Je rentrais pour un week-end chez mes parents. Ils habitaient en bord de mer une grande maison. J'étais une jeune adulte et déjà libraire et amoureuse de F. alors jeune aussi. Mais il était trop tôt dans notre relation pour que je fasse les présentations en plus que je craignais qu'ils ne le rebutent (1).
Il y avait chez mes parents beaucoup d'invités âgés. Une sorte de fête de famille mais avec les gens à l'âge qu'ils ont (en 2012) ou qu'ils auraient s'ils n'étaient pas morts (2). J'aide un peu à préparer. Ma sœur déplace des meubles et du bazar de sa chambre vers la mienne et je proteste avec véhémence.
Mon père, qui n'est pas comme celui qu'il fut, mais un père apaisé, attentif à ses enfants (3), constatant que je m'énerve pour rien et semble triste (4) m'en fait la remarque et propose qu'on aille se promener.
Nous allons au bord de l'eau en devisant tranquillement (5). J'évite cependant, même à ce père charmant, de me confier vraiment. Les vagues sont assez fortes. Des gens sont équipés de sortes de chaussures à hautes semelles qui permettent de s'approcher de l'eau sans trop se mouiller. Elles le font en file indienne, d'un pas rythmé et sautillant, chorégraphié (6).
C'est beau.
Mais quelque chose menace, on pense à une tempête et je surveille les flots. Apparaissent alors des hélicoptères ainsi qu'un avion. Celui-ci d'un modèle à l'ancienne prend feu par une aile, ou bien au dessus.
La foule (entre les gens sautillants et ceux qui comme nous les observaient) frémit. L'avion ricoche (si, si, mais qu'on ne me demande pas comment) plus loin et la question n'est pas tant du péril sur nous que de savoir si ses occupants vont s'en tirer. Je ne suis plus inquiète de ne pas revoir F. .Au moment de l'explosion on aperçoit deux parachutes.
Sauvés.
Je considère alors que je peux me réveiller et le fais.
(1) Ce qui dans ma vraie vie c'est passé avec L. Je n'avais alors pas conscience de notre minabilité, sinon j'aurais choisi qu'il ne vienne pas chez eux et qu'on se retrouve ailleurs.
(2) Très souvent dans mes rêves les morts sont mélangés aux vivants sans discrimination.
(3) Il l'était mais pour juger, condamner, reprocher. Si rarement encourager.
(4) J'enrage de passer le week-end loin de F., un peu inquiète des rencontres qui l'attendent, lui si séduisant, moi moyenne et loin.
(5) Ce qui était pratiquement impossible de son vivant. Le père du rêve était compréhensif et tolérant.
(6) directement inspirée d'un passage de celle que nous fait travailler Brigitte sur Talk Show Host de Radiohead
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