Je travaille à la librairie mais nous sommes sollicité pour aider (pas très clair de comment : un peu de figuration un peu de documentation) au tournage d'un film par un réalisateur que nous admirons.
Le patron me fait un beau cadeau qui me dit Vas-y, tu ne prends pas de vacances, c'est au bord de la mer (1), j'assure la permanence, si tu peux profite un peu.
Je me fais du souci pour l'hébergement : je n'ai pas un rond pour me l'offrir et comme nous ne sommes qu'en appui secondaire, il n'est pas question que la production le prenne en charge.
Alors le patron me présente un sien pote qui ressemble à Thierry Ossard (2), lequel tenait en saison sur les lieux une sorte de buvette - boîte de début de nuit en semi-plein air, dans le périmètre de laquelle une caravane pouvait servir à se loger.
Je découvre les lieux, le type est sympa, l'aventure me plait. Le hic c'est que l'estaminet ouvre jusqu'à des 1 heures du matin et que pour le film il me faudra me lever tôt et enquiller de lourdes journées.
Je crois le gars qui le tient heureux. Mais assez vite, captant une discussion avec sa copine (ou une personne de sa parentèle) je comprends qu'ils sont mécontents qu'il se contente de ce job saisonnier, lequel était chouette pour un jeune débrouillard, et qui pouvait être fier de s'être bien démerdé, mais que pour un homme dans la force de l'âge travailler 4 mois sur 12 à quelque chose de si peu qualifié, c'était un brin peu (3).
Je vois un type épanoui dans ce qu'il fait. À sa juste place. Et je maudis cette société qui contraint les gens à un "toujours plus" qui fait d'eux souvent des gens éteints et fatigués, mal dans leur peau et le faisant porter aux autres.
Le rêve est interrompu (à cause de JF) alors que je m'apprête à vivre ma première journée de tournage. La veille un aperçu, pour repérage, et ça ressemblait au making off du Rohmer tourné pendant qu'Étienne naissait.
(1) Méditerrannée je crois ; ou Atlantique mais sud
(2) Un camarade de classe de collège, perdu de vue après, mais dont la mémoire m'est restée car il était plus mature que la plupart des gosses et le correspondant du frère de ma correspondante allemande, d'où qu'on s'est revus en d'autres occasions.
(3) Revenait ainsi le souvenir des perfidies de ma mère à l'égard de celui de mes cousins qui du temps où le chômage était largement indemnisé bossait 4 mois de saison sucrière pour se payer de longs voyages le reste du temps. Sauf que c'était lui qui avait tout compris et eux non.
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