Très clairement à cause des douleurs nées de mon excès sportif de la veille, j'ai rêvé en dernier songe d'avant l'éveil que j'étais une des victimes secondaire d'Anders Breivik : blessée mais pas grièvement - sauvée par mes capacités de natation -, et pour l'heure sur un lit d'hôpital.
J'éprouvais surtout des fièvres et des cauchemars, m'inquiétait du sort de certains amis dont personne ne me disait rien - je ne sais pas, nous n'avons pas de liste, répondaient inlassablement ceux des soignants auxquels nous avions affaire -. Mon petit ami, absent des lieux du drame pour cause d'une réunion de famille traditionnelle qui m'avait fait le maudire, ce qu'à présent je regrettais, puisque s'il s'était rendu à mes raisons il serait peut-être mort à l'heure qu'il était, venait me visiter.
Il n'avait pas trop d'états d'âmes fors celui d'être soulagée que je sois rentrée en vie et à présent quand est-ce qu'on baise ? Tentait donc de maladroits gestes amoureux auxquels tant mon corps que mon esprit étaient bien incapable pour l'heure de faire écho.
En fait le drame m'avait servi de révélateur, ce jeune homme (j'étais jeune moi-même, dans le songe) n'était pas Celui qui. Je ne pourrais désormais aimer qu'un autre des rescapés, un qui saurait. Et tomber amoureuse d'un de ceux que j'avais vu conserver leur lucidité face aux tirs du fou furieux.
Le bien-aimé d'avant et moi n'étions désormais plus dans le même niveau du jeu dangereux que l'existence fournit.
Pour l'heure je n'étais pas en état d'amorcer une rupture. Je m'inquiètais surtout de ce que je ne ressentais plus, sous les caresses qu'il tentait et de savoir si pour mon corps avec lui ou un autre c'était définitivement foutu.
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