Ces nuits-ci, souvent interrompues par JF qui dort mal et tient à le faire savoir (à 4h du matin il se lève en sifflotant, tout sauf discret), des rêves très vivants. Au réveil la sensation d'avoir eu un sommeil trop actif, fatiguant.
* * *
J'étais heureuse, invitée par F. à passer Noël avec lui et supposais-je ces deux cadets. Il n'en était rien, les deux garçons pour une fois étaient chez leur mère. Le présent était l'aîné, séduisant comme son père devait l'être au même âge, mais qui ne me regardait pas plus que si j'eusse été une vieille grand-mère ou un garçon (et lui hétéro évident), et puis l'"amie" de mon bien-aimé que je croyais pourtant hors-circuit vu depuis plusieurs mois la solitude qu'il affichait : une femme sans charme ni intérêt aucun, une fois de plus (1) se demander : Mais qu'est-ce qu'il peut bien lui trouver ? Pourquoi avoir avec moi fait le difficile pour finalement se contenter de ça ? Supposer à cette femme des dons sexuels inavouables, puisque rien d'autre ne peut expliquer. Se dire que c'est quand même curieux qu'il n'ait pas même consenti à ce que je lui offre les miens, ne serait-ce que pour connaître notre éventuelle compatibilité. Avoir séduit avec soin puis dit Non d'entrée (pour prouver son pouvoir sur quelqu'un ? se venger de celles qui avaient précédé ?).
Sans doute quelques autres hôtes, pas le souvenir, mais dans la nuit ne supportant plus de tenir la chandelle alors que cet homme je l'aimais, je m'éclipsais.
J'appelais alors Fiona et Dom, dans le rêve vieux amis et qui sans que j'aie rien à préciser de ma détresse me disaient, Tu es à Bruxelles ?, passe !, exactement comme si ce n'était pas le soir de Noël, mais un jour comme les autres, lors duquel puisqu'on ne faisait rien de spécial, la visite à l'improviste d'une amie est un petit bonheur.
Et c'en est un, d'être ensemble, effectivement.
Ils attendent aussi la visite de François Morel. Je les charie en plaisantant. Ce n'est pas vrai, il est pour Noël avec ses petits-enfants (?! j'ignore totalement s'il en a ou pas). Mais le voilà. Lui aussi accompagné. Lui aussi pas si bien : elle est certes jolie et bien sûr (!) plus jeune que lui, mais l'esprit lent et insignifiant. Dans notre petite assemblée de gens à l'humour vif, elle fait tache assez vite. Lui, le sent, qui de toutes façons a sans doute envie d'elle, et écourte leur passage quand on sent bien que seul il fût resté.
À minuit, on se souhaite "Courage mon amour !" c'est la tradition ici. Et si jolie.
Je me réveille triste du manque de clairvoyance des hommes dans le choix de leur partenaire. Mais réchauffée par l'amitié.
Au petit déjeuner je parle à Fiona de marie et ce qu'elle a fait. Pour la première fois en mentionnant les faits, je ne cache pas son identité (2).
À défaut d'avoir résolu l'équation de l'amour qui me semble plus impraticable que jamais, j'ai enfin trouvé un havre de paix.
(1) pour tant d'autres hommes avant lui dont mon mari et la vénéneuse "femme de sa vie".
(2) Tout droit venu de "Rio Bravo" où le personnage du chanteur avoue à John T. Chance que pour la première fois il est parvenu à plaisanter de son chagrin d'amour qui l'a rendu alcoolique au dernier degré.
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