaine de me laisser approcher. Et je n'étais plus en danger de désespoir absolu.
Ma vie n'est toujours pas redevenue normale, des pans entiers ont été esquintés et j'ai eu la malchance d'enquiller sur un chagrin d'amour qui avait tout pour me faire rechuter (là aussi une situation difficile à expliquer). Je ne sais plus vraiment faire l'amour alors que j'étais une femme pour qui la sensualité importait.
Entre temps le shiatsu était devenu une hygiène de vie, d'autant plus que le praticien connaît à présent mon corps par cœur et sait les zones à travailler pour éloigner ses douleurs usuelles. Hors de toute théorie je sais que ça tient précisément au fait d'être touchée et par quelqu'un qui n'en profitera pas pour me tuer, sauf à s'être recyclé soudain en tueur à gages. Car de mes malheurs si j'ai retenu une chose c'est que tout peut arriver.
En attendant, oui, quand il s'agit de soins, tripoter, c'est (plutôt) bien. Et d'autant plus qu'être malade c'est sentir son corps par la souffrance isolé de ceux des autres, lesquels ont alors tendance (sauf le médecin) à s'en éloigner.
Rédigé à 00:33 dans Actualité, nouvelle vie, PandA and so on, relations humaines, remercier | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Longtemps que je n'y avais plus pensé, mais voilà :
- d'une part François Bon qui sur twitter nous régale par salves de parfois poétique et souvent mystérieux "Johnny disait" dont la naissance est par ici expliquée ;
- d'autre part William Rejault qui sur twitter évoque les jeunes dont la vie ne semble être organisée qu'autour d'une activité de "fans de", l'objet de leurs désirs semblant être toute star montante quelle qu'elle soit. Du coup je repense à ça :
Rédigé à 17:53 dans souvenirs souvenirs | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Tu me parles de Jean-Marc Aubert et de ses bambous, de Franz Bartelt qui vit près de Reims, de Michel Rio et du roi Arthur, et aussi de ce petit bijou qu'est "Une journée avec monsieur Jules" de Diane Broeckhoven que tu n'avais pas voulu enterrer en le gardant auprès.
Je sais que je crois que je m'en souviendrai mais que ce qui me restera de ce moment ensemble sera principalement la douceur du climat - un été en octobre -, que je te trouvais beau (1) et l'envie d'embrasser. Le chien aussi, qui désireux de jouer, sans arrêt nous interrompait.
Alors je sors un papier de ma poche, n'importe, un stylo, et je note.
C'est ce calme apparent celui qui restera.
Le petit livre, chez NIL, viendra vers moi le mardi suivant, je croirais d'abord à un cadeau de mon patron, comme suite à un message où je lui demandais si nous pourrions l'obtenir en SP, mais non, c'était une conjonction des (bonnes) choses. Et ce petit bijou m'aura fait un bien fou.
Les autres, il me faudra sept jours avant de parvenir à glisser le temps d'une recherche, et seulement les noter pour m'enquérir plus tard. Cette vie reste trop remplie, malgré le vide ressenti.
(1) Peut-être avais-tu fait l'amour la veille ou le matin ? Tu étais séduisant comme un homme délivré. Ou bien était-ce la cigarette à nouveau accordée ?
Rédigé à 14:22 dans bcBG, documentation, désespérer, lire, note en tu, PandA and so on, remercier, septembre | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Étrange festival, du meilleur ami qui promet un dîner mais omet de proposer la moindre date, au séduisant garçon qui propose un petit-déjeuner (rien de plus, hélas) puis oublie qu'il l'a fait et de préciser un jour, à celui qui est censé m'aimer mais guette la voisine dans l'escalier, en passant par celui qui m'a séduite pour mieux me rejeter et pour autant me cherche quand je ne réponds plus et me répond par des non-réponses (1) quand je réponds vraiment et un qui semblait écouter ce que je disais mais au lieu de poursuivre la conversation passe à tout autre chose (sa propre idée, comme si je n'avais rien émis), j'ai l'impression solide qu'en ce moment les hommes se moquent de moi. Ou alors c'est moi qui ne les comprends vraiment pas. Ou je suis vraiment trop moche. Mais il me semble quand même qu'il y a beaucoup d'incohérences dans tout ça.
À commencer par la première : pourquoi viennent-ils me chercher puisqu'ils ne me veulent (finalement) pas ?
(1) un genre de choses standardisées comme dans les répertoires SMS des téléphones récents ("Bonne journée", "Je suis en réunion", "Joyeuse fête", "Bon anniversaire", "Bon week-end"). Ce qui donne l'impression qu'il ne répond que pour pouvoir effacer mon message de sa boîte d'arrivée et le glisser dans la rubrique "messages traités".
Rédigé à 13:30 dans désespérer, everyday life, septembre | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Rédigé à 23:59 dans everyday life, nouvelle vie, PandA and so on, septembre | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Parmi les documents que j'ai pu récupérer, grâce au père de mes enfants qui s'est dévoué pour aller rechercher mes affaires personnelles dans des locaux (1) où je ne me sentais plus de remettre les pieds, figuraient quelques messages personnels que j'avais conservés. À la fin des années 90 nous avions en effet été dotés d'une messagerie, qui peu à peu d'interne était devenue externe aussi - merci les commerciaux qui en avaient besoin pour communiquer avec leurs clients -. Je l'utilisais fort peu à titre personnel, y compris du temps où l'internet de la maison était fort rationné (10h par mois la première option wanadoo), et presque uniquement pour des raisons pratiques, par ex. un rendez-vous de "sortie d'usine" prévu le soir-même, impossible d'y répondre plus tard que durant la journée.
Parfois cependant, saisie d'un sentiment d'urgence, je passais outre ma méfiance de la surveillance dont nous faisions l'objet, profitais de la tolérance qui nous était accordée - avec bienveillance pour l'époque ne concernant pas la hiérarchique finale et sa folle psycho-rigidité - et glissais, généralement pendant des temps morts de transferts de bases de données, un mot personnel à quelqu'un qui comptait.
J'avais du mal à attendre pour partager les bonnes nouvelles.
De même que mes journaux "intimes" de jeunesse le sont assez peu car je devais me méfier d'espionnes éventuelles, ces mails passés du bureau ont souvent un style presque froid, une façon atonale qui ne me ressemblait pas. Je crois que j'espérais que mes interlocuteurs étaient assez intelligents pour percevoir que j'écrivais sous contrôle éventuel et que mes pensées vers eux étaient beaucoup plus chaleureuses. C'était particulièrement vrai pour mes "mauvaises fréquentations", ami(e)s du monde des livres. Prudence qui fut renforcée par des lois que le 9/11 permis d'ailleurs de passer : travaillant dans une banque, j'eusse pu perdre mon emploi du simple fait d'avoir participé auprès de Fred Vargas à quelques manifestations de soutien à Cesare Battisti, considéré comme terroriste et non plus réfugié politique.
Toujours est-il qu'au matin du 11 septembre 2011, rendue heureuse par une jolie conversation de ligne 13, j'avais écrit à celle que je considérais comme mon âme sœur, le message suivant, au ton rétrospectivement si curieusement distant :
objet : Ligne 13
Bonjour [son prénom],
Je viens sur ma ligne 13 de discuter le bout de gras avec une dame qui lisait [titre d'un des livres publiées par l'amie] ! Elle est bibliothécaire et le lisait pour préparer une lecture pour des enfants de CM1.
Elle se posait des questions sur le niveau de langage / enfants de cet âge donc je lui ai dit que pour mes enfants à moi il n'y avait vraiment eu aucun problème, et que le petit voulait que nous ayons des lampes à méduses pour la maison !
Si parmi toutes les personnes qui nous entouraient, il n'y en a pas au moins une ou deux qui se sont dit qu'elles allaient essayer de trouver ce livre pour elles et leurs enfants, c'est à désespérer !
A bientôt
Gilda
Je n'ai hélas pas trouvé trace de sa réponse : soit que la suite épouvantincroyable de la journée l'ait empêchée d'en émettre une, soit que puisqu'au travail les imprimantes étaient partagées je n'avais pas osé l'imprimer de peur qu'un collègue ne tombe sur son identité - mon propre message ne mentionnant que son prénom et le titre d'un livre jeunesse n'était guère compromettant et son adresse était discrète (un pseudo) alors que ses réponses dans la messagerie telle qu'on l'avait, affichait le nom et prénom en entier ; nous devions en effet déclarer nos expéditeurs extérieurs habituels si l'on souhaitait que leurs mails ne soient pas filtrés -.
Au feutre bleu et de l'écriture de vieille instit que j'utilise pour les documents destinés à être lus par d'autres, ce qui est curieux, j'avais rajouté, sans doute le soir même, en plein d'être pertubée "La journée avait si bien commencée ..." (sic)
(1) J'ai quitté mon emploi précédent très brutalement après que ma hiérarchie avait fait une crise suffisamment violente pour que je comprenne qu'à travailler sous les ordres d'une telle personne je me mettais en danger. Heureusement il s'agissait d'une grande entreprise dont la DRH restait fort correcte dans le traitement des cas particulier. J'ai donc pu partir dans de bonnes conditions. Mais il m'a fallu du temps pour refaire surface d'avoir été capable de me laisser enfermer dans une situation d'humiliation : comment avais-je pu me laisser faire d'être si mal traitée par quelqu'un de peu d'envergure et qui ne m'était rien qu'une hiérarchie imposée ?
Rédigé à 13:36 dans air du temps, nouvelle vie, relations humaines | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
J'étais sans doute rentrée une fois de plus désespérée de Bruxelles, il n'y avait aucun espoir alors que pourtant tout y était et comment sortir de ce piège affectif qu'on m'avait si bien tendu et dans lequel j'étais tombée. Les parois étaient lisses et ne subsistait aucun doute : je l'aimais et peu lui chalait que je souffre de son essai trop bien réussi de séduction, auquel il ne souhaitait donner aucune suite autre qu'échanges écrits. Ça ne lui aurait pourtant pas fait de mal quelques baisers fougueux, même si la suite éventuelle dépendant de ce qui en lui ne dépend pas de lui eût été plus hasardeuse.
Une fois de plus dans cette déjà un peu longue vie, j'ai donc tenté de tenir le chagrin à distance par l'acharnement au travail, boucler "Sans nouvelles" devenait urgent et Label D se finirait mal, tant pis, après tout si aucun homme n'était capable de me faire l'amour je ne voyais pas pourquoi, ni même comment, mes textes devraient en faire passer aucun pour un correct amant.
J'avais donc sur mon tableau de travail établi une nouvelle liste de ce qui était urgent, à faire, ou simplement à prévoir / à penser. Peu après nous avons eu quelques vacances en Normandie. Je m'aperçois qu'elles ne m'ont laissé aucun souvenir précis, du moins distincts des autres années si nombreuses, trop nombreuses, où nous y sommes allés. Notre fils, sans l'internet et les jeux en réseau, s'ennuyait. Je suppose que j'ai pu quand même m'y reposer. Et que j'attendais avec impatience de pouvoir retourner à la BNF où j'avais obtenu le privilège de pouvoir m'inscrire et des conditions de travail rêvées.
En tout état de cause je n'avais donc en août rien inscrit ni rayé comme fait, sur le tableau.
Est arrivé septembre, le coup de fil étonnant, du travail à la clef, une tentative d'autant plus désespérée d'achever "Sans Nouvelles" que des pages me manquaient (je croyais être au bout je n'en étais qu'à la moitié), puis trop de fatigue, l'hiver si rude, si froid, et plus de temps pour moi.
C'est seulement aujourd'hui, après avoir changé la pendule de côté et mis dedans une pile afin qu'elle puisse fonctionner, que j'ai pris conscience du tableau en jachère. La date m'a rendue triste : plus d'un an écoulé et rien n'a changé : pas d'homme digne (de ce nom) ou si peu, ou intermittent - et aucun qui m'ait fait physiquement vraiment du bien -, pas de manuscrit proposé, fors deux nouvelles l'une déjà refusée, libraire, oui mais incertainement payée, et la confirmation que je me débrouille en radio mais pour l'instant sans lendemain - le patron est rentré, c'est lui qu'on va, c'est logique, interviewer -. La conscience depuis quelques jours que l'amnésie partielle dont je souffre ne concerne pas seulement la part physique de l'amour mais aussi d'autres choses dont j'ignorais l'effacement, n'a rien arrangé.
Mais comme il s'agissait sur ce tableau de travail, j'ai tenté d'avancer et vérifié avant d'effacer si je ne risquais pas de pousser à la trappe quelque idée importante qu'il n'aurait surtout pas fallu laisser tomber.
Je me suis alors rendu compte que j'avais quand même fait entre-temps quelques bricoles :
- Invecchiando, grâce au Daily Mugshow a repris ;
- Le blog concernant la thalassémie est créé ;
- de l'idée de One day in a life, j'ai fait one evening ("La nuit Marlow"), et qui narrait au fond l'épisode d'après. Quelque chose me dit que ce travail n'est pas perdu même si cette version étriquée n'a pas convenu ;
- j'avance lentement mais sûrement sur les Petits Cailloux ; je ne vais pas tarder à entrer au collège ;
- je rapatrie à chaque séance BNF des photos de 2005 ; 2006 suivra.
- le blog des trouvailles (de rue) et celui des objets et gestes disparus ont été créés à défaut d'être régulièrement alimentés.
- de la présence de B. j'ai fait un texte ici-même et qui se finit là (pour l'instant ; et s'il revenait ?) ;
Et ce malgré le travail, le chagrin, l'absence de m. qui pèse encore, et d'avoir aidé d'autres. Je crois qu'il faut que je ne désespère pas.
Et puis "Premières pensées" qui s'est entre-temps invité, dessine quelque chose déjà, j'ai ce matin tout imprimé afin de voir l'effet fait.
Il faut simplement que je parvienne à oublier les hommes puisque pour eux je n'existe pas.
Rédigé à 00:01 dans désespérer, nouvelle vie, PandA and so on, septembre, écrire | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)