Mon fils désirant lire (si, si), j'ai fouillé ce matin dans la bibliothèque "jeunesse" de la maison, et y ai (re)trouvé le formidable bouquin de Guus Kuijer, "Le livre qui dit tout".
Il était garni de post-it, comme souvent les livres que j'aime. Avant de le confier à mon garçon, j'ai donc dû l'en défaire. Mais il convient, je crois, de sauver ce qui peut l'être de ces notes qui avaient un sens à l'heure où je les ai prises ; il me semble que c'était après un week-end des "Étonnants voyageurs" et que mon amie Marie me l'avait conseillé, à moins que ce ne fût Claire, disparue depuis (1), mais j'avoue ne plus savoir quelle année. Probablement 2007.
page 27 : "Dieu se tut dans toutes les langues. Les anges essayèrent de sécher leurs larmes, mais leurs mouchoirs étaient tellement mouillés qu'il commença à pleuvoir, même dans les déserts."
page 35 : "- Fusillé, ça veut dire qu'ils l'ont tué en tirant sur lui avec des fusils, dit Mme Van Amersfoot. Mon mari faisait partie de la résistance.Thomas acquiesça.
- Je vois ce que vous voulez dire, ajouta-t-il.
Il sentit un grand chagrin s'installer dans sa gorge et dans son ventre."
(ajouté : un grand chagrin qui s'est installé et qui ne s'en va plus car inexpliqué).
page 38 : "Elle se dirigea vers la bibliothèque et demanda :
- Qu'est-ce que tu veux faire plus tard ?
- Être heureux, répondit Thomas, plus tard je veux être heureux.
Mme Van Amersfoot était sur le point d'attraper un livre, mais elle se retourna d'un air surpris. Elle regarda Thomas en riant et lui dit :
- Ça c'est une vachement bonne idée. Et tu sais où commence le bonheur ? Il commence quand on cesse d'avoir peur."
(quand j'étais gosse, c'était là aussi mon ambition "être heureuse", avec écrire mais un adulte breveté m'ayant dit "Oui mais comme métier ?" sous-entendant que ça n'en était pas un, j'avais aussitôt renoncé ; plus tard à 13 ans en découvrant la théorie de la relativité, j'avais attrapé une vocation de chercheuse en physique nucléaire et quantique, voire astrophysique si je n'y parvenais pas (pourquoi l'astrophysique me paraissait moins inaccessible, je l'ignore) et qui m'avait tenue jusqu'à 19. Âge auquel le premier chagrin du premier amour avait dans mon cerveau cramé bien trop d'accès à mes jeunes compétences fraîchement accumulées).
page 39 : "- Tu t'es montré très courageux aujourd'hui, ajouta-t-elle. Tu es entré chez moi alors que tous les enfants du quartier disent que je suis une sorcière.
Thomas n'osait pas la regarder. Ainsi elle était donc au courant ! Elle avait dit ça d'un seul trait, sans détour ni faux-semblants."
toujours page 39 :
"- Au revoir madame, merci.
Il sortit de la pièce, mais il s'arrêta devant la porte d'entrée. Avait-il suffisamment remercié Madame Van Amersfoort ? Non. Il fit demi-tour et ajouta [...]"
page 120 :
"Le juron fut pire que le couteau car c'est l'âme qu'il découpa."
page 122 :
"Au bout d'une heure le père rentra [...].
Il monta l'escalier d'un pas furtif et se retira dans la petite pièce qui lui servait de bureau. Il fit savoir qu'il avait du travail."
Puis des notes éparses, sont-elles extraites du livre ou de moi, qu'une phrase aura lancée sur une idée qui s'approchait ? Je n'ai pas le temps de tout relire pour vérifier.
"et tant d'énergie à faire barrage aux phrases""écoute G.
Mais le cœur battant à l'idée que mon calvaire de questionnement puisse enfin prendre fin."
"Les gens désespérés font des assassins parfaits de bons assassins." (cette dernière phrase concerne sans doute plutôt un polar alors en cours et depuis mis de côté)
(1) de ma vie, pas de la sienne.
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