Je vis avec Fz rencontré après un moment de correspondance, tout est allé très vite et nous nous allons bien. Je suis heureuse de pouvoir me consacrer entièrement à l'écriture et à un homme aimé et qui semble m'aimer et à part son goût pour le retrait du monde, mais qui me va, et auquel il sait quand il faut renoncer, ne présente enfin aucune folie majeure ; est respectueux, écrit comme un tout meilleurs et se montre un amant attentionné et chaleureux et n'a ni accès de colère sans cause ni de radinerie. En plus qu'il est habitué à tenir seul un logis et se montre habile en cuisine.
(mais pourquoi diable était-il seul ?)
L'internet permet de n'être pas coupés des amis.
Pour la première fois depuis marie, et que Fs m'a dit "Je ne t'aimerai jamais", je me sens à ma place quelque part dans la vie.
Seuls regrets : les enfants un peu loin et la librairie.
Il y a une piscine.
Je revois Fs à l'occasion d'un déplacement professionnel, ils sont assez fréquents soit pour Fz soit pour moi - l'écriture enfin dans de bonnes conditions, tout est allé très vite, puisque beaucoup était au bord d'être dépoté, ne manquait que l'amour en fait, et l'apaisement procuré, la force que ça peut donner -.
Il est un peu surpris, m'a vue passer de parisienne active à cette province lointaine calme absolu. Me dit, un peu songeur, Tu es donc amoureuse.
Alors je dis que non, mais qu'il faut bien vivre et que cet homme est pour l'instant parfait, que je suis restée amoureuse de celui que j'aimais. Il met un temps à comprendre qu'il s'agit de lui-même. J'ai les larmes aux yeux, dis Quel dommage que tu n'aies pas su me faire l'amour.
Sous le double effet de s'en vouloir et d'être sur le point de perdre une femme qui vraiment l'aimait, Fs se décide enfin. Et bien sûr que c'est ça.
Mais comme Fz est celui qui m'a sauvée, et qu'il a vraiment l'art de faire du bien aux femmes, je sais que je ne le quitterai pas.
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