Lu ce midi dans les Notules Dominicales de Culture Domestique, qu'envers Bianca Lamblin, Simone de Beauvoir joua un rôle terrifiant, une double séduction suivie d'un abandon à un moment particulièrement dangereux pour la personne en question (guerre, persécution).
Un extrait du "Journal d'une jeune fille dérangée" qu'elle avait rédigé, longtemps plus tard, des années, nous y est proposé :
"Pour finir ces évocations, je veux encore raconter comment, un jour, vers la fin de sa vie, Simone de Beauvoir me posa l'ultime question : "Que penses-tu, en fin de compte, de notre amitié, de toute notre histoire ?" Après avoir réfléchi un moment, je lui ai répondu : "Il est vrai que vous m'avez fait beaucoup de mal, que j'ai beaucoup souffert pour vous, que mon équilibre mental a failli être détruit, que ma vie entière en a été empoisonnée, mais qu'il est non moins vrai que sans vous je ne serais pas devenue ce que je suis. Vous m'avez donné d'abord la philosophie, et aussi une plus large ouverture sur le monde, ouverture que je n'aurais sans doute pas eue de moi-même. Dès lors, le bien et le mal s'équilibrent."
J'avais parlé spontanément, avec sincérité. Simone de Beauvoir me serra les mains avec effusion, des larmes plein les yeux. Un grand poids de remords était enfin tombé de ses épaules."
Ce n'est rien de dire que je me sens compréhensive et concernée. Il me faut lire ce livre.
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